Dossier
 Distribution : Etat des lieux
N°50 janv-fév / 1997 

Comment la distribution
aborde-t-elle le 3ème millénaire?

Quand le consommateur évolue, les circuits de distribution suivent... A l'aube du troisième millénaire, le commerce amorce un nouveau virage, direction : le confort d'achat, les prix et surtout le service.

Reconquérir le centre-ville, redonner toute sa dimension à l'achat "plaisir", rendre les points de vente plus chaleureux, accroître les services "confort" dans les magasins... À nouveau – trente ans après la naissance des hypers –, le commerce se remet en question face à l'exigence du consommateur. Ce dernier, tantôt qualifié de volage ou d'infidèle, tantôt déguisé en hérisson méfiant ou en fourmi économe, n'est en fait qu'un simple client lucide.

Le confort d'achat, une nouvelle exigence
Deux chevaux de bataille se profilent à l'horizon : celui de la compétitivité des prix et celui du confort d'achat. Le gigantisme atteindrait-il ses limites ? Les consommateurs sont las d'arpenter les allées sans âme d'hypers de plus en plus géants, las de ne pas trouver un vendeur, las de faire la queue aux caisses le samedi après-midi...
Difficile pourtant d'éviter l'hyper ! Championne européenne, en 1995 la France en recensait 1 078, certains allant jusqu'à dépasser les 20 000 m2 ! Une course au gigantisme quelque peu paradoxale, quand dans le même temps la taille des foyers suit une courbe inverse... Les enseignes ne seraient-elles pas en train de faire fausse route ?
En tout cas, elles ont marqué une pause en 1995, avec seulement 7 ouvertures. Une remise en question qui profite indiscutablement aux grandes surfaces spécialisées pour le non- alimentaire et aux supermarchés pour l'alimentaire (200 créations en 1995).
Les premières se sont forgées une image de spécialistes au large choix (Pier Import, Kiabi...), les seconds revendiquent une identité de magasin de centre-ville (Huit à huit...).

La Vpc et les franchisés ont la cote
Gagnants également : les hard-discounters (128 ouvertures en 1995), qui sont entrés dans la danse il y a à peine dix ans. Le consommateur les fréquente pour les prix. Un argument qui a lui aussi ses limites, puisque l'on constate depuis 1995 une certaine saturation du nombre de ménages acheteurs (+ 2 %, contre + 40 % en 1994).
La Vpc et les réseaux de magasins franchisés, eux aussi, jouent leur joker dans cette nouvelle donne. Place au client unique, à l'offre individualisée avec des catalogues de plus en plus ciblés pour la première, des gestionnaires de plus en plus pointus pour les seconds (Optic 2000, ADA, Jeff de Bruges...).
La franchise, forte de ses réseaux, a donné ces dernières années un véritable coup de fouet au petit commerce.
A l'étranger déjà, les initiatives se multiplient pour faire du consommateur un client heureux : Safeway, en Grande-Bretagne, équipe ses magasins de crèches, les librairies Barnes & Noble installent des coins lecture confortables, avec fauteuils, Tesco diversifie ses Caddie (petits achats, gros achats, jumeaux...), Mark & Spencer multiplie les "coins dégustation"...
Autant d'attentions qui font la différence et fidélisent !

Dossier réalisé par Florence Elman

Introduction
Se spécialiser pour mieux régner
Hard-discount : plus de 20% des supermarchés héxagonaux
VPC : cibler au plus près
Franchisés : la force des réseaux
L'offensive des grands magasins
La franchise passe du commerce aux services


En savoir plus

Rencontre avec
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