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Qu'y a-t-il
au menu des franchisés McDonald's ?
Devenu le
synonyme du fast-food, McDonald's a créé tout un concept autour
de sa marque. Le système de la franchise représente 75 % des restaurants
du groupe. Michel Parmentier, l'un de ces franchisés, gère quatre
restaurants.
Michel Parmentier
est l'un des 200 franchisés de la marque McDonald's en France. Farouche
défenseur du système "McDo", il est aujourd'hui gérant de quatre
restaurants à Paris Nord I et II, Garges-lès-Gonesse et Stains.
Il est également président de la Fondation Ronald McDonald's, qui
construit, entre autres, des maisons de parents pour accueillir,
à proximité des hôpitaux, les familles des malades.
Dynamique
Commerciale : Comment vous est venue l'idée de devenir un "franchisé
McDonald's" ?
Michel Parmentier : Lorsque j'étais étudiant en 1967, j'ai travaillé
durant mes vacances dans un restaurant à Palm Springs, en Californie,
et j'avais été fasciné par le système. Entre-temps, j'ai poursuivi
mes études : Sup. de Co. et un doctorat de finances. En 1975, McDonald's
n'était pas encore développé en France... Je suis entré à la Banque
Populaire.
D. C. :
Du désir à la réalité, comment avez-vous franchi le pas ?
M. P. : J'avais toujours eu une envie farouche de me mettre
à mon compte. C'est là que je me suis souvenu de McDonald's... et
j'ai foncé. Grâce au système de la franchise proposé par McDonald's,
vous devenez votre propre patron, mais avec "un gros parapluie",
puisque la marque s'occupe de tout, des achats, du concept, de l'emplacement...
D. C. : Comment
fonctionne le principe de la franchise ?
M. P. : C'est un échange entre la marque et le franchisé. Après
un examen sévère de votre candidature et de vos motivations, vous
devez apporter une participation financière, et vous recevez une
formation pendant un an, dont une partie aux États-Unis. Durant
ce stage, vous ne percevez aucune rémunération, et vous devez apprendre
à faire un Big-Mac, des frites ou encore à assurer une hygiène parfaite
au restaurant. Ensuite, McDonald's vous donne le choix entre plusieurs
restaurants, s'occupe de l'immobilier, des achats, de la publicité,
de la promotion à l'échelon national, vous fait bénéficier d'un
savoir-faire qui a fait ses preuves... Bref, le groupe vous apporte
tout, sauf la gestion du personnel et la relation avec le client.
D. C. : Cette
part qui vous incombe, vous auriez préféré la laisser à McDonald's
?
M. P. : Non car, dans ces deux cas, il est bon d'avoir une certaine
liberté. Cela nous permet de mieux gérer notre clientèle en termes
de proximité. Nous démarchons par exemple les entreprises, et les
habitués savent très bien qu'il y a un patron à qui l'on peut s'adresser,
faire des remarques... Quant à la gestion du personnel, chaque franchisé
fait ce qu'il veut. Pour ma part, je n'ai que 10 % de mes employés
au SMIC, tous les autres le dépassent. 20 % d'entre eux sont intéressés
au résultat, et l'ensemble du personnel évolue de manière rapide
vers des postes à responsabilités.
D. C. : Pourquoi
avoir opté pour une telle gestion du personnel ?
M. P. : Parce que j'ai moi-même été salarié et que j'aurais
du mal à m'adresser à quelqu'un que j'emploie en sachant qu'il est
sous-payé. Et puis, je pense que les personnes intéressées au chiffre
d'affaires s'investissent davantage dans leur travail. Enfin, cela
marche puisque notre turn-over n'est que de 20 % par an, ce qui
est très faible.
D. C. : Un
franchisé est-il propriétaire de son restaurant ?
M. P. : Non, seulement locataire-gérant pour vingt ans. Si tout
se passe bien, il n'y a aucune raison pour que McDonald's ne renouvelle
pas le contrat. Les franchisés payent un loyer mensuel pour couvrir
les frais d'immobilier, et McDonald's perçoit des royalties calculés
en fonction du chiffre d'affaires.
D. C. : Quel
est votre rôle en tant que franchisé ?
M. P. : Il est double. En tant que PDG, je dois animer une équipe
et en tant que franchisé, je dois veiller au respect de ce que McDonald's
appelle le QSP (normes de qualité, de service et de propreté).
D. C. : La
franchise est-elle un bon moyen de changer de vie ?
M. P. : Tout à fait, mais attention ! Il faut être fait pour
ça. Il ne faut pas choisir ce métier à défaut d'autre chose, parce
que l'on vient de perdre son emploi. Je ne dis pas que cela ne peut
pas marcher, je dis simplement qu'il faut le vouloir vraiment.
D. C. : Comment
expliquez-vous le succès international de McDonald's ?
M. P. :
Ce sont les avantages d'une multinationale et du commerce du coin
! Nous raisonnons au niveau mondial et, grâce à notre immense réseau,
nous disposons d'un niveau d'information très important. Par exemple,
le petit déjeuner, le "Mc Morning", a été lancé il y a plusieurs
années en Australie, en Allemagne et en Grande-Bretagne. Le concept
a fonctionné là-bas, et nous l'avons adapté à la France ! Nous avons
la connaissance en direct de tous les marchés où McDonald's s'est
implanté.
D. C. : Tout
le monde ne peut pas bénéficier de cette recette ?
M.
P. :
Mais si ! Il suffit d'être à l'écoute de ses clients et de faire
preuve d'humilité et d'oublier toute arrogance. Certains de mes
employés qui ont fait un stage aux États-Unis sont revenus avec
les trois règles d'or de McDonald's : primo, le client a toujours
raison ; secondo, le client a toujours raison ; tertio, si le client
a tort, reportez-vous à la règle numéro un !
Propos
recueillis par Franck-Frédéric Médioni
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McDonald's
en chiffres
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75% des restaurants McDonald's français
appartiennent à des franchisés. McDonald's France
gère les 25 % restants.
• Sur 500 restaurants McDonald's dans
l'Hexagone, 420 ont été installés en dix ans.
Depuis 1986, le nombre de franchisés est passé
de 40 à 200.
• Une vingtaine de franchisés par an
sont recrutés par McDonald's.
• Plus de 30 000 personnes en France
travaillent dans les restaurants McDonald's.
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