Dossier
 Distribution : Etat des lieux
N°50 janv-fév / 1997 

Qu'y a-t-il au menu des franchisés McDonald's ?

Devenu le synonyme du fast-food, McDonald's a créé tout un concept autour de sa marque. Le système de la franchise représente 75 % des restaurants du groupe. Michel Parmentier, l'un de ces franchisés, gère quatre restaurants.

Michel Parmentier est l'un des 200 franchisés de la marque McDonald's en France. Farouche défenseur du système "McDo", il est aujourd'hui gérant de quatre restaurants à Paris Nord I et II, Garges-lès-Gonesse et Stains. Il est également président de la Fondation Ronald McDonald's, qui construit, entre autres, des maisons de parents pour accueillir, à proximité des hôpitaux, les familles des malades.

Dynamique Commerciale : Comment vous est venue l'idée de devenir un "franchisé McDonald's" ?
Michel Parmentier
: Lorsque j'étais étudiant en 1967, j'ai travaillé durant mes vacances dans un restaurant à Palm Springs, en Californie, et j'avais été fasciné par le système. Entre-temps, j'ai poursuivi mes études : Sup. de Co. et un doctorat de finances. En 1975, McDonald's n'était pas encore développé en France... Je suis entré à la Banque Populaire.

D. C. : Du désir à la réalité, comment avez-vous franchi le pas ?
M. P. :
J'avais toujours eu une envie farouche de me mettre à mon compte. C'est là que je me suis souvenu de McDonald's... et j'ai foncé. Grâce au système de la franchise proposé par McDonald's, vous devenez votre propre patron, mais avec "un gros parapluie", puisque la marque s'occupe de tout, des achats, du concept, de l'emplacement...

D. C. : Comment fonctionne le principe de la franchise ?
M. P. :
C'est un échange entre la marque et le franchisé. Après un examen sévère de votre candidature et de vos motivations, vous devez apporter une participation financière, et vous recevez une formation pendant un an, dont une partie aux États-Unis. Durant ce stage, vous ne percevez aucune rémunération, et vous devez apprendre à faire un Big-Mac, des frites ou encore à assurer une hygiène parfaite au restaurant. Ensuite, McDonald's vous donne le choix entre plusieurs restaurants, s'occupe de l'immobilier, des achats, de la publicité, de la promotion à l'échelon national, vous fait bénéficier d'un savoir-faire qui a fait ses preuves... Bref, le groupe vous apporte tout, sauf la gestion du personnel et la relation avec le client.

D. C. : Cette part qui vous incombe, vous auriez préféré la laisser à McDonald's ?
M. P. :
Non car, dans ces deux cas, il est bon d'avoir une certaine liberté. Cela nous permet de mieux gérer notre clientèle en termes de proximité. Nous démarchons par exemple les entreprises, et les habitués savent très bien qu'il y a un patron à qui l'on peut s'adresser, faire des remarques... Quant à la gestion du personnel, chaque franchisé fait ce qu'il veut. Pour ma part, je n'ai que 10 % de mes employés au SMIC, tous les autres le dépassent. 20 % d'entre eux sont intéressés au résultat, et l'ensemble du personnel évolue de manière rapide vers des postes à responsabilités.

D. C. : Pourquoi avoir opté pour une telle gestion du personnel ?
M. P. :
Parce que j'ai moi-même été salarié et que j'aurais du mal à m'adresser à quelqu'un que j'emploie en sachant qu'il est sous-payé. Et puis, je pense que les personnes intéressées au chiffre d'affaires s'investissent davantage dans leur travail. Enfin, cela marche puisque notre turn-over n'est que de 20 % par an, ce qui est très faible.

D. C. : Un franchisé est-il propriétaire de son restaurant ?
M. P. :
Non, seulement locataire-gérant pour vingt ans. Si tout se passe bien, il n'y a aucune raison pour que McDonald's ne renouvelle pas le contrat. Les franchisés payent un loyer mensuel pour couvrir les frais d'immobilier, et McDonald's perçoit des royalties calculés en fonction du chiffre d'affaires.

D. C. : Quel est votre rôle en tant que franchisé ?
M. P. :
Il est double. En tant que PDG, je dois animer une équipe et en tant que franchisé, je dois veiller au respect de ce que McDonald's appelle le QSP (normes de qualité, de service et de propreté).

D. C. : La franchise est-elle un bon moyen de changer de vie ?
M. P. :
Tout à fait, mais attention ! Il faut être fait pour ça. Il ne faut pas choisir ce métier à défaut d'autre chose, parce que l'on vient de perdre son emploi. Je ne dis pas que cela ne peut pas marcher, je dis simplement qu'il faut le vouloir vraiment.

D. C. : Comment expliquez-vous le succès international de McDonald's ?
M. P. :
Ce sont les avantages d'une multinationale et du commerce du coin ! Nous raisonnons au niveau mondial et, grâce à notre immense réseau, nous disposons d'un niveau d'information très important. Par exemple, le petit déjeuner, le "Mc Morning", a été lancé il y a plusieurs années en Australie, en Allemagne et en Grande-Bretagne. Le concept a fonctionné là-bas, et nous l'avons adapté à la France ! Nous avons la connaissance en direct de tous les marchés où McDonald's s'est implanté.

D. C. : Tout le monde ne peut pas bénéficier de cette recette ?
M. P. : Mais si ! Il suffit d'être à l'écoute de ses clients et de faire preuve d'humilité et d'oublier toute arrogance. Certains de mes employés qui ont fait un stage aux États-Unis sont revenus avec les trois règles d'or de McDonald's : primo, le client a toujours raison ; secondo, le client a toujours raison ; tertio, si le client a tort, reportez-vous à la règle numéro un !

Propos recueillis par Franck-Frédéric Médioni


Les chiffres
McDonald's en chiffres

75% des restaurants McDonald's français appartiennent à des franchisés. McDonald's France gère les 25 % restants.
Sur 500 restaurants McDonald's dans l'Hexagone, 420 ont été installés en dix ans. Depuis 1986, le nombre de franchisés est passé de 40 à 200.
Une vingtaine de franchisés par an sont recrutés par McDonald's.
Plus de 30 000 personnes en France travaillent dans les restaurants McDonald's.

Introduction
Se spécialiser pour mieux régner
Hard-discount : plus de 20% des supermarchés héxagonaux
VPC : cibler au plus près
Franchisés : la force des réseaux
L'offensive des grands magasins
La franchise passe du commerce aux services


En savoir plus

Rencontre avec
- Quel avenir pour la distribution française ?
* Garantir l'expansion de toutes les entreprises
* Rendre les commerces plus attractifs
* Il faut réinventer la ville

- Le commerce de demain vivra-t-il totalement à l'heure électronique ?

Dynamique Entreprises
- Qu'y a-t-il au menu des franchisés McDonald's ?
- Comment les 3 Suisses "chouchoutent" les clientes ?
- Troc de l'île, un concept efficace