Dossier
 Distribution : Etat des lieux
N°50 janv-fév / 1997 

Comment les 3 suisses "chouchoutent" les clientes ?

Le numéro deux de la VpC en France donne les clefs de sa réussite : un catalogue proche de ses clients, des méthodes marketing sophistiquées et un intérêt constant pour les technologies de pointe... Chouchou oblige !

Que de chemin parcouru entre le premier catalogue des 3 Suisses de 1932, qui vendait de la laine à tricoter, et celui que nous connaissons aujourd'hui. En 1956, les 3 Suisses diffusent un catalogue vraiment généraliste dans lequel, entre-temps, on est passé du dessin à la photographie. Les 3 Suisses sont numéro deux en France de la vente par correspondance. Dominique Armbrust, directeur marketing, a bien voulu répondre à nos questions.

D. C. : à quoi tient la réussite des 3 Suisses ?
Dominique Armbrust :
Sans doute au fait que nous offrons un service complet et pratique qui correspond vraiment au mode de vie de nos clientes. De plus, ce catalogue fait rêver et aide à visualiser les évolutions.

D. C. : Pourquoi parlez-vous de "clientes" et non pas de clients ?
D. A. :
C'est à 90 % la femme qui passe la commande. Dans la famille, elle est le médiateur des choix. De plus, la mode féminine est très présente dans le catalogue.

D. C. : En quoi le catalogue des 3 Suisses correspond-il davantage au mode de vie des consom- mateurs ?
D. A. :
Il permet à la cliente de faire ses courses confortablement, sans stress ni pression. Elle peut comparer et sélectionner ce qui la séduit ou ce dont elle a besoin, quand elle veut et comme elle veut, parmi un vaste choix. Quel magasin aujourd'hui permet de faire ses achats 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 ? Or la femme actuelle manque de temps, et en plus elle peut être livrée en 24 heures où bon lui semble.

D. C. : Quels outils utilisez-vous pour assurer votre réussite ?
D. A. :
Il y a le catalogue, divisé en "boutiques" qui correspondent à différents "univers", qui permettent à la cliente de s'imaginer différente. Les clivages d'autrefois, comme l'âge ou le milieu social, se sont estompés. On raisonne plutôt en "styles" et en "situations" : dans l'habillement, vous trouvez des "boutiques" pour le bureau, le week-end et le sport, ou pour sortir...

D. C. : Et en dehors du catalogue ?
D. A. :
Comme notre catalogue dure huit mois, il faut relancer l'intérêt des clientes. Nous les connaissons bien et nous disposons d'outils marketing sophistiqués. Nous avons développé de nombreux concepts de catalogues en fonction du comportement et des besoins de chacune : catalogues spécialisés, offres saisonnières qui sont autant d'occasions d'actualiser notre offre aux désirs de nos clientes. Nous entretenons par ailleurs une relation régulière avec elles à travers des mailings ciblés. Enfin, nous menons une politique de communication constante sur l'ensemble des supports publicitaires (affichage, cinéma, radio, presse, télévision).

D. C. : On parle de la fin des catalogues généralistes au profit des spécialisés ?
D. A. :
Cela fait longtemps que l'on annonce la mort des généralistes. Mais pour être économiquement viable, un catalogue doit avoir un "potentiel clients" suffisant. Pour l'heure, aucun catalogue spécialisé ne peut générer un chiffre d'affaires aussi important qu'un généraliste.

D. C. : Quelle place accordez-vous au commerce électronique ?
D. A. :
Nous sommes à l'affût des technologies nous permettant de nous rapprocher de nos clients. Nous sommes accessibles par courrier, par téléphone, mais aussi par Minitel et maintenant par l'Internet. Nous développons des services on-line plutôt que off-line, en raison de l'interactivité. Le commerce électronique est complémentaire du catalogue, mais ce dernier n'est pas prêt de disparaître !

Les chiffres
Les 3 suisses en chiffres
Chiffre d'affaires : 7,3 milliards de francs en 1996.
Effectifs : 3 200 salariés.
Nombre de magasins relais : 2 600 relais 3 Suisses sont installés dans l'Hexagone.
Introduction
Se spécialiser pour mieux régner
Hard-discount : plus de 20% des supermarchés héxagonaux
VPC : cibler au plus près
Franchisés : la force des réseaux
L'offensive des grands magasins
La franchise passe du commerce aux services


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