Dossier
 De la VPC au commerce électronique
N°55 nov-déc /1997 

Web, mégabases, téléachat,
la VPC se la joue techno !

Agée de deux cents ans, la vente par correspondance ne désarme pas. Certes, elle a connu des crises, mais aujourd'hui, en possession de nouveaux outils, elle s'apprête à affronter le défi du XXIe siècle : le commerce virtuel.

Née en Europe comme l'imprimerie, la vente par correspondance apparaît avec les premiers catalogues qui étaient en fait des listes d'ouvrages que les éditeurs adressaient à leurs acheteurs potentiels : lointains notables de province, seigneurs isolés dans leurs castels ou rares libraires des grandes cités. Vinrent ensuite les premiers journaux et leurs abonnés.

1771
Edition du premier catalogue de la VPC

En 1771, la maison Vilmorin édite le premier catalogue français de vente par correspondance. En 1865, Aristide Boucicaut, le fondateur du Bon Marché, édite un catalogue de cinquante pages présentant 1 500 articles et leurs prix.
C'est la fin de l'isolement des campagnes : le plus fameux des grands magasins parisiens allait à elles par la poste et la voie ferrée. En 1885, la société Manufrance fait son apparition avec son célèbre catalogue d'armes, de cycles et de machines à coudre.

1922
La laine à tricoter est vendue par correspondance

En 1922, subissant une grave crise économique, la filature de La Redoute tente avec succès la vente par correspondance de la laine à tricoter.

1923
Le textile est acheminé par la poste

En 1923, les usines textiles de La Blanche Porte s'engagent à leur tour dans l'aventure. En 1932, c'est au tour des 3 Suisses.
Jusqu'en 1960, la VPC française poursuit son chemin. Encore relativement limitée et artisanale, elle est essentiellement destinée à une population rurale au budget réduit et aux exigences restreintes, à qui elle vend essentiellement des habits de travail.
Au cours des années suivantes, l'élévation générale du niveau d'information du consommateur, l'accélération du rythme de vie des citadins, la dépersonnalisation du commerce de détail et l'implantation croissante des grandes surfaces font exploser la vente par correspondance.

1975
Grâce au Minitel, les délais sont plus courts

La diversification de l'offre et des moyens de vente, l'arrivée du Minitel en 1975, le raccourcissement des délais puis l'apparition des premiers catalogues virtuels, sur le Web en 1994, relancent chaque fois le débat : quel avenir pour la vente par correspondance ?
Pourtant, elle affiche un chiffre d'affaires de 46,8 milliards de francs en 1996. En renforçant l'image de la vente par correspondance en tant que secteur de pointe occupant le terrain des médias innovants, avec le développement du téléachat et surtout du shopping sur Internet, la vente par correspondance démontre, une fois de plus, sa formidable capacité de rebondissement.
Plus que tout autre, cette forme de commerce est un observatoire du comportement et des évolutions sociologiques des consommateurs.
Plus que tout autre enfin, elle est directement liée à l'évolution des technologies. La VPC n'a pas dit son dernier mot...

Introduction
Catalogues : à chacun le sien !
Téléachat : le modèle français
Shopping sur le Web : les premiers pas français
Les mégabases au service du marketing
Toutes les banques au bout du fil...
Que fait vraiment La Poste pour la VPC ?


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