Dossier
 Euro mode d'emploi
N°60 sept-oct/98 

Comment le commerce va-t-il passer à l'euro ?

Au-delà des inquiétudes et des bouleversements logistiques qu'il génère, le passage à la monnaie unique n'est-il pas une chance économique pour le commerce ? Une formidable source de compétitivité ?

Aujourd'hui, à quatre mois de la première échéance, l'euro inquiète. Les sociologues vont jusqu'à parler "d'euro-anxiété". Et ce malaise, confirmé par de nombreux sondages, alerte à juste titre le commerce. Les états-majors des grandes enseignes cherchent des parades pour ne pas subir de plein fouet ce fameux "big bang" de la monnaie unique, évoqué par les plus pessimistes. Comment désamorcer cette angoisse ?
Une enquête de la Sofres sur "Les Français et l'euro" pour le compte du ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie révèle, en effet, que "82 % d'entre eux pensent rencontrer des difficultés" au moment du passage à l'euro.

Plus de méfiance de la part des femmes...
Les femmes, plus que les hommes, bouderaient massivement l'euro. Une étude Abbey National/Ipsos démontre que les Européennes sont encore très frileuses face à la nouvelle monnaie.
Ainsi, 42 % des Françaises, 26 % des Anglaises, 24 % des Allemandes, 39 % des Espagnoles et 55 % des Italiennes seulement sont favorables à cette mutation. Pourquoi de telles réticences ? Réponse avancée : ce sont les femmes en majorité qui font les courses. Elles craignent de "se faire avoir", "de faire des erreurs de conversion", "d'avoir des difficultés à estimer les prix".
D'où la nécessité pour le commerce de mettre en place une communication à cible féminine s'il ne veut pas, comme le prédit le cabinet conseil Lotus Développement, que "le temps de prise de décision d'achat soit multiplié par cinq".

A moyen terme, la promesse économique
Le citoyen-consommateur n'est pas le seul à être victime de cette "euro-anxiété"...
Les entreprises, les banques aussi redoutent ces deux dates clefs que représentent le 1er janvier 1999 et le 1er janvier 2002. Le tourbillon de contraintes financières, techniques, informatiques... de "l'avant-euro" leur ferait-il oublier l'essentiel ? Cette formidable chance économique que la monnaie unique promet d'engendrer.
"La stabilité économique procurée par l'utilisation, à l'échelle d'un continent, d'une même monnaie sera favorable à la croissance des économies, à la reprise de la consommation et de l'investissement et donc à la création d'emplois", peut-on lire dans Les Notes Bleues de Bercy. Concrètement, quelles seront les conséquences de l'euro ?
Pour le consommateur ? Pour l'entreprise ? Premier cadeau de l'euro : la disparition des coûts de transaction sur les devises (estimés à 150 milliards de francs pour la zone) et du risque de change.
Les Français vont enfin pouvoir circuler dans la zone euro sans perdre d'argent. Exemple : un jeune qui ferait aujourd'hui un circuit dans les quinze pays européens avec 1000 F en poche verrait son pouvoir d'achat diminuer de moitié à cause des frais de conversion... Dès le 1er janvier 1999, il conservera la totalité de son pouvoir d'achat. Une économie également pour les entreprises importatrices.

Vers un "euroshopping"
Autre intérêt de l'euro : la transparence des prix sur l'ensemble de la zone devrait générer une rapide révision à la baisse sur certains produits. Une tendance de fond qui s'amplifiera avec la montée de "l'euroshopping". En effet, grâce à Internet, nous pourrons facilement faire nos emplettes à Barcelone ou Londres...
A défaut d'un euro-consommateur type, c'est plutôt une euro-consommation qui émerge.
Troisième avantage : le confort d'une monnaie forte qui laisse présager en toute logique une baisse des taux d'intérêt et donc un prix du crédit moins élevé... à terme, un Français, un Allemand et un Espagnol bénéficieront d'une égalité d'accès au crédit dans une même monnaie.
Côté entreprises, l'optimisme devrait aussi êtrede mise. L'euro marque, notamment, la fin des dévaluations compétitives entre les monnaies nationales de la zone.
Dévaluations qui pénalisent, aujourd'hui, la croissance de quelque 0,5 % par an, selon les sources ministérielles.

Introduction
Combien cela va-t-il couter ?
Et les étiquettes ?
Les caisses seront-elles prêtes ?
Faut-il modifier les applications informatiques ?

Quels sont les outils pour apprendre l'euro ?

Quelles sont les dates clefs ?
Comment se former rapidement à l'euro ?
Pour comprendre l'euro, il faut le vivre...


En savoir plus

Rencontre avec...
Monnaie unique :

- Annick Gaime
- Nicolas Monnier
- Alain Schifres
- Marie-Christine Vallet
- Jean Boissonnat
- Jacques Dermagne

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