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Commerce
électronique / 1998
Du Minitel
à l'Internet,
les nouveaux marchés
Du Minitel
à Internet, le commerce électronique représente une nouvelle donne
pour les consommateurs et les entreprises.
En janvier 1998,
Francis Lorentz, ex-Pdg de Bull, remet son rapport sur le commerce
électronique, suite à la mission qui lui a été confiée par le gouvernement
: l'universalité de l'Internet, son utilisation peu coûteuse et
relativement aisée favorisent la croissance exponentielle du nombre
de fournisseurs et de clients. Le rythme de croissance des activités
commerciales sur Internet demeure cependant difficile à prévoir.
Les 90 millions d'utilisateurs actuels dans le monde pourraient
passer, fin 2000, à un chiffre compris entre 250 et 500 millions.
En 1998, selon le cabinet américain Jupiter Communications, le nombre
de connectés en France est de 1,9 million. La proportion d'acheteurs
en ligne (en pourcentage de la population connectée) est de 12 %.
Le cabinet prévoit une augmentation régulière jusqu'en 2002 : 16
% en 1999, 21 % en 2000, 27 % en 2001 et 35 % en 2002.
Internet
ou l'eldorado
Dans son rapport au Premier ministre "L'Internet, un vrai défi pour
la France", Patrice Martin-Lalande, député du Loir-et-Cher, note
trois cas prometteurs dans le cadre de l'Internet commercial. Il
s'agit de Relais et Châteaux (réservation hôtellerie et restauration)
installé en ligne en février 1995 et qui a enregistré 107 000 pages
en janvier 1997. Le Furet du Nord (livres) est sur Internet depuis
septembre 1996 et enregistre 4 000 visiteurs par mois. Degriftour
(vente de voyages et prestations à prix réduits) a un site depuis
début 1996 et compte 5 000 visiteurs par semaine.
Acheter
en ligne
En France, il est peu concevable de vouloir favoriser le développement
de l'utilisation d'Internet sans chercher à profiter au mieux d'une
transition performante à partir des acquis de la télématique. Le
Minitel est un outil grand public qui restera encore longtemps un
terminal télématique très simple à utiliser. En matière de commerce
électronique, peu de pays ont bénéficié de l'éducation populaire
apportée par cette petite boîte à 14 millions de Français. Selon
la plupart des études, l'une des causes majeures du faible taux
d'utilisation d'Internet en France proviendrait de l'existence et
du succès du Minitel. Une partie du marché domestique reste encore
fidèle au Minitel. Selon FTDM (France Télécom Division Multimédia),
le secteur banque-assurance arrive en tête des services consultés
avec 56 % des 14 millions d'utilisateurs de Minitel. 3615 SG (Société
Générale), 3615 Cadif (Crédit Agricole Ile-de-France), 3615 CL (Crédit
Lyonnais), 3615 BNP... Consultation de compte, téléchargement des
relevés, virement bancaire... autant d'opérations que les titulaires
de comptes ont appris à réaliser à partir de leur Minitel. La Banque
directe créée par la Compagnie bancaire en 1994 remporte un joli
succès. 61 % de ses clients sont équipés d'un Minitel. Quant aux
services financiers et boursiers, ils sont utilisés par près de
13 % des accédants. Le téléphone n'est pas en reste. Avec 31 millions
d'appels en 1997, le serveur de la Société Générale est le deuxième,
après Météo France. Des sociétés spécialisées se sont également
mises à la vente directe : Cofidis, filiale des Trois Suisses, Abbey
National, American Express Bank...
Comment s'y
préparer ?
L'idée qui émerge aujourd'hui est de favoriser la migration progressive
des 14 000 services du Minitel vers Internet. Au printemps dernier,
France Télécom a donné le coup d'envoi de sa plate-forme commerciale
sur Internet, baptisée Télécommerce. Sans véritablement signer l'arrêt
de mort du Minitel, l'opérateur est bien décidé à transférer son
activité vers Internet. Il affirme que l'équilibre des ventes entre
le Minitel et Internet devrait être atteint en 2001-2002. Les 6
et 7 mai 1998, le ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie
a annoncé dix mesures pour développer le commerce électronique.
Elles s'articulent autour de quatre objectifs : instaurer la confiance,
développer l'exemplarité de l'État, favoriser les usages de l'Internet
et de ses applications commerciales par les PME, promouvoir la concertation
État-entreprises autour du commerce électronique. À suivre...
Association
française de télématique (AFTEL)
15, rue de la Banque, 75002 Paris.
Tél. : 01 49 26 91 09.
3617 GSM
Services et banques de données accessibles sur le réseau Télétel.
www.webmarchand.com
Un annuaire très renseigné de tous les sites de commerce électronique. |