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Les
distributeurs à l'étranger / 1998
La France
du commerce
à la conquête du monde
Europe,
Asie, Amérique latine... Poussée hors de ses frontières par la surcapacité
commerciale, la distribution française s'impose dans de nombreux
continents. Qu'exporte-t-elle ? Dans quels pays ? Réponses.
Auchan s'allie
à l'italien Rinascente. Intermarché rachète l'allemand Spar. Le
groupement Leclerc se rattache à une centrale européenne. Carrefour
multiplie les implantations en Asie et vient d'ouvrir une douzaine
d'hypermarchés au Mexique en deux ans... Confrontés à une situation
de surcapacité commerciale en France et empêchés par la loi Raffarin
de construire des magasins où ils le souhaiteraient, les groupes
français de distribution comptent et recomptent leurs magasins à
l'international. Leurs investissements sont orientés prioritairement
à l'extérieur des frontières. Selon une étude réalisée par le cabinet
Eurostaf, le nombre d'hypermarchés appartenant à des Français à
l'étranger est en effet passé de 70 en 1986 à 269 en 1996.
Des réussites,
des échecs
Une autre étude intitulée "Les stratégies à l'international de la
grande distribution" révèle que les groupes français ont échoué
dans leurs tentatives d'implantation dans les pays où le commerce
est fortement organisé et typé comme les États-Unis, l'Allemagne
et la Grande-Bretagne. Mais ils ont réussi dans les pays à fort
potentiel de développement où l'appareil commercial est peu évolué
et peu concentré. Ainsi, en Espagne, la moitié des hypermarchés
appartient à des Français. Mais, depuis trois ans, ils doivent faire
face à l'offensive des hard discounters allemands comme Lidl. Parti
le premier dans la course à l'international au milieu des années
1970, Carrefour a ouvert plus de 80 hypermarchés au Brésil, en Argentine
et au Mexique. En Asie, le groupe a d'abord testé le marché à Taïwan,
avant de s'implanter en Malaisie, à Hong Kong et même en Chine.
Carrefour réalise 5 % à 7 % de son volume d'affaires en Asie et
40,5 % de ses ventes à l'étranger. Similaire, la stratégie est plus
tardive pour Casino qui mise sur deux pays : la Pologne et Taïwan.
À l'international, Casino est passé de 5 à 10 milliards de francs
et projette de doubler ce chiffre d'ici à l'an 2000. Multiformat
en France, Promodès a choisi d'attaquer le marché argentin par la
voie des magasins hard discount de petite taille qui lui ont réussi
en Espagne, au Portugal et en Grèce.
Les autres
secteurs qui s'exportent
La France commence à exporter son savoir-faire dans un domaine où
elle compte parmi les pionniers en Europe : celui des magasins d'usine.
Dans ces grands centres commerciaux sont proposés, avec des ristournes
oscillant entre 30 % et 70 % du prix initial, des stocks d'invendus
et des fins de série de collections des "grands" du textile ou de
la chaussure. La principale société française du secteur, Concept
et Dis- tribution, propriétaire de Mar-ques Avenue (à Troyes et
à Romans l'an prochain) et de Quai des Marques (Ile-Saint-Denis)
a inauguré fin 1997 son premier centre hors des frontières nationales
: celui de Las Rozas près de Madrid. Il ne s'agit là que d'une première
étape. Concepts et Distribution veut s'étendre ensuite au Portugal
et à l'Italie.
Les produits
de luxe
Autre secteur que la France exporte depuis longtemps : la parfumerie.
Le groupe LVMH, leader mondial du luxe (Guerlain, Dior, Givenchy,
Kenzo, Sephora...), est devenu en moins de deux ans numéro un mondial
de la distribution de parfums et de cosmétiques. Sephora par exemple
a déjà très bien engagé sa carrière à l'export. Après avoir racheté
en mars dernier sept parfumeries en Italie, cette chaîne prévoit
d'ouvrir un "mega-store" à Barcelone (six autres magasins éspagnols
devraient suivre) et une quinzaine d'unités aux Etats-Unis. Au total,
Sephora table sur quelque 600 points de vente dans le monde d'ici
à 2004 !
Forte présence
en Asie...
La réputation tenace de "marché fermé" du Japon correspond de moins
en moins à la réalité. Les consommateurs s'y "américanisent", provoquant
ainsi une ouverture à l'international. En 1997, Peugeot a pu lancer
un spot de publicité pour vanter les mérites de la 406 break : une
première ! Depuis dix ans, la Chine connaît une croissance cinq
fois supérieure à celle de l'Europe. Elle représente donc un débouché
attractif pour des entreprises confrontées à un marché intérieur
plus étroit. En 2005, la Chine pourrait représenter 10 % de la demande
mondiale de produits industriels, contre 5 % actuellement. Le pays
figure donc parmi les premières cibles de l'exportation française.
La plupart des grands groupes industriels français y ont investi.
Pourtant, la marge de progression de nos exportations est encore
importante : la France ne représente que 2 % des achats de la Chine
à l'étranger et 0,5 % des entrées de capitaux étrangers. Des proportions
qui s'accroîtront si les PME joignent leurs forces à celles des
grands groupes. Malgré des incertitudes, la Chine demeure le principal
marché porteur de la prochaine décennie. En dépit des difficultés,
il s'ouvre aux PME dès qu'elles mettent en œuvre un projet solide
et qu'elles s'appuient sur des partenaires efficaces : postes d'expansion
économique, banques françaises implantées localement, chambres de
commerce, organismes régionaux...
... et en Amérique
Latine
Autre "mine d'or" suscitant les convoitises étrangères : la distribution
brésilienne. La Fnac a racheté le distributeur local Atica Shopping
Cultural et Leroy-Merlin a ouvert sa première grande surface après
Castorama. À suivre...
Quand la
Chine va au marché
Hervé Sérieyx et Philippe Le Corre. Éditions Maxima. 1998.
Centre français
du commerce extérieur (CFCE)
10, avenue d'Iéna, 75016 Paris. Tél. : 01 40 73 30 00.
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