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La marque
/ 1998
Le consommateur
fait
la loi chez les marques
Mises
à mal par la crise, les divas des années 1980 se remettent en question.
Pour survivre, elles doivent impérativement évoluer !
Difficile encore
aujourd'hui de digérer le krach marketing des années 1990... Lorsque,
du jour au lendemain, les consommateurs ont soudain délaissé celles
qu'ils vénéraient fidèlement, les fabricants ont cru d'abord à une
désaffection conjoncturelle. Mais la perte de vitesse des marques
était bien structurelle. Et si la crise économique a été un révélateur,
elle n'en est certainement pas la cause.
Ca bouge
pour les marques
Au cœur de cette mutation : le consommateur. Selon l'enquête Scanner
98/99 du groupe Interdeco, 28 % des Français estiment que la marque
constitue "un moyen de faire payer plus cher". Aussi n'accepte-t-il
désormais de payer une surprime que si elle est justifiée, "visible".
C'est ce que Jean-Noël Kapferer appelle "le supplément de valeur",
dans son ouvrage Les Marques, le chemin de la reconquête. 18 % pensent
que "le plus important, c'est le produit", 20 % la considèrent comme
"un repère", 12 % comme "un savoir-faire ancré dans la tradition",
19 % comme "une garantie de qualité", et 3 % seulement comme "une
valeur emblématique". Aussi même si 63 % des Français affirment
"préférer les marques nationales connues", ils n'en sont pas pour
autant acheteurs. La "marque culte" des années 80, signe d'appartenance
à une classe sociale, à un groupe... n'est plus le seul argument de
vente. Excepté pour les ados et les seniors ! Les premiers pour
s'intégrer à "une tribu" (Dr Martens, Nike, Kookaï...). Les seconds
pour la garantie de qualité liée au logo (Kodak, Moulinex, Damart,
Rodier...).
Les marques
distributeurs
Quelle évolution depuis les produits "blancs" et "oranges" des années
70 ! Basiques, pas chers, mais tristes... Aujourd'hui, les produits
à marques distributeurs ne se distinguent guère de leurs concurrents
à marques nationales - si ce n'est par le prix - et représentent
20 à 25 % des ventes des distributeurs (50 % du CA de Casino). Ils
investissent l'alimentaire, mais aussi le textile (Tex pour Carrefour,
Miss Helen pour Monoprix), l'informatique, l'électroménager, le
sport (Décathlon)...
Les marques
plus et les marques moins
Pour Jean-Noël Kapferer, il existe deux types de marques. Les marques
"moins" sont le domaine des distributeurs, elles partent du standard
du marché et proposent l'équivalent 15 à 20 % moins cher, réduisant
ainsi la place des "grandes marques" dans les linéaires de 20 à
40 %. Face à cet assaut, les marques plus doivent surenchérir en
termes de valeur ajoutée, en "pratiquant deux types de marketing
: un marketing d'optimisation pour améliorer en permanence l'offre
faite au consommateur ; et un marketing de l'innovation qui vise
à inventer de nouveaux concepts de produits". C'est ce qu'a fait
Renault en lançant la Twingo et la Megane Scenic. Autre recette
préconisée : "se recentrer sur la valeur centrale du marché". Un
remède appliqué avec succès par Candia à partir d'une question simple
: pourquoi boit-on du lait ? Réponse : pour être en bonne santé.
D'où la naissance de Viva, un lait survitaminé, et de Croissance
un lait pour les bébés et les futures mamans.
Planète
marque
"Les marques sont des systèmes vivants ", avance Marie-Claude Sicard
dans La Métamorphose des marques. On ne les maîtrise pas à 100 %
; elles sont dépendantes de leur environnement. La multiplicité
des circuits de distribution et les promotions ont contribué à leur
dévalorisation... Marie-Claude Sicard insiste sur la "mutation" indispensable
de la marque, qui doit évoluer parallèlement aux référents des consommateurs.
En 1950, la marque Ambre Solaire faisait "bronzer", aujourd'hui
elle protége et hydrate... En dix ans les états-majors marketing ont
dû réviser leur stratégie. Deux grandes tendances dominent aujourd'hui
: la constitution d'un portefeuille de mar-ques fort et cohérent
(Nestlé) et la mondialisation des marques... (Orangina, Coca-Cola).
Le panier de marques construit sur une complémentarité de cibles
et de budgets, sur une notoriété internationale... devient incontournable
pour le distributeur. Prochaine étape pour les marques, l'euro,
qui va bouleverser les repères prix des consommateurs.
Le Dictionnaire
des marques
Jean Watin-Augouard, SEDIAC, 1997.
ADETEM (techniques
de marketing)
Tél. : 01 40 38 97 10.
www.inpi.fr
Comment protéger sa marque ? |