ODossier
O10 ans de distribution à la Une
N°61 nov-déc/98O

L'Europe en marche / 1998

Grande distribution :
tout est prêt pour 1999

Début 99, les clients de Décathlon, Carrefour, Castorama et bien d'autres pourront régler en euros, par chèque ou par carte bancaire.

En prise directe avec le consommateur, le commerce fait partie des secteurs les plus concernés par le passage à la monnaie unique. Comment éviter l'euro-anxiété et la chute de consommation qui pourrait l'accompagner ? Telle est la question que l'on se pose dans les états-majors... Réponse ? Informer, communiquer, préparer... De la pièce à glisser dans le distributeur de chariots à la politique promotionnelle, en passant par les relations avec les fournisseurs, les caisses et le système de gestion, il faut tout "repenser". Auchan aurait ainsi déterminé plus de mille "points d'impact" de l'euro sur l'entreprise...

La valse des étiquettes
Le passage à la monnaie unique n'est pas une simple affaire de conversion. Les sociologues sont unanimes : "L'acte d'achat obéit à des seuils psychologiques et des repères qui vont s'écrouler avec l'euro." La foire à dix francs perd toute signification à 1,54 euro et le pantalon en promo à 99,90 francs n'a aucun impact à 15,48 euros... Les écarts de prix deviennent moins lisibles. Entre deux moutardes, l'une à 1,32 et l'autre à 1,48 euro... laquelle choisir ? Se contenter de diviser les prix actuels par 6,5 serait suicidaire pour la plupart des points de vente ! Selon une étude Démoscopie commandée par Leclerc, aujourd'hui près de 60 % des prix entre 100 et 1 000 francs se terminent par le chiffre "9". Comment créer de nouveaux "prix symboles" en euros ? Arriver à des prix ronds relève de l'exploit et implique de toute évidence une modification des tarifs ou des produits. Le fabricant de chaussettes envisage de mettre plus d'acrylique et moins de fil d'Écosse pour proposer une référence à 5,99 euros au lieu de 6,46 aujourd'hui... La douzaine d'œufs pourrait devenir une "dizaine"... Côté fournisseurs, le big bang de l'euro suscite des inquiétudes. Les règles d'arrondi à deux décimales risquent de générer des pertes de chiffre d'affaires conséquentes, notamment sur les références à moins d'un euro vendues en quantités importantes. En effet, sous la pression des centrales d'achat, un article de bricolage à 0,2356 euro pourrait être facturé 0,23 euro... Certains fournisseurs songent à passer de la vente à l'unité au lot de mille.

Le double étiquetage
Pour éviter "l'euro-pagaille", les points de vente investissent. Caisses, formation, merchandising, logiciel d'étiquetage... la distribution consacrera en moyenne 1 à 2 % de son chiffre d'affaires au basculement francs/euros. Et selon l'Organisation européenne du commerce de gros et de détail, le double étiquetage - obligatoire durant six mois à partir du 1er janvier 2002- coûtera l'équivalent de 2,6 % du CA... Un poste sur lequel les enseignes n'ont pas l'intention de lésiner, car la lisibilité et la transparence des prix en francs et en euros restent la meilleure parade contre un gel de la consommation. Selon un sondage Promodès-Louis Harris sur "Les Européens de l'euro", 61 % des consommateurs plébiscitent le double affichage. Du coup, l'euro fait évoluer l'étiquetage... Deux possibilités pour les distributeurs : créer des étiquettes papier avec les deux prix grâce à un logiciel, ou passer directement à l'EEG (étiquette électronique gondole). Seul inconvénient de l'EEG, elle est dix fois plus coûteuse que l'affichage traditionnel...

Sous le signe de l'Euro
Plus de la moitié des foyers estiment être mal informés sur l'euro. Et beaucoup n'y croient encore qu'à moitié ! La preuve : le peu d'impact du double affichage testé de façon anticipée dans quelques Continent... 95 % des clients "n'ont rien vu"... Décevant ! Mais pas totalement inefficace à terme ! Aucune enseigne ne peut aujourd'hui se permettre de rester muette sur ce thème, sous peine de voir ses concurrentes s'en emparer et en faire un argument marketing. Peu importe la surenchère de prospectus et d'affiches... L'abondance sera certainement le meilleur vecteur de propagation de l'information "euro". Une sensibilisation à mener de pair avec la préparation logistique des points de vente. Le jour "J" - dès le 1er janvier 1999 -, ils devront être capables de guider les clients, de mettre à leur disposition des bornes d'information, de fournir en grand nombre des convertisseurs, d'offrir des caisses "euros"... Sinon les consommateurs les plus fidèles risquent de se tourner vers des enseignes mieux préparées. Une phase transitoire qui passe impérativement par la formation et l'équipement !

Quarante ans après le nouveau franc, voici venir une nouvelle monnaie : l'euro.

Certains distributeurs pratiquent déjà le double affichage. Bientôt, les premières pièces seront lancées.

7 jours Europe
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3615 Euro 99
Tout savoir sur l'année à venir.

http://www.finances.gouv.fr/euro
Pour comprendre les enjeux de la monnaie unique.

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