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L'Europe
en marche / 1998
Grande distribution
:
tout est prêt pour 1999
Début
99, les clients de Décathlon, Carrefour, Castorama et bien d'autres
pourront régler en euros, par chèque ou par carte bancaire.
En prise directe
avec le consommateur, le commerce fait partie des secteurs les plus
concernés par le passage à la monnaie unique. Comment éviter l'euro-anxiété
et la chute de consommation qui pourrait l'accompagner ? Telle est
la question que l'on se pose dans les états-majors... Réponse ? Informer,
communiquer, préparer... De la pièce à glisser dans le distributeur
de chariots à la politique promotionnelle, en passant par les relations
avec les fournisseurs, les caisses et le système de gestion, il
faut tout "repenser". Auchan aurait ainsi déterminé plus de mille
"points d'impact" de l'euro sur l'entreprise...
La valse
des étiquettes
Le passage à la monnaie unique n'est pas une simple affaire de conversion.
Les sociologues sont unanimes : "L'acte d'achat obéit à des seuils
psychologiques et des repères qui vont s'écrouler avec l'euro."
La foire à dix francs perd toute signification à 1,54 euro et le
pantalon en promo à 99,90 francs n'a aucun impact à 15,48 euros...
Les écarts de prix deviennent moins lisibles. Entre deux moutardes,
l'une à 1,32 et l'autre à 1,48 euro... laquelle choisir ? Se contenter
de diviser les prix actuels par 6,5 serait suicidaire pour la plupart
des points de vente ! Selon une étude Démoscopie commandée par Leclerc,
aujourd'hui près de 60 % des prix entre 100 et 1 000 francs se terminent
par le chiffre "9". Comment créer de nouveaux "prix symboles" en
euros ? Arriver à des prix ronds relève de l'exploit et implique
de toute évidence une modification des tarifs ou des produits. Le
fabricant de chaussettes envisage de mettre plus d'acrylique et
moins de fil d'Écosse pour proposer une référence à 5,99 euros au
lieu de 6,46 aujourd'hui... La douzaine d'œufs pourrait devenir une
"dizaine"... Côté fournisseurs, le big bang de l'euro suscite des
inquiétudes. Les règles d'arrondi à deux décimales risquent de générer
des pertes de chiffre d'affaires conséquentes, notamment sur les
références à moins d'un euro vendues en quantités importantes. En
effet, sous la pression des centrales d'achat, un article de bricolage
à 0,2356 euro pourrait être facturé 0,23 euro... Certains fournisseurs
songent à passer de la vente à l'unité au lot de mille.
Le double
étiquetage
Pour éviter "l'euro-pagaille", les points de vente investissent.
Caisses, formation, merchandising, logiciel d'étiquetage... la distribution
consacrera en moyenne 1 à 2 % de son chiffre d'affaires au basculement
francs/euros. Et selon l'Organisation européenne du commerce de
gros et de détail, le double étiquetage - obligatoire durant six
mois à partir du 1er janvier 2002- coûtera l'équivalent de 2,6 %
du CA... Un poste sur lequel les enseignes n'ont pas l'intention de
lésiner, car la lisibilité et la transparence des prix en francs
et en euros restent la meilleure parade contre un gel de la consommation.
Selon un sondage Promodès-Louis Harris sur "Les Européens de l'euro",
61 % des consommateurs plébiscitent le double affichage. Du coup,
l'euro fait évoluer l'étiquetage... Deux possibilités pour les distributeurs
: créer des étiquettes papier avec les deux prix grâce à un logiciel,
ou passer directement à l'EEG (étiquette électronique gondole).
Seul inconvénient de l'EEG, elle est dix fois plus coûteuse que
l'affichage traditionnel...
Sous
le signe de l'Euro
Plus de la moitié des foyers estiment être mal informés sur l'euro.
Et beaucoup n'y croient encore qu'à moitié ! La preuve : le peu
d'impact du double affichage testé de façon anticipée dans quelques
Continent... 95 % des clients "n'ont rien vu"... Décevant ! Mais pas
totalement inefficace à terme ! Aucune enseigne ne peut aujourd'hui
se permettre de rester muette sur ce thème, sous peine de voir ses
concurrentes s'en emparer et en faire un argument marketing. Peu
importe la surenchère de prospectus et d'affiches... L'abondance sera
certainement le meilleur vecteur de propagation de l'information
"euro". Une sensibilisation à mener de pair avec la préparation
logistique des points de vente. Le jour "J" - dès le 1er janvier
1999 -, ils devront être capables de guider les clients, de mettre
à leur disposition des bornes d'information, de fournir en grand
nombre des convertisseurs, d'offrir des caisses "euros"... Sinon les
consommateurs les plus fidèles risquent de se tourner vers des enseignes
mieux préparées. Une phase transitoire qui passe impérativement
par la formation et l'équipement !
Quarante ans
après le nouveau franc, voici venir une nouvelle monnaie : l'euro.
Certains distributeurs
pratiquent déjà le double affichage. Bientôt, les premières pièces
seront lancées.
7 jours Europe
L'Actualité européenne. Tél. : 01 53 00 10 00.
3615 Euro
99
Tout savoir
sur l'année à venir.
http://www.finances.gouv.fr/euro
Pour comprendre les enjeux de la monnaie unique.
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