Dossier
 1998 : Les tops et les flops de l'année
N°64 mai-juin/99 

L'événementiel, un business
dans l'air du temps


Marchera ? Marchera pas ? L'événementiel peut rapporter gros, mais il a sa part d'aléatoire... La Coupe du Monde de football aurait-elle eu des retombées si les Français n'avaient pas joué la finale ?

Zinedine Zidane :
de l'or sous
les crampons

En cinq mois, Adidas a vendu plus de 40 000 maillots taille enfant, avec le fameux n° 10 et le nom de Zidane dans le dos. La marque aux trois bandes se félicite aujourd'hui d'avoir parié sur le joueur à une époque où les sponsors étaient encore frileux. L'événementiel implique en effet une forte réactivité. Les stars du sport ont toujours été des "produits éphèmères". Pour l'instant, la luxueuse boutique ZZ (Zinedine Zidane) ouverte sur les Champs- Elysées ne désemplit pas...

Quelque 200 entreprises avaient misé sur Footix, achetant les droits de la mascotte... Elles ont eu raison. Les milliers de casquettes, ballons, tee-shirts, porte-clefs, cassettes vidéo... vendus en 1998 leur ont rapporté quelque 8 milliards de francs ! Même pari pour les hôteliers qui ont choisi de s'affilier à Mondiresa, la centrale de réservation du Mondial gérée par Accor, avec des chambres "seulement 25 % plus chères que d'habitude". Chaque victoire des Français faisait monter les enchères sur TF1 : 1,5 MF le spot de 30 secondes durant la mi-temps le jour de la finale ! En pleine morosité économique, l'événement a réussi le tour de force de relancer la consommation et de restaurer la confiance... Les femmes et les détracteurs du ballon rond ont même fini par jeter un œil intéressé au petit écran...

Le succès joue les prolongations
Bâtiment, presse, restauration, automobile, magnétoscope et télévision... l'effet Coupe du monde - difficilement quantifiable - est aujourd'hui confirmé. Un "top" historique, car la victoire des Français a permis de surcroît de jouer les prolongations. Le consommateur est séduit, parce qu'il achète du rêve, s'identifie, l'espace d'un match ou d'une soirée, à une réussite, ou encore s'associe à une grande cause médicale ou humanitaire... Positif, altruiste, convivial, l'événementiel a l'extraordinaire pouvoir de nous transporter sur une autre planète.

Le flop 98
"La Coupe est pleine", mais ne déborde pas !
L'association prévue pour rassembler les personnes souhaitant échapper à l'événement "foot" de l'été n'a pas capté les foules. Les bars qui proposaient des retransmissions en direct ont attiré plus de monde que le théâtre, l'opéra ou le cinéma.

Ephémère et culte du souvenir
Le contexte économique, la montée du chômage... ont créé depuis quelques années un terrain favorable à "l'attraction", qu'elle soit sportive, culturelle avec mise en scène hollywoodienne (Titanic, Notre-Dame de Paris), ou populaire (Téléthon)... De ces planètes on ne redescend pas sans consommer, car la communion déclenche le fétichisme et le culte du souvenir... Large et universelle, la cible intéresse aussi les sponsors, des marques de notoriété internationale, ayant les moyens d'investir sur l'éphémère. Marchera ? Marchera pas ? L'événementiel peut rapporter gros, mais il a sa part d'aléatoire... La Coupe du monde de football aurait-elle eu des retombées si les Français n'avaient pas joué la finale ? Image de liesse le soir de la victoire de l'équipe de France contre le Brésil. L'édition 98 de la Coupe du monde a rassemblé tous les Français, bien au-delà du simple événement sportif.

Introduction
L'événementiel, un business dans l'air du temps
César règne sur vos fêtes !
Terence Conran sert l'assiette anglaise à l'heure française
Mieux être ou ne pas être
Derniers nés ou modernisés, les plus "techno" font la différence