Dernier avatar de l'histoire du commerce,
la part de marché des hard-discount ne cesse de progresser
jusqu'à inquiéter les hypers et les supers.
Six ans après l'ouverture dans le Nord du premier magasin
Aldi, les "nouveaux barbares du commerce", comme on
les appelle alors, conquièrent de nouveaux territoires
après avoir été cantonnés au Nord-Est
du pays. Ceci à la faveur d'une brêche laissée
entrouverte par la montée en gamme des hypermarchés.
Car on le sait depuis 1852, date de la création du Bon
Marché par Aristide Boucicaut, l'histoire du commerce
bégaie. Dès qu'une forme de vente s'éloigne
de ses fondamentaux, elle laisse le champ libre à des
magasins plus agressifs.
Prix ajustés et rapidité
En effet, pour le hard-discount, tout est bon pour abaisser
les coûts d'exploitation : petits magasins, décoration
sommaire, personnel peu nombreux et polyvalent, etc.
Même l'offre est limitée, ce qui permet des conditions
d'achat optimales et des courses plus rapides. La part de marché
du hard-discount ne cesse de progresser (globalement 13 %
aujourd'hui) et, en 2005, deux Français sur trois fréquentent
le hard-discount tandis que 2,5 millions de foyers ont fait
du hard-discount leur magasin principal. Lidl, leader du secteur
avec 1 200 magasins, est désormais un épouvantail
dans le paysage commercial.
Menacés au premier chef, les hypermarchés tentent
de réagir avec des gammes de produits premier prix ou
en baissant le prix des grandes marques
La reconquête
ne pourra passer que par le retour à une plus grande
agressivité. Si les hypers s'étaient assoupis,
les voici réveillés grâce au hard-discount ! |