Le 17 février 2002, après une
période transitoire d'un mois et demi, l'euro remplace
définitivement le franc dans les porte-monnaie.
Pour la distribution, le cap de l'euro c'est la véritable
bascule dans le marché unique, et rater le coche de 2002
serait synonyme de pertes conséquentes. Face à
la concurrence renforcée, il faut européaniser
sa stratégie, dynamiser sa politique commerciale, accentuer
sa différenciation. Très tôt, dès
1997, nombre d'enseignes comme Darty et Conforama se dotent
donc d'un "Monsieur Euro" chargé de régler
les opérations. Les plans s'établissent selon
trois mots d'ordre : préparer, informer et communiquer.
La grande distribution se mobilise
Modification des systèmes informatiques, double étiquetage,
formation des équipes, actions de communication... En
1998, Auchan recense plus de 1 000 points d'impact du passage
à l'euro sur l'entreprise !
En pratique, tout va très vite. En mai 1998, Darty se
met au double étiquetage et peut encaisser en euros par
CB ou chèque dès janvier 1999. Les caissiers de
Conforama sont formés début 1999. Chez Système
U, l'euro est majeur sur les étiquettes dès novembre
2001, alors que les camions d'information Intermarché
sillonnent la France depuis plusieurs mois
Si bien qu'en
septembre 2001, la grande distribution semble déjà
prête : les systèmes sont en place, les formations
en cours, et 600 000 terminaux modifiés. En face,
le commerce de proximité craint de voir sa clientèle
le délaisser pour des grandes surfaces plus rassurantes.
Car passer à l'euro coûte cher : au total,
1 à 2 % du chiffre d'affaires des enseignes y passe.
Les consommateurs sont inquiets
Mais qui doit payer ? Fin 2001, 72 % des consommateurs
craignent une augmentation des prix due à l'euro. Réalité
ou fantasme ? Contraintes à la conversion, les enseignes
sont soupçonnées d'arrondir à la valeur
supérieure. Un pacte de stabilisation des prix signé
entre distributeurs, producteurs et organismes paritaires, pour
la période entre novembre 2001 et mars 2002, veut rassurer
la clientèle. Mais si l'effet inflationniste est plutôt
limité, sa concentration sur des produits courants, ajoutée
à la crise, assombrit la perception économique
des ménages... |