Peut-on transformer le monde à partir
de l'étal d'un magasin ? C'est le pari du commerce
équitable, un positionnement plus que jamais dans l'air
du temps.
En 2002, le commerce équitable s'inscrit clairement dans
les nouvelles stratégies gagnantes du commerce. Sans
oublier que, par définition, ce commerce doit profiter
aux producteurs des pays du Sud sur un certain nombre de produits
primaires (café, cacao, miel, thé, riz, fruits,
etc.) et artisanaux.
Quand le commerce rêve d'un autre monde
Le principe est connu : grâce à un circuit de commercialisation
court, éventuellement d'un préfinancement, et
d'une relation durable entre producteurs et distributeurs, le
commerce équitable vise à offrir aux producteurs
du Sud les moyens de vivre dignement de leur activité
et de devenir les acteurs de leur propre développement.
En échange, ils doivent suivre un cahier des charges
rigoureux dans les domaines sociaux, de la qualité, de
l'environnement et du développement durable.
Des projets de centres de santé, de crèches, des
potagers communautaires et, bien sûr, des usines de transformation
accompagnent ainsi le commerce équitable. Tous ces thèmes
sont dans l'air du temps, avec la vigueur, qui ne se dément
pas, des thèses altermondialistes.
Un marché qui reste à conquérir
Pourtant, ce type de commerce demeure surtout vigoureux dans
les pays du Nord de l'Europe qui ont vu naître le concept
il y a une cinquantaine d'année. Selon Max Havelaar,
le label du commerce équitable, les Français dépensent
0,20 euro par an pour ces produits (dans environ 5 000
points de vente) contre 6,75 euros pour les Suisses. Comme
pour les produits bio, dont 80 % des ventes se font en
hypermarché, leur démarrage passera sans doute
par la grande distribution. |