|
|
 |
 |
 |
 |
 |
ROBERT ROCHEFORT
Directeur général du
Crédoc |
 |
 |
 |
Distribution
"Vers un retour
à la simplification" |
 |
 |
|
Directeur général du Crédoc
(Centre de recherche pour l'étude et l'observation des
conditions de vie), Robert Rochefort nous éclaire sur
vingt ans de consommation et de distribution.
Qu'est-ce qui différencie le consommateur de 1988
de celui de 2005 ?
Les nouvelles générations de consommateurs,
nées dans un environnement économique difficile,
ont appris à se débrouiller. Elles sont à
l'affût des opportunités pour rechercher le meilleur
prix, la meilleure occasion... Nous sommes passés d'une
consommation de masse à une recherche de produit pour
soi.
La recherche du "meilleur prix" ne va pas dans
le sens des marques...
Il y a une mixité des comportements. On accorde moins
d'importance aux marques dans les produits de base, mais pour
les produits plaisir, le haut de gamme se distingue. C'est le
déodorant d'un côté et le parfum de l'autre.
Quel a été l'impact sur la distribution ?
Le modèle de l'hypermarché, à son sommet
au début des années 90, ne correspond plus
aux attentes du consommateur qui cherche autre chose que l'acte
d'achat. Il a besoin de différenciation. Au-delà
du prix, il faut désormais une ambiance, comme celle
Nature
& Découvertes ou de Résonnances.
Néanmoins, de telles formules fondées sur l'ère
du temps s'usent et doivent sans cesse évoluer.
Et l'émergence des nouvelles technologies ?
D'une part, le e-commerce appuie l'expertise des consommateurs,
qui peuvent en particulier comparer les prix, ce qui leur permet
de mieux arbitrer et va contraindre les autres commerces à
s'aligner sur les prix. D'autre part, les nouvelles technologies
en tant que produits ont pris beaucoup de place dans les habitudes
de consommation. Malgré les difficultés économiques,
on veut continuer à acheter des nouvelles technologies
(téléphonie, TV, écrans plats
) d'où
l'importance du crédit à la consommation, qui
a connu une hausse de 4 à 5 % par an depuis 1999.
Quel bilan dressez-vous des années Dynamique Commerciale
?
Le consommateur est devenu expert face à une offre complexifiée
faite de multiples produits, marques et formats de distribution.
En réaction, on peut donc envisager un retour à
la simplification. Le hard-discount marche aussi parce qu'il
propose moins de choix, ce qui est un gain de temps pour le
consommateur ! Ce gain passera aussi par l'automatisation des
caisses et le recours aux puces électroniques pour le
calcul des chariots, d'ici dix à vingt ans. Ces deux
tendances ne sont pas contradictoires... |
| Propos recueillis
par Julie Deh |
|
 |
 |
 |
| Photo : F. Béraud |
|