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N° 105 Septembre / Octobre 2006
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- Olivier Gonzalez :
Un showroom pour séduire

- Truffaut, le jardin urbain
- Des cosmétiques au rayon "frais"
- Le sac de caisse change
de peau
- Ikea met le cap sur le Sud
- Vêtimarché est devenu Vêti...
- Rémy Sansaloni :
"Le consommateur reprend
le pouvoir !"
- Crédit en ligne : Cetelem innove pour l'e-commerce
- Showroom, une nouvelle tendance dans la distribution
- 1 - Showroom, les enseignes à l'ère du sensoriel
- 2 - Un siècle de showroom à travers l'automobile
- 3 - Image, promotion, vente... à chacun son showroom
- 4 - À Paris, le showroom crée l'image
- 5 - Le showroom :
un nouvel espace d'exposition
- 6 - Patrick Norguet :
"Le showroom valorise
une image de marque"
- Éric Bompard,
le pionnier français
du cachemire
- Jean-Claude Biguine,
de la coiffure au bien-être
- Comptoir des cotonniers réinvente la notion de complicité
- Ventes privées : des soldes en ligne... toute l'année !
- Le GPS a trouvé la bonne route
Le consommateur reprend le pouvoir !
RÉMY SANSALONI
responsable d’ÉtudeS marketing À TNS Media Intelligence
Infidèle, zappeur, paradoxal et complexe, il achète ce qu’il veut, quand il veut et où il veut : c’est le “non-consommateur”, titre du livre de Rémy Sansaloni. Rencontre avec l’auteur, qui l’observe depuis quinze ans.

Comment définissez-vous le non-consommateur ?
Rémy Sansaloni : Ce n’est pas quelqu’un qui refuse de consommer. C’est un consommateur qui ne veut plus être le réceptacle passif des messages marketing et publicitaires. Il est avant tout urbain, plutôt cultivé et dispose de revenus relativement élevés. Ayant satisfait l’essentiel de ses besoins, il est en quête de sens et sa consommation devient pour lui un geste politique.

Quels sont ses us et coutumes ?
Il est passé maître dans l’art de choisir le circuit de distribution le plus apte à le satisfaire. Il en fréquente donc plusieurs, en particulier le hard discount, qui touche toutes les catégories socioprofessionnelles. La proximité, le gain de temps et – aussi paradoxal que cela puisse paraître – le moindre choix sont des critères de fréquentation importants pour les consommateurs. Selon l’étude Megabrand de TNS Sofres, 43 % de la population n’est plus attachée aux marques et 95 % des personnes interrogées souhaitent qu’une marque “démontre en quoi elle est supérieure” !

Quels écueils doit éviter un distributeur pour le séduire ?
Le premier est de privilégier le très court terme sur une stratégie à moyen et long terme. Le deuxième, c’est de ne pas prendre en compte les changements de société. Le troisième est de multiplier les promotions, même si l’on sait que les consommateurs veulent des prix bas. Un récent colloque LSA a montré les contre-effets d’une telle réaction. En vingt ans, le nombre d’actions promotionnelles a été multiplié par 40 et, en 2005, le consommateur français a été soumis à 200 000 promotions. Résultat ? 90 % des opérations ont généré un retour sur investissement négatif. Bref, il faut repenser le marketing terrain !

Vous sous-titrez votre ouvrage "Comment le consommateur reprend le pouvoir" ?
Cette entrée en résistance s’est amorcée lentement et depuis déjà quelques décennies. Elle est aujourd’hui beaucoup plus prégnante parce qu’un certain nombre d’événements ont joué un rôle de catalyseur. Internet est l’un de ceux-là. Sur ce média, il devient actif et les consommateurs ont aujourd’hui trouvé les moyens de ne plus être les simples réceptacles des messages publicitaires ; ce sont désormais aux annonceurs de les convaincre et de les conquérir. Autre révolution majeure liée à la Toile, l’explosion de l’attrait des consommateurs, tout particulièrement les plus jeunes générations, pour la gratuité. Ces conséquences sur le comportement du consommateur sont proprement impressionnantes : sur le rapport au prix, sur la fidélité aux marques, sur la généralisation de la règle comparative… Désormais, les industriels comme les distributeurs doivent justifier les prix qu’ils pratiquent. C’est une nouvelle donne inédite pour eux. Et les jeunes d’aujourd’hui, experts dans ce domaine, seront demain des adultes particulièrement vigilants sur ce point.

Quelles sont les parades des marques et des enseignes ?Avant tout, ne pas croire que l’on détient LA vérité et qu’en lançant un produit ou un service on va satisfaire des besoins que l’on croit illimités. Il s’agit d’être à l’écoute et vigilant, c’est-à-dire prendre en compte les changements irréversibles de notre société et ne jamais oublier que ce n’est plus l’émetteur qui est déterminant. C’est ce qu’a fait Lissac avec sa carte de fidélité transgénérationnelle Famillissac qui offre une deuxième paire de lunettes gratuite pour l’un des membres de la famille. 23 000 familles y ont souscrit en un an ! Des sociétés comme Marie ou Procter ont mis en place des structures d’observation du comportement du consommateur. En Grande-Bretagne, Tesco est très en pointe en matière d’écoute du client et ses programmes de fidélisation rencontrent souvent un très bon accueil. En France, Nature et découvertes surfe assez efficacement sur la vague naturaliste et la zen attitude...
Propos recueillis par Bertrand Bourgine
Photo : F. Marigaux
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