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N° 106 Novembre / Décembre 2006
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Garçon, un café !

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"Les enseignes font leur pub
à la télé !"
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Les cartes du commerce,
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- La distribution décroche
les mobiles
Les enseignes font
leur pub à la télé !
STÉPHANE MARTIN
directeur dÉlÉguÉ du SNPTV
Interdits d’antenne depuis quarante ans, les distributeurs auront droit aux écrans publicitaires des grandes chaînes hertziennes à partir du 1er janvier 2007, avec la restriction importante de ne pas pouvoir communiquer sur des opérations commerciales de promotion datées. Rappel historique et décryptage d’un grand chambardement attendu avec Stéphane Martin, directeur délégué du Syndicat national de la publicité TV.

A partir du 1er janvier prochain, les distributeurs diffuseront des spots publicitaires sur les chaînes hertziennes. Pourriez-vous nous rappeler les grandes étapes de ce changement ?
Stéphane Martin :
La pub TV pour les produits de marque est apparue en 1968, sur la première chaîne de l'ORTF en noir et blanc avec, déjà en arrière-plan, la problématique du financement des programmes. Combattue par les autres médias et limitée alors à 2 petites minutes par jour, elle s’est donc créée dans la douleur. Depuis, et c’est une exception française, les distributeurs étaient interdits d’antenne. Cette réglementation a été levée partiellement dès janvier 2004 sur le câble, le satellite, la TNT et la télévision locale. En trois ans, la distribution a ainsi investi 34,8 millions d’euros sur ces télés, alors qu’elle a dépensé à peu près 5,8 milliards d’euros dans les autres médias ! La réelle ouverture se fera donc le 1er janvier 2007 avec l’accès aux grandes chaînes hertziennes historiques, celles qui drainent le plus d’audience. Elles permettront aux enseignes de communiquer largement, avec un vrai plan cohérent toutes TV. C'est une réelle opportunité car la télévision demeure le média le plus puissant sur les marchés de masse. Cela va créer un réel plus pour ces chaînes qui doivent financer de plus en plus de programmes coûteux.

Justement, qu’est-ce que cela va changer ?
Jusqu’alors, les enseignes avaient droits de cité, par le biais du parrainage d'émissions ou de programmes courts, beaucoup avec succès d'ailleurs dans le cas de Darty pour la météo ou de Leroy-Merlin, avec Du côté de chez vous et Question maison. Désormais, les hypermarchés, la distribution spécialisée, la vente à distance ou encore les sites de vente en ligne vont pouvoir diffuser leurs messages à la télé, tenir un discours de marque, montrer leurs produits, mettre en avant leurs MDD, vanter leurs services, voire montrer des prix dans des spots de trente secondes. Par exemple, sur les chaînes du câble et du satellite, les téléspectateurs ont déjà pu voir les spots aux images flamboyantes de Sephora ou des Galeries Lafayette. Intermarché a mis en avant le service, Joué Club des produits exclusifs.

A quelle hauteur la distribution va-t-elle investir et quels seront ses arbitrages ?
Pour des raisons techniques et concurrentielles, les enseignes ne se dévoilent pas mais elles n'ont pas dit qu'elles allaient augmenter de façon significative leur enveloppe publicité. Dans leurs désirs de conquête, certains dépenseront peut-être un peu plus début 2007 pour marquer le coup. Les dernières études réalisées indiquent une fourchette située entre 180 et 250 millions d’euros du budget alloué pour la pub TV. Le Bipe estime que ces investissements seront alimentés par d’inévitables transferts, d’un support publicitaire à un autre. Le hors-media et le parrainage TV, déjà un peu moins dynamique pour les distributeurs, devraient être les postes les plus affectés. La PQR, la radio et la publicité extérieure seront moins affectés puisque les campagnes de promotion datés et les mises en avant d'évènements ponctuels, limités dans le temps, souvent vantés sur ces supports, seront interdits à la télévision.

Quelles alternatives pour ceux qui n’auront pas les moyens d’aller à la télé ?
Les coûts de production audiovisuels ont beaucoup baissé, le numérique permettant de produire un spot TV à des prix beaucoup plus accessibles qu’auparavant. Comparé à d'autres médias, comme la PQR ou la presse mag, il n'y a plus de gros différentiel. Pour les distributeurs, le ticket d’entrée est maintenant multiple, il n’y a pas que les horaires de prime time pour diffuser ses spots. Les enseignes locales peuvent même cibler leur communication sur différentes parties de l’Hexagone avec France 3 Régions. Et n’oublions pas, pour les enseignes spécialisées qui veulent être au plus près de leur public, que la publicité est déjà autorisée sur les chaînes TV thématiques.
Propos recueillis par Bertrand Bourgine
Photo : F. Marigaux
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