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N° 107 Janvier / Février 2007
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Le recyclage,
un passage obligé

Dominique Mignon
Directrice du Développement D'Eco-systèmes, en charge des relations avec les partenaires et adhérents

Avec la mise en application de la directive européenne relative au recyclage des déchets des équipements électriques et électroniques (D3E), en novembre 2006, les distributeurs doivent participer à la collecte et au recyclage de ces produits. Dominique Mignon, directrice du développement d'Eco-systèmes, l’un des quatre éco-organismes en charge de la filière des D3E, nous en dit davantage sur leur implication et leurs obligations.

À quelles obligations les distributeurs sont-ils soumis ?
Dominique Mignon : Avant même le 15 novembre, ils ont contribué, notamment au sein d’Eco-systèmes, à la mise en œuvre d’une véritable filière de collecte et de recyclage des D3E. Aujourd’hui, ils sont distributeurs d’équipements, mais également collecteurs de déchets. Face au client, ils sont en première ligne. Concrètement, outre l’étiquetage obligatoire de la contribution financière des consommateurs (l’éco-participation), les distributeurs ont l’obligation dite de “un pour un” : ils doivent reprendre les appareils usagés dès lors qu’un produit similaire est acheté. Ils ont également une obligation de communication pédagogique auprès du consommateur.

Qu’est-ce que l’éco-participation exactement ?
C’est la contribution financière payée par le consommateur pour la collecte et le recyclage des D3E. Son affichage en point de vente garantit au consommateur transparence et lisibilité sur les coûts liés à la prise en charge des équipements électriques et électroniques.

Comment les distributeurs ont-ils participé à la création de cette filière ?
Les distributeurs, actionnaires et partenaires d’Eco-systèmes y travaillent, aux côtés des producteurs, depuis deux ans. Tout a été anticipé : une fois calculée l’éco-participation, celle-ci a été intégrée dans le système d’information et de gestion des distributeurs afin de l’afficher à temps en magasin et sur catalogue.

Qui finance la collecte des D3E et le recyclage ?
L’éco-participation couvre l’ensemble des coûts. Ensuite, chaque distributeur supporte des coûts résiduels d’organisation et de gestion, difficiles à évaluer. Un distributeur a même comparé ce coût à celui du passage à l’euro ! Cela donne une idée de l’importance des dépenses et des efforts qu’il a fallu pour former les gens, adapter les systèmes d’information et de gestion, changer les étiquettes…

Quels changements logistiques la mise en œuvre de cette filière recyclage a-t-elle entraînée ?
Certains distributeurs étaient déjà très avancés dans l’organisation de la récupération des équipements usagés. Beaucoup avaient des circuits de livraison qui pouvaient reprendre les équipements encombrants. Ces circuits se développent et les distributeurs s’organisent de manière à mettre à l’arrière des magasins des contenants pour stocker les vieux appareils. La collecte des D3E nécessite en effet une surface de stockage supplémentaire et la mise en place d’une organisation technique.

Quel est l’objectif de collecte pour les distributeurs ?
L’objectif de collecte national est de 4kg/hab./an. C’est un objectif minimum imposé à l’État français sur l’ensemble de la filière. On pense que ça peut aller plus vite que prévu : dans les pays du Nord, l’objectif des 4 kg a été très vite dépassé. En France, il y a déjà un acquis de 2 kg, et il est sans doute possible de monter très vite en puissance grâce à la communication mise en place par les distributeurs auprès des consommateurs.
Propos recueillis par Sophie Paturel
Photo : F. Marigaux
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