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Les
villes ramènent
le commerce au centre |
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Face aux centres
commerciaux, les communes se sont engagées dans de grandes
opérations de réaménagent urbain. Quelques
exemples de réussite.
Amorcé dans les années 80, le développement
des “shopping centers” près des banlieues
a suivi le déplacement de la population. À Compiègne,
la zone de chalandise de la périphérie représente
ainsi, aujourd’hui encore, près du double du
centre-ville.
“Le développement des zones situées en
périphérie
crée un climat concurrentiel tendu”, explique Gérard Mothe,
président de l’Union du grand commerce de centre-ville. Pour freiner
cette compétition centre-périphérie, l’agglomération
et la ville de Montpellier ont frappé un grand coup : avec la chambre
de commerce et d’industrie et la chambre des métiers et de l’artisanat
de l’Hérault, elles ont signé un moratoire de deux ans
gelant les autorisations d’ouverture de grandes surfaces accordées
en CDEC (Commission départementale d’équipement commercial).
Seules dérogations : les projets de dynamisation de Montpellier,
notamment autour de deux nouveaux espaces de vie en cours de création, à proximité du
centre historique de l’Écusson : le quartier Saint-Roch et l’îlot
Duguesclin.
Autre stratégie : créer une galerie marchande
en plein cœur du centre-ville, comme Fleur d’eau à Angers.
Cette galerie est aussi la première conçue selon
des normes de haute qualité environnementale. À Grenoble,
un vaste pôle commercial de 35 000 m2, avec logements, équipements
de loisirs sur l’ex-caserne de Bonne. Les commerçants
de la ville bénéficieront de prix d’appel
pour les surfaces commerciales du centre.
Une offre
multicarte
Metz, Orléans, Amiens, Troyes… la liste
est longue des villes qui réaménagent leur centre
afin de freiner l’évasion commerciale. “À Troyes,
les commerces étaient à l’étroit,
les rues étaient engorgées par un stationnement
anarchique… Les gens se tournaient plus volontiers vers
les galeries périphériques et les magasins d’usine”,
assure Dominique Boisseau, maire adjoint en charge de l’aménagement.
Restauration du patrimoine immobilier et création de
rues piétonnes ont alors séduit les investisseurs
commerciaux, qui ont remembré des immeubles, offrant
des rez-de-chaussée commerciaux de 80 à 300 m2.
L’aménagement a attiré des enseignes :
Jennyfer, Armand
Thierry, H&M... côtoient aujourd’hui des magasins
de décoration comme Maisons du Monde, mais aussi des restaurants, des
théâtres, des cinémas. “Pour se différencier
de la périphérie, l’offre doit être multicarte”,
insiste le maire adjoint. Les résultats sont là : les touristes
venus pour les magasins d’usine représentent désormais
8 à 10 % du chiffre d’affaires du centre-ville.
Réaménagé, bien desservi - et à "ciel
ouvert", appuie Sophie Le Clainche, adjointe
chargée
des relations avec le commerce de Chartres -, le centre-ville
dispose d’atouts indéniables. Il attire des investisseurs
et des commerces variés. "Un cabaret, équipé d’un
restaurant a par exemple pris pied dans une ancienne imprimerie
de 300 m2 non loin du coeur. Nous avons par ailleurs réalisé,
il y a deux ou trois ans, une charte pour les restaurants et
les salons de thé afin de rendre le cadre et les terrasses
plus esthétiques."
Associer les concurrents
De leur côté, Moulins et Vierzon ont engagé une
réflexion globale sur l’évolution de la
commune et celle de la périphérie. "Une étude
réalisée par un cabinet de conseil nous a montré que
l’évasion commerciale se faisait vers Vichy, qui
dispose du droit d’ouverture le dimanche et vers Clermont-Ferrand,
qui dispose d’une Fnac, relate Guillaume Poutié,
directeur de cabinet du maire de Moulins. L’idée
a été de faire appel au même promoteur
pour créer un retail park dans le Nord, en tirant partie
de la grande surface qui y est située, et de rénover
le marché couvert du centre avec deux moyennes surfaces
comme locomotives. Une réorganisation de la circulation
sur la partie sud a aussi été décidée
et validée fin janvier." |
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| Anne
Thiriet |
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Être
au centre…
un atout de plus
! |
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Pierre
Cuilleret
P-dg de Micromania |
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Pourquoi
Micromania n’était que peu présent
en centre-ville ?
Pour des raisons historiques
! Micromania a ouvert en 1989 son premier magasin à Paris,
au Forum des Halles. Le succès fut immédiat
et les bailleurs ont été séduits
tant par le concept que par le chiffre d’affaires
réalisé. Ils nous ont systématiquement
proposé de nous implanter dans les galeries
commerciales ou sur des emplacements n° 1.
En
janvier dernier, Micromania a racheté Dock
Games. En quoi l’enseigne est-elle gagnante ?
Ce rachat est très complémentaire
en termes d’implantation et de clientèle.
En nous permettant d’être plus présents
en centre-ville, il contribue à maintenir
notre position de leader de la distribution de
jeux vidéo. |
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| Nouvelles
polarités |
| Les emplacements
commerciaux étant rares et coûteux
en centre-ville, certaines agglomérations
ont décidé d’étendre
leur réseau de rues commerçantes à proximité de
l’hypercentre. À Metz, c’est
le cas du quartier de la gare qui accueillera le
centre Pompidou-Metz. À Grenoble, l’ancienne
caserne de Bonne, qui s’organise autour d’un
parc urbain de 5 hectares entre le centre et les
Grands Boulevards, sera transformée en lieu
d’habitation et de commerces d’ici à 2009. |
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