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N° 108 Mars / Avril 2007
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Alain Afflelou : innovation et plaisir, les deux font la paire
Isabelle Amaraggi Farrugia,
directrice de la communication hors-média pour Alain Afflelou
Après 27 ans d’existence, Alain Afflelou assure le dynamisme de son enseigne en imaginant toujours de nouveaux concepts.

Avec toujours une longueur d’avance, Alain Afflelou continue d’être un acteur incontournable de l’optique en France et en Europe. Isabelle Amaraggi Farrugia, directrice de la  communication hors-média, nous révèle quelques clefs du succès de l’enseigne.

Alain Afflelou, est-ce avant tout un homme ou une enseigne ?
Isabelle Amaraggi Farrugia : Les deux sont intimement liés. Alain Afflelou a créé l’enseigne il y a 27 ans, et c’est encore lui qui signe la plupart des idées commerciales. Tchin-Tchin, la Tercera, les lentilles à 1€…
Notre réussite est liée à l’instinct de l’homme. Lorsqu’il ouvre sa première boutique à Bordeaux, muni de son diplôme d’opticien, ce secteur était alors quasiment paramédical, avec des opticiens en blouses blanches, des lunettes considérées comme des prothèses qu’on cachait dans les tiroirs. Alain Afflelou a été précurseur en imaginant la dimension “plaisir” et esthétique du produit.

Concrètement, comment s’y est-il pris ?
Il a sorti les lunettes des tiroirs, a été le premier à vendre des marques et à miser sur une devanture proche de celle d’un magasin de mode, très graphique. En inventant bien plus tard le concept de la deuxième paire à 1 franc et, aujourd’hui, à 1 euro, il a aussi largement fait entrer dans les mœurs l’idée de la multi possession. Désormais, 70 à 75 % des gens ont deux paires de lunettes, ce qui était impensable il y a 15 ans. Afflelou, c’est une innovation constante avec le souci permanent de faciliter la vie des consommateurs.

La méthode n’a pas été apprise en école de commerce…
Non, pas du tout. Alain Afflelou est quelqu’un de très créatif, qui devine les attentes des consommateurs et cherche toujours à anticiper leurs besoins. Pour sa première promotion, d’ailleurs reprise aujourd’hui, il avait eu l’idée de vendre les montures à 50 %. Pour faire connaître l’opération, il avait acheté tous les flancs de bus à Bordeaux ! Un coup de poker qui a très bien fonctionné. Rapidement, d’autres opticiens se sont intéressés à son approche et la franchise Afflelou est née, amorçant ainsi la croissance du réseau.

Comment a-t-il été décidé d’associer l’image de l’homme à la marque ?
Le nom était difficile à prononcer. Alain Afflelou a alors rencontré Jacques Séguéla, qui lui a conseillé d’en faire un atout. C’est ainsi que la première campagne nationale est née en 1985, mettant en scène l’homme et le fameux slogan “On est fou d’Afflelou”. Les Français ont découvert en même temps l’enseigne et le personnage. C’était d’autant plus logique que nous sommes les seuls à avoir un opticien à la tête de la société : à chaque fois qu’Alain Afflelou prend la parole dans nos publicités, c’est en toute légitimité.

Pourquoi avoir mis en place de nombreux partenariats avec l’univers sportif ?
Les valeurs du sport nous correspondent bien. Par exemple pour la Solitaire Afflelou le Figaro, on considère qu’il y a une résonance entre le capitaine d’un bateau et son équipage, et la relation franchiseur/franchisés. De plus, cela nous permet d’être présents médiatiquement pendant l’été, lorsque les gens sont plus réceptifs. L’enseigne est aussi présente dans le football, le tennis… Et ces partenariats ne sont pas gratuits, ils impliquent une véritable déclinaison produit. Nous avons notamment conçu une gamme de lunettes La Solitaire spécialement étudiée pour pratiquer la voile, et nous sommes partenaires licence de la marque Roland Garros qu’on ne trouve que dans nos magasins, avec deux collections très techniques en optique et en solaire. A chaque fois il y a une vraie logique.

Outre l’aspect novateur, quel est votre positionnement ?
Notre philosophie est de rendre le meilleur accessible à tous. Par exemple, les verres progressifs nécessitant une technologie assez complexe, nous avons passé un accord avec les plus grands laboratoires afin d’obtenir un prix forfaitaire et que ces verres soient plus abordables pour tous. Mais attention, nous ne sommes pas des discounters, il ne s’agit pas de casser les prix.

Comment se répartit votre réseau entre franchisés et succursales ?
Volontairement, nous avons seulement une quinzaine de magasins en propre, tous les autres sont des franchises car c’est notre première vocation. Nos succursales sont généralement situées en des lieux stratégiques où la marque doit être présente pour des raisons d’image mais où le pas de porte est parfois trop cher pour un franchisé, comme les Champs Elysées par exemple. Ces succursales nous permettent en outre de faire des tests de politique commerciale ou de produits. Mais nous sommes avant tout la première franchise d’optique en Europe.

Dans quels pays êtes-vous présents ?
Notre deuxième plus gros pays d’implantation, c’est l’Espagne. Nous avons racheté en 2003 les boutiques Carrefour Optique en France et surtout en Espagne, aujourd’hui toutes devenues des franchises Alain Afflelou. Nous sommes aussi présents dans la plupart des pays où la télévision française est vue et donc nos publicités aussi, comme en Belgique, en Suisse, au Liban, au Maroc ou en Tunisie. Ce développement international est une priorité.
Propos recueillis par Julie Deh
Roche Bobois : un groupe haut de gamme et international
Alain Afflelou : innovation et plaisir, les deux font la paire
Maisons du monde : l'invitation au voyage passe par le meuble
Photo : F. Béraud
En chiffres
CA (en millions d'€)
2004/2005* > 292,7 M€
groupe consolidé

2005/2006* > 525 M€
groupe consolidé

*1er mai au 30 avril

807
BOUTIQUES, DONT 122 EN ESPAGNE composent le réseau Alain Afflelou, au 31 juillet 2006.

x 2
C’EST LA CROISSANCE du nombre de magasins en Espagne, ces trois dernières années.

N° 1
C’EST LA PLACE ACCORDÉE à l’enseigne en matière de notoriété spontanée et assistée.
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