Grâce à son
concept innovant du “chic et pas cher”, Bexley a
conquis le marché de la chaussure de luxe pour hommes.
Dynamique et innovante, Bexley, créée par Éric
Botton en 1985, est aujourd’hui leader de la vente en ligne
de la chaussure haut de gamme et compte plus de 165 000 clients
satisfaits. Retour sur le succès de l’enseigne avec
son fondateur.
Comment vous êtes-vous lancé dans
l’aventure
de la chaussure de luxe ?
Éric Botton : Au départ, je n’avais
pas d’expérience dans ce domaine. J’étais
marchand de bien et j’avais quelques connaissances
du monde de la vente par correspondance. J’ai acheté un
local à Lyon, avec pour objectif de me lancer dans
le cachemire et de concurrencer Bompard. C’est finalement
par hasard que je me suis lancé dans la chaussure
de luxe.
Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce marché ?
Je voulais un produit intemporel dont on puisse maîtriser
le développement, de sa conception à sa mise
en vente. Tout le processus de création est fait chez
nous, à part la fabrication, et cela nous garantit une
très grande qualité. Le fait de tout intégrer
nous permet de “sentir” le marché : nous étudions
nos statistiques, nous choisissons les modèles. Nous
restons ainsi à la pointe de la mode et de la demande.
Quel
est votre point fort ?
Depuis 1991, nous avons évolué en terme de prix,
car nous n’étions pas assez agressifs. À l’époque,
nous vendions une paire de chaussures
1 200 francs (environ 180 euros) ; aujourd’hui,
nous vendons deux paires pour 199 euros. C’est presque
la moitié du prix et pourtant les composants restent
les mêmes. C’est un rapport qualité / prix
extrêmement
intéressant, et nous sommes les seuls à proposer
cela.
Vous êtes numéro un de la vente de
chaussures de luxe en ligne. Comment avez-vous abordé l’outil
Internet ?
Lorsque nous nous sommes tournés vers Internet, nous
avions déjà cinq boutiques. Je savais que c’étaient
deux canaux complémentaires et que ce serait un plus
pour l’enseigne. Au départ, Internet était
comme une sorte de catalogue où nous présentions
nos collections et que nous mettions à jour régulièrement.
Et petit à petit, c’est devenu un vrai canal
de vente avec sa structure propre et un véritable centre
de profit : Internet représente 20 % de parts de
marché.
En moyenne, il y a 5 000 connexions par jour sur notre site
français (www.bexley.fr) et 1 000 connexions sur notre
site en anglais (www.bexley.com).
Quelles sont les difficultés
de la vente sur Internet ?
La pointure peut être un frein. En moyenne en France,
les retours pour problèmes de taille sont entre 20 et
25 %. En Suisse et en Allemagne, ils frôlent même
les 40 %. Chez Bexley, nous avons seulement 8 % de retour,
car nous supervisons le développement de la chaussure
de A à Z. Nous vendons nos produits, nous savons donc
qu’un 41 sera un 41 dans toutes les formes. Cela impose
donc une plus grande rigueur de notre part. Les clients le
savent et c’est une façon de les fidéliser.
Comment
se porte Bexley aujourd’hui ?
Nous avons huit boutiques, dont deux à Lyon, une à Annecy
et cinq à Paris. Nous avons 35 salariés, dont
10 au siège à Lyon. Au début, j’étais
tout seul ! Quant à notre chiffre d’affaires,
il a progressé de 30 % par rapport à 2006 et
nous devrions atteindre les 10 millions d’euros de chiffre
d’affaires cette année.
Le secteur de la chaussure haut de gamme n’est pas en
croissance actuellement, c’est un marché difficile.
Mais nous avons su tirer notre épingle du jeu grâce à notre
concept original.
Quelles sont les perspectives de développement ?
Nous avons le projet d’ouvrir des boutiques à Bruxelles
et à Londres. Par ailleurs, nous allons proposer de
nouveaux articles sur Internet, où nous avons plus de
liberté que dans les magasins. Nous allons commencer
par les chemises, un produit encore intemporel. C’est
facile d’en acheter par lot de trois ou de six sans se
tromper. Les accessoires se vendent également très
bien sur Internet, et c’est un axe que nous allons sans
aucun doute bientôt développer.
|