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"Penser global, agir local" |
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GÉrard Atlan,
prÉsident du CDCF.
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Promouvoir un développement propre et durable…
Un engagement incontournable pour les acteurs de la distribution qui doivent aussi faire face à la pression des consommateurs. Entretien avec Gérard Atlan, président du Conseil du commerce de France.
Le développement durable est devenu un axe stratégique incontournable. Pourquoi ? Gérard Atlan : Aujourd’hui, les consommateurs sont de plus en plus informés et donc sensibles aux notions d’éthique, de sécurité alimentaire, de processus de fabrication, de conditions de travail. La relation entreprise-consommateur ne se borne plus à une logique commerciale, elle s’ancre dans une relation de confiance et de garantie, où le consommateur est de plus en plus sensible aux efforts des entreprises.
Les distributeurs intègrent donc ces préoccupations dans leur politique d’achat ou de marketing. Ils s’attachent à commercialiser les marques engagées dans une démarche éthique de leur processus de fabrication. Il suffit de regarder la progression du nombre de produits AB, éthiques et équitables. Sans compter les procédures d’alerte et de retrait dans le cadre de la sécurité alimentaire et plus généralement de la sécurité des produits. Rappelez-vous les jouets Mattel fabriqués en Chine contenant des peintures au plomb très toxiques.
Leur engagement se mesure aussi à travers l’emballage, la présentation du produit ou encore le recyclage… Ainsi, les entreprises les plus performantes dans ce domaine seront promues auprès des consommateurs via des labels, et la communication grand public, obligatoire pour les entreprises cotées sur le marché.
Concrètement, quels sont les domaines sur lesquels le distributeur peut agir ?
Pour paraphraser, je dirais : “Penser global, agir local”.
En pratique, le magasin doit gérer ses déchets, ses économies
d’eau et de plastique, réduire considérablement
ses emballages et optimiser son transport. Dans sa relation au
fournisseur, le commerçant doit installer des codes de bonnes
conduites et exiger qu’il adopte la même démarche.
Sur le plan social, il doit partager tous les principes avec ses
salariés et contribuer à l’égalité sociale.
Sur l’aspect économique, le développement des
filières, la valorisation des produits issus de l'agriculture
raisonnée et biologique, les labels sociaux vont dans le
sens d’une démarche bien pensée de développement
durable.
Quels sont les enjeux pour les distributeurs ?
L’environnement et le commerce sont intimement liés. Nous sommes tous des pollueurs à l’échelle des produits que nous proposons à notre clientèle. Adopter une démarche de développement durable constitue un atout essentiel pour valoriser l’image de l’entreprise. Face à des consommateurs de plus en plus sensibles au “risque collectif majeur” lié à l’impact de l’activité humaine sur l’environnement, ce bénéfice d’image représente aussi et surtout un avantage concurrentiel.
Comment mesurer la crédibilité des distributeurs ? À leur engagement dans les éco-organismes. Dans le domaine du recyclage, fabricants et producteurs sont extrêmement présents, c’est là où ils sont le plus positif et le plus responsable. En effet, ils participent à la gestion de leurs déchets sur 90 % de leurs produits. Éco-emballage pour les emballages, mais aussi les huiles, les pneus, les imprimés non sollicités, dernièrement les déchets d’équipements électriques et électroniques et, à terme, le textile… Il faut valoriser les attentes environnementales des consommateurs. Et pourquoi pas en mettant en place une certification environnementale des produits. Nous sommes tout à fait d’accord pour informer le consommateur de toutes ces volontés écologiques. Mais il appartient à chaque responsable de faire un bilan environnemental de son entreprise pour optimiser son organisation et ses ressources. Et de faire certifier les actions entreprises auprès de certains organismes pour évaluer son engagement dans la notion de développement durable.
L’aspect financier est-il important ?
La mise aux normes d’un magasin dans une démarche d’écodéveloppement coûte très cher. Néanmoins, le commerçant peut s’orienter vers le recyclage ou vers les produits bio… Il faudrait toutefois des incitations fiscales pour le motiver vis-à-vis d’une démarche globale.
Êtes-vous optimiste pour la planète ?
Je suis très optimiste. On ne s’est jamais occupé de ces problématiques avec autant de volonté internationale. Cependant, la pollution française n’est rien à côté de celle des pays émergents, c’est pourquoi l’ensemble du monde doit se mobiliser ! |
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| Propos
recueillis par Gilles Girot |
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| Photo : F. Marigaux |
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| EN
SAVOIR PLUS |
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À
LIRE |
Le Guide de l’ameublement équitable,
Ademe. Le guide est téléchargeable
sur le site de l’Ademe, rubrique Espace
Presse.
Représentations et pratiques de la
consommation engagée, Crédoc,
P. Croutte, F. Delpal, G. Hatchuel, décembre
2006. Cette étude
mesure l’écart entre le
discours et les pratiques en matière
de consommation engagée.
“La consommation engagée s’affirme
comme une tendance durable”, Crédoc,
F. Delpal, G. Hatchuel, mars 2007. Une étude
téléchargeable sur le site du Crédoc.
Dynamique commerciale, n° 107 (janv -fév
2007), L’interview
de Dominique Mignon, directrice du développement
des écosystèmes en charge des relations
avec les partenaires et adhérents sur le rôle
des distributeurs suite à l’adoption
de la D3E.
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À
CONSULTER |
www.novethic.fr
Un site sur l’actualité des entreprises
en matière de développement durable.
Une information utile pour les professionnels comme
pour le grand public.
www.ademe.fr
L’Agence de l’environnement et de la
maîtrise de l’énergie est un partenaire
public incontournable pour les entreprises qui se
lancent dans une démarche de développement
durable.
www.legrenelle-
environnement.fr
Le site du Grenelle de l’environnement.
www.eca-asso.com
Le site de l’association Environnement Commerce
Automobile. |
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