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Produits électriques et électroniques, emballages, piles... Les distributeurs ont acquis un nouveau rôle dans l’économie du recyclage : celui de collecteur.
17 novembre 2006. À l’Assemblée nationale, les députés adoptent la taxe Emmaüs qui doit financer le recyclage des textiles usagés. Au même moment, chez les distributeurs d’électroménager, d’informatique, de matériel hi-fi, c’est le rush. Deux jours plus tôt, la directive européenne relative aux déchets électriques et électroniques (D3E) est entrée en vigueur. Elle place les enseignes dans l’obligation de collecter des équipements usagés sur la base du “un pour un” (un appareil repris pour un appareil similaire acheté).
L’enjeu est de taille : améliorer la performance française qui, avec 2 kg/hab./an de D3E collectés est encore loin de l’objectif européen de 4 kg/hab./an. Et sa réalisation tient du défi, tant structurel que financier. À la Fnac, le coût de la “mise aux normes” est chiffré à 1 million d’euros, incluant le réétiquetage de 10 000 références pour faire apparaître le montant de l’écoparticipation qui finance la filière.
Des filières s’organisent
Cette “mini-révolution”, d’autres secteurs l’ont déjà vécue. Pionnière, la filière “emballages” s’est constituée en 1994, permettant le recyclage de 6,3 millions de tonnes de déchets. Ont suivi les filières piles et accumulateurs, pneus usagés ou véhicules hors d’usage.
Au-delà de leurs spécificités, toutes les filières fonctionnent, peu ou prou, sur le même modèle. Les distributeurs-collecteurs s’adressent à des organismes agréés, à qui ils confient, moyennant une contribution financière, la gestion des déchets collectés. Ceux-ci font appel à des professionnels du retraitement qui les acheminent vers des centres de tri. Là, les déchets sont détruits, envoyés en dépollution, transformés ou réparés. Le réseau d’insertion professionnelle Envie a vendu, en 2006, 65 000 appareils électroménagers rénovés dans l’un de ses 50 magasins.
Une chance pour l’économie solidaire
La vocation environnementale des filières de recyclage se double d’un enjeu social. Sensible pour les D3E, cette dimension est plus prégnante encore dans le cas du textile. La taxe Emmaüs devrait permettre, en effet, la création de 3 à 4 000 emplois nouveaux en faisant passer de 100 000 à 400 000 tonnes le volume de textiles collectés. Aucun chiffre ne vient encore étayer cette estimation, cette nouvelle filière n’étant pas encore opérationnelle… Gageons néanmoins qu’elle posera aux distributeurs de nouveaux défis “durables” à relever.
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