Avec le même concept depuis dix ans, Graine d’intérieur se développe petit à petit. Au programme en 2008 : l’ouverture à la franchise et le e-commerce.
Après avoir fait ses armes chez Fly, Jean-Marc Vauclin a lancé Graine d’intérieur en 1997. La petite enseigne a doublé ses points de vente au cours des cinq dernières années. Pas de “collection” chez Graine d’intérieur qui cherche à surprendre sa clientèle en lui proposant des objets originaux, parfois en séries limitées.
Depuis sa création il y a dix ans, comment a évolué le concept des magasins Graine d’intérieur ?
Jean-Marc Vauclin : Le concept de départ est le même : proposer des produits originaux – parfois des pièces uniques – à un prix abordable, afin que chacun puisse créer son intérieur et non vivre dans un décor standardisé. Aujourd’hui, une partie de nos produits sont faits à la main dans des petits ateliers, les autres sont fabriqués en usine, mais la cible est la même. En dehors des canapés dont le style ne bouge pas trop, nous renouvelons notre offre en permanence. Chaque semaine, nous sortons des nouveautés des cartons. Bien sûr, nous avons évolué car les goûts de notre clientèle ont changé. Il y a quelques années, jamais nous n’aurions pensé vendre autant de noir, de blanc et d’argent, à l’époque c’était la couleur qui dominait.
Comment votre offre est-elle conçue ?
Nous avons une bonne vingtaine de créateurs qui nous suivent depuis le début et, comme nous avons grandi, ils travaillent exclusivement pour nous. Basés en France et en Europe, ils fabriquent des luminaires, des textiles, des cadres, des peintures… Nous n’hésitons pas à sortir de la décoration pure ; un artisan nous a proposé des bicyclettes complètement relookées que vous trouverez bientôt dans nos points de vente.
Où trouvez-vous de nouvelles idées ?
Nous voyageons beaucoup en Asie, en Inde, dans les salons. Comme nous sommes une petite équipe, je suis moi-même acheteur. Enfin, tous les mercredis matin, nous recevons sans rendez-vous des créateurs. Nous avons entre dix et trente visiteurs chaque semaine.
Vous avez le projet d’un mégastore à Paris. N’est-ce pas contradictoire avec le côté intime de l’enseigne ?
Non, car cela n’atteindra pas la taille d’un magasin Ikéa ! Le projet n’est pas finalisé mais ce sera dans un grand immeuble parisien ; on peut très bien aménager des pièces et créer une atmosphère agréable dans ce type d’espace. D’ailleurs, l’un de nos derniers magasins, qui fait 750 m2, reste très convivial. Un bel espace permet de mieux mettre les objets en valeur. On ne veut pas perdre notre côté convivial, c’est important : nous considérons nos clients comme des « invités ».
Êtes-vous en train de vous spécialiser dans le style baroque ?
Non. Il nous arrive de nous spécialiser dans des tendances mais qui sont éphémères. En janvier, nous présentons du mobilier aux lignes très pures, un style scandinave, un peu détourné mais pas du tout baroque. Disons qu’on essaie de mélanger les univers. En fait, Graine d’intérieur est en train de s’assagir ! Actuellement notre site Internet est consultatif et ne permet pas de commander. Comme il est très visité et que nous avons énormément de commandes par téléphone, nous lancerons la cybervente avant la fin 2008. Cette année, nous ouvrirons aussi le premier magasin franchisé. Nous en avons reçu plus de 450 demandes de franchises en 2006 et 2007 ! Mais nous n’étions pas prêts. D’autre part, des projets de Master franchises sont à l’étude, dans les Emirats arabes unis et en Floride.
Quelle est selon vous la clé du succès ?
La passion ! Et celle de l’équipe qui m’entoure. On adore les produits qu’on propose. J’ajoute qu’il n’y a pas de turnover chez nous, je travaille avec la même équipe depuis dix ans, avec bien sûr quelques nouvelles recrues. Créer une enseigne, c’est difficile, mais la faire durer est encore plus difficile. Il faut se remettre en cause, être à l’affût de la nouveauté, chercher en permanence à surprendre le client.
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