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Buzz via internet, placement de produits, second degré :
tout sur ces nouveaux leviers que les distributeurs peuvent
utiliser pour faire « mouche » auprès des
adolescents.
Quel discours adopter auprès des adolescents, cible
volatile, exigeante et peu fidèle, qui se montre extrêmement
critique vis-à-vis de la publicité traditionnelle ?
Par quels canaux atteindre ces clients déconcertants, élevés à la
culture « zapping » ?
L’attrait
du web
« La plupart des campagnes qui ciblent les jeunes passent désormais
par des sites Internet dédiés » analyse Joël
Brée, professeur de marketing à l’université de
Caen et à l’Ecole supérieure de Rouen, où il dirige
la chaire sur la consommation des 0-25 ans.
« Par exemple, l’enseigne de fast food Quick a créé un
site et un clip vidéo consacré à une fausse star de rap,
le chien Hot Dog, afin de promouvoir sa nouvelle offre de hot dogs. » De
l’humour, du rap, une pincée d’Internet… le buzz
a fait le reste : le site a enregistré des centaines de milliers
de connexions et a assuré la notoriété du nouveau produit
auprès de la cible visée, les 15-25 ans. « Autre
réussite : la campagne des stylos Bic, gagnante du trophée
Stratégies du marketing des jeunes en 2007 » poursuit Joël
Brée. Juste avant les épreuves du baccalauréat, Bic a
mis en ligne sur un site, assuralecrit.com, 6 vidéos de « perles » du
bac oral plus vraies que nature. La morale ? Mieux vaut « assurer à l’écrit »,
grâce aux stylos Bic, que de passer les oraux… Campagne d’e-mailing
ciblée sur une base de donnée du résau Skyblog, bannières
vidéos : le site a reçu 160 000 visiteurs entre le
15 mai et le 22 juin 2006 !
Les enseignes de mode ne sont pas en reste. Les Galeries Lafayette
ont également utilisé le marketing viral dès
2004 : pendant un mois, la marque s’est infiltrée
anonymement auprès des jeunes parisiens « in » par
le biais d’un faux site communautaire, street-challenge.com,
avant de se révéler sous la forme de lafayettevo.fr,
trois jours avant l’ouverture de son espace éponyme
dédié aux jeunes. Le buzz a pleinement fonctionné.
Les
messages qui accrochent
Les adolescents se montrent beaucoup plus sensibles que leurs
parents aux valeurs de solidarité et de préservation
de l’environnement : « Pour citer Joël
Yves Le Bigot, qui a créé l’Institut de
l’enfant en 1974, on est davantage les enfants de son époque
que de sa famille » note Joël Brée.
Et l’époque parle de plus en plus de respect de
la nature et de l’humain. Les enseignes porteuses de
ces idéaux sauront donc attirer la nouvelle génération.
Signe des temps, les grandes marques de jeans commencent d’ailleurs à promouvoir
leurs premiers denims équitables.
L’humour reste aussi une valeur sûre pour capter
l’attention des ados. Les clins d’œil, le second
degré les ravissent. Même si Internet les séduit,
la télévision demeure un média très
prégnant pour eux. Exposés à la publicité télévisée,
ils apprécient les messages qui savent les faire rire
et leur « parlent » par des mises en scène
parfois outrancières, propres à leur âge :
ainsi le gel de coiffant de Vivelle Dop, à la fixation « béton » résiste… même
au frottement contre un mur dans le spot imaginé par la
marque !
Autre méthode « clin d’œil » :
le placement de produits dans des films et des jeux vidéos. « Il
est très efficace. Les jeunes l’attendent et s’amusent à identifier
les marques connues, maquillées ou non. Regardez Shrek
2 : lorsque Shrek entre dans le royaume de Far
Far Away, avec l’âne et la princesse Fiona,
ils traversent une avenue – la réplique de Rodeo
Drive à Beverly Hills – bordée de boutiques
dont les noms déformés renvoient à des
enseignes et des marques bien réelles : Gap, Versace,
Starbucks Coffee, Burger
King. Et quand un ado joue à un
jeu vidéo de football, il veut voir les joueurs de son équipe
habillés avec leurs « vrais » maillots,
griffés de leur « vraie » marque » décrypte
Joël Brée.
Les pièges à éviter
Les adolescents (13-18 ans) détestent qu’on leur
parle de manière trop caricaturalement « jeune ».
S’ils apprécient l’humour, ils ne sont pas
encore assez sûrs d’eux pour accepter l’autodérision :
ils ont l’impression que l’on se moque d’eux
ou qu’on les renvoie à l’état d’enfance – qu’ils
fuient. En revanche, la tranche d’âge suivante, les
18-25 ans, se montre suffisamment assurée pour la pratiquer
assidûment : rire à leurs dépens ne
les gêne plus.
Les 13-25 ans se rejoignent pour rejeter aussi unanimement que
massivement les sms à caractère commercial :
s’ils ne les ont pas explicitement recherchés
ou demandés (participation à un concours, etc)
ils les perçoivent comme une violation de leur intimité.
Le jeune qui reçoit un sms le consulte impatiemment
car il s’attend à lire des nouvelles d’un
proche : découvrir un message publicitaire est
extrêmement déceptif pour lui. Leurs portables
leur servent de liens avec leur entourage, pas de canaux pour
la publicité sauvage !
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