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N° 116 Sept. / Oct. / Nov. 2008
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- Carrefour ouvre une boutique bio
- Valérie Renaudin :
"Le merchandising, valeur ajoutée des points de vente"
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Tout l'art de séduire
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- Faire de l’internaute son fidèle ami
- L’encastrable s’impose dans les cuisines
Le merchandising, valeur ajoutée
des points de vente

VALÉRIE RENAUDIN,
COAUTEUR AVEC ANDRÉ FADY ET DANY VYT DU MERCHANDISING, 6E ÉDITION, VUIBERT (2007)

Responsable du master Distribution et relation client à l’université Paris-Dauphine, Valérie Renaudin nous explique ce qu’est le merchandising d’aujourd’hui... et de demain.

Comment définiriez-vous le merchandising?
Valérie Renaudin : Le merchandising recouvre l’ensemble des techniques permettant de présenter et de vendre au mieux dans un environnement commercial stimulant.

Pourquoi est-il devenu si important pour les enseignes ?
Devant la montée de l’e-commerce, les enseignes ont redoublé d’énergie afin de confirmer la valeur ajoutée de leurs points de vente face à des sites très performants. Internet permet en effet de donner les bonnes  informations au bon moment et de faire facilement du cross-merchandising, c’est-à-dire aiguiller le client sur un produit complémentaire de celui qu’il a choisi. Ce qu’il reste aux magasins, c’est le contact avec le produit, qui suscite l’achat d’impulsion, plus difficile à provoquer sur Internet.

Comment le merchandising a-t-il évolué ces dernières années ?
Depuis les années 2000, le category management s’est développé. Il met le fournisseur au centre du merchandising en magasin. Dans la grande distribution, le fournisseur le plus influent devient « category captain » : il intervient sur le merchandising de tout le rayon pour le rendre plus adapté aux attentes des clients. Son objectif devient alors la progression globale de sa catégorie de produits, concurrents compris ! Et c’est efficace : par exemple, Cadbury a travaillé avec Monoprix sur des meubles de devant de caisse, ce qui a permis de quadrupler les ventes de chewing-gums !
Ensuite, les enseignes essaient de plus en plus de reproduire le cross-merchandising en magasin en plaçant des produits complémentaires les uns à côté des autres (des décapsuleurs à côté des bouteilles de bière, des produits détartrants à côté du petit électroménager…).
Enfin, le geo-merchandising s’est généralisé. Les enseignes adaptent ainsi la présentation de l’offre en magasin en fonction des particularités de la zone de chalandise.

Quels sont les nouveaux outils utilisés ?
Les outils évoluent vers l’interactivité. Les enseignes pionnières comme la Fnac utilisent déjà des écrans tactiles ou des vitrines interactives. On voit aussi apparaitre dans la distribution les tags, tatouages interactifs qui renvoient les utilisateurs de téléphone portable vers des sites Internet. Mais ces outils restent encore trop coûteux pour se généraliser.

Quelles sont les conséquences de ces nouvelles tendances sur les magasins et les enseignes ?
Elles montrent que le merchandising permet aujourd’hui de traduire au plus près les valeurs de l’enseigne dans les points de vente. Par exemple, le design intérieur, l’ILV, le mode d’encaissement en self-scanning sans contrôle de la Ferme du Sart (trophée de l’observatoire SCOPS de l’Université Paris-Dauphine) traduisent la volonté de transparence dans la relation avec le client.
Par ailleurs, le merchandising permet aux enseignes d’expérimenter des concepts novateurs dans certains magasins qui deviennent de véritables instruments de recherche et développement. Par exemple, Beauty Monop est devenue l’enseigne test sur les concepts beauté. La centrale reprend ses meilleurs succès sur l’ensemble du réseau Monoprix. C’est grâce à ces magasins pilotes que les enseignes pourront gagner en réactivité pour faire face à Internet.
Propos recueillis par Claire Morel
Photo : Christel Sasso
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