Une course contre
la montre est engagée pour trouver la technologie qui
fera rouler la voiture de demain. Rencontre avec Flavien Neuvy,
responsable de l’Observatoire
Cetelem de l’automobile.
Dans quel contexte se dessine
la voiture du futur ?
L’industrie automobile est à la croisée des chemins. Elle
est confrontée à un défi économique pour proposer
des voitures à des prix compétitifs, et à une contrainte
environnementale toujours plus forte.
Comment en est-elle arrivée là ?
L’extrême volatilité des prix du pétrole,
et des matières premières comme l’acier,
génère un réel impact sur les coûts
d’usage et de fabrication des voitures.
Tôt ou tard, la destinée liée des industries
automobile et pétrolière, qui se sont développées à la
fin du XIXè siècle, va donc toucher à sa
fin.
L’enjeu est donc de repenser la voiture pour trouver la
solution technique qui la fera rouler demain.
Comment les acteurs de ce marché perçoivent-ils
les évolutions de demain ?
Pour l’instant, les constructeurs intensifient la recherche
technologique. Ils explorent de nombreuses pistes sur les plans économique
et environnemental. Mais, malgré des avancées sérieuses,
la voiture propre n’est pas pour demain.
Alors à quoi ressemblera
le parc automobile européen à l’horizon
2015 ?
Notre étude, réalisée en 2008, révèle
une percée notable des véhicules hybrides, qui
afficheraient environ 13 % des ventes de véhicules
neufs. Dans le même temps, les moteurs essence et diesel
représenteront
encore 80 % des ventes. Et malgré la médiatisation
de la voiture propre, le véhicule électrique ne
prendrait que 4 % des parts de ce marché.
Comment l’expliquez-vous ?
Tout d’abord, le monde dispose encore d’une réserve
de pétrole importante, de l’ordre de quarante ans.
De plus, la rotation du parc de véhicules existants sera
beaucoup plus lente. Le parc automobile français, par
exemple, dépasse huit ans d’âge : les ménages
roulent moins et gardent leurs véhicules de plus en plus
longtemps.
Enfin, nous sommes dans une période de “brouillard
technologique”. Aucune avancée ne s’impose
aux yeux de tous, et du consommateur en particulier. Entre l’hybride,
le diesel, l’air comprimé, la pile à combustible
ou encore l’azote, les automobilistes n’y comprennent
plus rien !
D’ailleurs, 43 % des Français déclarent ne
pas savoir du tout à quoi roulera leur prochaine voiture.
Il faut donc s’attendre à voir plusieurs énergies
cohabiter sur nos routes.
Le facteur environnemental joue-t-il
un rôle dans
l’achat d’une voiture ?
Selon notre enquête, la décision d’achat des
particuliers n’est pas majoritairement guidée par
le souci de la préservation de l’environnement.
Mais quand on peut, à la fois, préserver le porte-monnaie
des ménages et l’environnement, c’est un véritable
feu d’artifice ! On l’a vu avec la ruée sur
les voitures “bonussées” qui profitent d’une
incitation financière en fonction des émissions
de CO2.
C’est réellement la prime liée au bonus qui
guide l’achat ! |