L’offre
du neuf, dans l’immobilier, se restructure autour des grandes “marques” du
secteur. Une évolution parallèle à celle
des méthodes de vente. Explications.
On le sait, les situations de crise, de tensions sur les marchés,
sont souvent mises à profit pour innover. Idées
nouvelles, changement d’outils, de méthodes :
l’imagination est au pouvoir pour exploiter chaque opportunité.
Le secteur de l’immobilier n’échappe pas à cette
loi de l’évolution commerciale et tout particulièrement
sous l’impulsion des grands acteurs du marché.
L’arrivée de la notion de marque
“Nous vivons un moment charnière, le retournement du marché est
beaucoup plus brutal que dans les années 1990, relève Jean-François
Gambilla, Président de la Fédération des promoteurs et
constructeurs de France. Cette période va nécessairement déboucher
sur une redistribution des cartes et l’on peut envisager qu’elle
ne se fera pas au détriment de ces grands acteurs. Il est vrai que la
notoriété des sociétés comme Bouygues, Kaufman
and Broad, Cogedim, Nexity, pour ne citer qu’elles, est assimilable à celle
d’une marque, même si cette notion est moins prégnante sur
notre secteur. Or une marque n’est un atout que si elle s’inscrit
dans la durée. La longévité est alors ressentie comme
une sécurité par les acheteurs.”
Dans un contexte indécis, cette réassurance aura
sans aucun doute un rôle déterminant : “Hier,
entre deux programmes distincts, l’un porté par
un grand groupe, l’autre par un nom moins connu du secteur,
la notoriété n’était pas le critère
numéro un de choix — on n’achète
pas du Cogedim ou du Bouygues. Pourtant l’effet marque
n’est pas nul et il sera renforcé dans le climat
actuel.”
De nouvelles méthodes de vente
Mais si le paysage de l’immobilier neuf se modifie pour
répondre aux exigences d’un secteur sous tension,
il est à souligner que les profondes mutations qui
l’animent étaient engagées avant l’impact
de la crise financière : “Les promoteurs n’utilisent
plus le bureau de vente comme seul vecteur de vente, reprend
Jean-François Gambilla. Nous sommes à l’heure
du mix marketing, avec de l’affichage, des pages publicitaires
dans la presse et bien sûr d’Internet. On sait
qu’après avoir vu un panneau dans la rue ou une
annonce dans les journaux, le public se rend sur le site Internet
pour prendre des informations. En fonction des programmes,
entre
40 et 60 % des acheteurs sont passés par le web avant
de prendre un rendez-vous. Ils ont téléchargé des
plans, visionné les visites virtuelles, etc. Mais, in
fine, le contact humain est décisif”… tant
que la contractualisation n’est pas dématérialisée.
En effet, quand il sera possible de signer son contrat de vente
via Internet, la transaction pourra très bien se faire à distance
et le secteur de l’immobilier neuf connaîtra sa
prochaine grande mutation… D’ores et déjà prévue
pour les deux à trois ans à venir ! |