L’IFLS a réalisé pour
Cetelem une étude sur le commerce en France, afin de préparer
les États généraux du commerce en janvier
2009. Entretien avec Bernard Bresson, secrétaire général
de l’IFLS.
Quel est le rôle de l’IFLS
?
L’IFLS est une association qui, depuis 50 ans, permet aux
grandes enseignes et aux industriels de biens de grande consommation,
d’assurer la veille concurrentielle et d’apporter
des réponses aux attentes de leurs clients.
Dans ce cadre, elle réalise et diffuse des études
sectorielles sur l’équipement commercial et les
tendances de consommation. Elle publie chaque mois un baromètre
de la consommation en partenariat avec Cetelem.
Que disent les chiffres de l’étude que
vous venez spécifiquement de réaliser pour Cetelem
dans le cadre des États généraux du commerce
?
Premier constat : le commerce est un secteur diversifié.
Il regroupe le
commerce de gros, de détail et l’automobile. Il
offre donc une large palette de services, à la fois aux
particuliers et aux entreprises. Il se place à la jonction
de l’industrie et du consommateur.
Il correspond à 39 % de la consommation des ménages
avec un chiffre
d’affaires de 1 278 milliards d’euros.
Véritable moteur économique, il constitue une pépinière
d’entrepreneurs et un bassin d’emplois important
par rapport aux autres secteurs de l’économie, puisqu’il
représente 26 % du nombre des entreprises, 19 %
du nombre des salariés et 19 % de la valeur ajoutée
des entreprises du secteur marchand.
C’est aussi un acteur social majeur. Présent partout
en France, le commerce occupe une place essentielle au cœur
de la ville à travers ses associations de commerçants,
ses pôles commerciaux en centre-ville ou en quartier… Il
est proche de la population et participe à l’animation
locale.
Comment voyez-vous ses évolutions d’ici à 5
ans ?
Nous sommes à une période charnière passionnante.
Il n’y a plus un seul
comportement de consommation mais plusieurs.
Le consommateur devient de plus en plus gestionnaire et accède à une
grande quantité d’informations. L’heure n’est
plus à la consommation d’équipement mais
de renouvellement et d’innovation, axée sur le plaisir
et la qualité.
Cela induit évidemment des évolutions majeures
pour le commerce qui a toujours fonctionné par révolutions.
L’e-commerce va continuer à monter en puissance
mais avec un phénomène nouveau. Nous allons sortir
de la période des pure players pour aller vers le multicanal.
Les pure players éprouvent aujourd’hui le besoin
de développer des boutiques et le commerce en dur de s’offrir
une visibilité sur Internet car le consommateur a besoin
d’un mixte.
Autre phénomène : la distinction entre l’achat
de ravitaillement courant et l’achat plaisir, qui va poser
aux hypermarchés la question de l’avenir de
leurs rayons non alimentaires. Je pense, pour ma part, que le
client va
rechercher pour ce type d’achats un grand choix et une
concentration de magasins. La montée en gamme des centres
commerciaux, axée sur une mixité commerces, plaisir
et détente, en témoigne.
Qu’en est-il, selon vous, du secteur de l’alimentaire
?
À mon sens, il y aura deux formats gagnants dans les années à venir :
les moins de 1 000 m2 plutôt urbains, avec l’arrivée
en 2009 de nouveaux concepts tels que Carrefour Contact, axés sur la
proximité,
et les grands supermarchés de 2 500 à 3 000 m2, tendance
déjà amorcée
avec les Super U et les nouveaux Carrefour Market (ex-Champion). Sans oublier
bien sûr le hard-discount qui n’a pas fini de prospérer. |