La commission chargée de réformer l’urbanisme commercial a rendu son rapport final. Jean-Paul Charié, son président, répond à nos questions.
Après avoir facilité l’installation de moyennes et grandes surfaces inférieures à 1 000 m², la Commission chargée de réformer l’urbanisme commercial, présidée par Jean-Paul Charié, député du Loiret, a remis le second volet de son rapport, qui contient des mesures de soutien au commerce de proximité. Dernière étape avant le vote d’un projet de loi.
Pourriez-vous nous présenter l’axe des propositions ?
Jean-Paul Charié : Nous voulons embellir les entrées des villes, revitaliser les halles et marchés, retrouver un équilibre entre les grands magasins et le commerce de proximité qui se rapproche des besoins des habitants… bref : revenir à une économie de proximité en retrouvant une dimension éthique et humaine des relations et des échanges commerciaux. Il s’agit également de renouer avec la mixité dans les fonctions de la ville.
Comment avez-vous préparé ces propositions ?
J.-P. C. : Le comité de mission a rencontré plus de 50 fédérations professionnelles,
des élus (locaux, nationaux et européens) et des entreprises. Pour chacune de nos 18 propositions, un groupe de travail et des copilotes vont monter un cahier des charges.
En quoi consistent les propositions “ nationales applicables au niveau local ” ?
J.-P. C. : Nous avons voulu donner une dimension nationale à des orientations qui seront appliquées localement, afin qu’elles sortent du stade expérimental. En démultipliant les réponses à valeur ajoutée et en dégageant des volumes importants, entreprises et élus trouveront plus facilement des partenaires intéressés et diminueront leurs coûts. Enfin,
ils bénéficieront d’un accompagnement de l’État, en termes par exemple de labellisation,
de communication ou de procédures administratives.
Pour le commerce de proximité, que préconisez-vous ?
J.-P. C. : Pour 300 grandes villes de plus de 30 000 habitants, nous voudrions créer des “quartiers de proximité” avec une supérette et des magasins d’artisanat ou de prestations de services (marchands de journaux, boulangeries, points banque, etc.).
Dans 1 000 villes de moins de 2 500 habitants, nous préconisons la création de commerces
multiservices. Ce sera l’occasion de résoudre la problématique du dernier kilomètre de livraison à domicile grâce à de nouveaux types de relais.
Nous voudrions également que les commerçants indépendants puissent se regrouper au sein de nouvelles unions commerciales professionnelles, que nous estimons à 500.
En matière d’architecture, prévoyez-vous des changements ?
J.-P. C. : En plus de redynamiser 200 entrées de ville en regroupant logements, commerces et services tout en respectant les dernières normes environnementales, près de 200 centres-ville ont besoin de se moderniser alors que d’autres ont besoin de s’humaniser. Pour faciliter la vie des petits commerçants, nous voudrions par exemple mutualiser les livraisons grâce à
200 équipements logistiques. Notre plan prévoit aussi de réhabiliter 200 ensembles de logements au-dessus des commerces, 50 halles et marchés, etc.
Une idée semble également faire son chemin… celle des magasins à loyer modéré. Pourriez-vous nous en dire un peu plus ?
J.-P. C. : Nous voulons créer 500 ensembles de magasins (ou d’ateliers, voire d’entrepôts) à loyer modéré, basés sur le modèle des HLM, afin de faciliter la survie, voire l’implantation, de magasins de proximité, qui ont un véritable rôle d’utilité publique. Ce dispositif est destiné aux artisans ou aux prestataires de service, qui n’ont pas les moyens d’assurer leur présence, pourtant souhaitée, en centre-ville, mais aussi aux artisans du bâtiment, aux dépanneurs ou installateurs afin de leur éviter les heures d’embouteillage ou encore aux créateurs de nouveaux concepts commerciaux qui ont besoin d’un coup de pouce pour les aider à démarrer.
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