Marchés et Perspectives  
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Décoration : les goûts et les coûts
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- Geneviève Lethu met le couvert pour notre plaisir
- Bois et chiffons en action
- Internet met le feu aux enchères
- Les enseignes bricolent mieux !
- Les abonnés et les connexions s'envolent
-Rentrée des clases : 14 millions de consommateurs captifs
- Consommation des ménages
- Activité commerciale
 


Fournitures, livres, vêtements, chaussures, coupe de cheveux, cantine… Les dépenses de la rentrée sont incontournables. Prix cassés ou marques, l’addition réserve des surprises ! En moyenne 1954 francs pour une entrée en 6e. Un marché éphémère très disputé par les magasins.

Une trousse Chipie, un cartable Babar, un sac à dos à roulette Cacharel, une besace Naf Naf, des classeurs Kiliwatch… Les écoliers adorent les marques. L’offensive des pubs dès la mi-juillet, l’influence des copains, le besoin d’identification à une “tribu” sont souvent une épreuve pour les parents, contraints de “négocier” avec leurs chérubins… D’accord pour un stylo encre ou un cartable de marque qui fera au moins deux ans. Restrictions en revanche sur les accessoires, les cahiers et les petites fournitures que l’on achètera plutôt en grande surface à marques de distributeurs.


Papeterie : du simple au décuple !
Selon la Fédération des Familles de France, la liste “papeterie” d’un élève de 6e peut osciller de 61 à 705 F selon les choix. De toute évidence, les grandes surfaces sont plus compétitives : ainsi sur le poste “cartable et fournitures non papetières”, l’économie serait de plus de 200 F par rapport à la papeterie de quartier. Les tendances ? La gibecière traditionnelle représente mais elle voit sa cible se rétrécir… En effet dès la 6e, le sac à dos devient “la référence”, au même titre que l’agenda qui supplante le cahier de textes. Le sac à dos à roulettes (Kiroulette) fait son entrée dans les linéaires. Ainsi que la besace, à l’attention des plus de quinze ans et les mini fournitures, – tout à fait dans l’air du temps –, sensées alléger la charge quotidienne !

Deux tiers du chiffre d’affaires annuel
Promotions, lots, discounts, prix cassés, distribution de prospectus… C’est sur fond de guerre des prix (– 6 % en deux ans) que les enseignes abordent depuis quelques années ce marché éphémère des fournitures scolaires. En quelques semaines elles réalisent plus des deux tiers de leur chiffre d’affaires annuel du rayon. Pas question de rater le coche ! A saisir également, la niche des vêtements de sport… L’entrée en force de marques telles que Nike et Adidas dans les grandes surfaces a fait flamber le poste de 12 % en 1998.

Florence Elman



Rentrée en 6e
Liste annexe des achats obligatoires*

La rentrée des classes ne se limite pas essentiellement à l’achat d’un cartable et de fournitures. L’addition doit aussi inclure : les livres non fournis par l’établissement, c’est-à-dire un dictionnaire, un fascicule d’exercices de langue, un cahier d’instruction civique… (266 F), l’assurance scolaire (110 F), la cantine (341 F par mois en moyenne) et le goûter (4,50 F par jour), la pratique d’un sport (495 F d’inscription annuelle, 83 F de cotisation mensuelle), les frais de garde et d’aide aux devoirs (600 F par mois). Et pourquoi pas un abonnement à une revue (328 F), des cours particuliers, quelques logiciels éducatifs et de l’argent de poche (50 F par mois)… On comprend pourquoi la Confédération syndicale des Familles de France demande un réajustement de l’Allocation Rentrée Scolaire (1600 F par enfant sous conditions de ressources).

* Source Confédération syndicale des Familles de France.


   
3 questions à Catherine Sainz Directeur des études au Cetelem
Quand est “né” l’enfant prescripteur ?
Le phénomène est assez récent. Dans les années 60-70, les produits s’adressaient à la famille dont l’enfant n’était qu’un élément. Dans les années 90, l’enfant devient acteur à part entière dans notre société et acquiert un statut d’exception. Quel que soit le milieu social, les parents lui octroient un budget considérable et l’enfant devient une cible commerciale. Aujourd’hui, même les marques de distributeurs proposent toutes des produits spécifiques pour les enfants…

Quel est le pouvoir d’achat des enfants ?
Énorme ! Il faut dire que les 8-16 ans, pour ne citer qu’eux, représentent un dixième de la population française. Selon l’Institut de l’enfant, leur pouvoir de prescription se situe entre 400 et 500 milliards de francs !

Distingue-t-on des comportements particuliers ?
Oui, selon qu’il s’agisse d’enfants ou d’adolescents et en fonction des tranches d’âge. Les marchés de l’alimentaire, du vêtement, des produits audio, du jouet, de la papeterie et de l’édition sont sous l’influence des 4-6 ans. Pour la tranche des 7-10 ans, s’ajoutent les marchés de la vidéo, du sport, des loisirs et des vacances, de l’équipement, de la maison et de l’hygiène. C’est la tranche où le pouvoir de prescription de l’enfant est le plus fort. Il est suffisamment socialisé pour exprimer un avis argumenté sur les produits et les magasins. Pour les adolescents, les motivations sont différentes. Les 11-14 ans veulent posséder les attributs de leur bande ou “tribu”. C’est l’âge du look. Après 15 ans, au contraire, l’acte de consommation prédomine et devient un acte de socialisation : “j’achète, donc je suis”.
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