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Le contemporain et le moderne enterreront-ils l’ancien ? Designers célèbres et indépendants, Elisabeth Garouste et Mattia Bonetti livrent leurs convictions sur
les tendances de la déco.

De la “Chaise Barbare”, réalisée en 1979, aux meubles pour le catalogue automne-hiver 1998-99 des 3 Suisses, Elisabeth Garouste et Mattia Bonetti déambulent dans l’univers de la décoration depuis vingt ans. Designers reconnus en France et à l’étranger, ils créent et réalisent des objets pour le plus grand nombre ou à tirage limité.

Pouvez-vous retracer l’histoire de Garouste & Bonetti ?
Elisabeth Garouste : Tout a commencé en 1979, une période où l’on ne parlait pas réellement de décoration. C’était l’époque du high-tech, c’est-à-dire des meubles fonctionnels. Mattia Bonetti et moi avons eu envie de créer des produits complètement différents. Nous avons réalisé une première exposition en 1980, qui a fait couler beaucoup d’encre dans la presse parce que nous proposions un style très innovant.

En quoi votre style était-il innovant pour les années 80 ?
Mattia Bonetti : Nous travaillions à partir d’éléments nouveaux sur le marché de la décoration, comme le bronze et la terre cuite. Nous aimions aussi beaucoup le fer forgé ; un matériau qui, aujourd’hui, fait fureur. D’autre part, nous amenions de la couleur. Du jamais vu.

La décoration d’intérieur est très à la mode. Pouvez-vous dater le début de cet engouement ?
E. G. :
Je le situe au début des années 90. Je le relie à la crise économique. L’attrait pour la décoration a succédé à l’intérêt des Français pour la mode vestimentaire. Avec la crise, les gens ont eu tendance à rester chez eux et à développer un certain “cocooning”. Ils ont eu envie d’aménager leur intérieur et de se créer un univers personnalisé dans lequel ils se sentaient bien. Les Français ont alors commencé à acheter des objets pour leur maison. Cette tendance s’est confirmée au fil des années et a été soutenue par les médias qui ont abordé de plus en plus souvent le thème de la décoration. Pour preuve, le nombre croissant de magazines de “déco”.

Les enseignes répondent-elles à cette demande ?
M. B. :
En partie seulement. Il est vrai que beaucoup de boutiques de décoration se sont ouvertes. D’autre part, des couturiers se sont mis à réaliser des objets pour la maison : Kenzo, Christian Lacroix, Castelbajac...

Pourquoi “en partie seulement” ?
M. B. :
Je pense qu’il existe encore un grand vide sur le marché de la décoration, notamment au niveau de l’ameublement. Au Salon du Meuble, je vois beaucoup de copies d’anciens et très peu de meubles contemporains. Il y a encore des places à occuper...

Mais que recherchent vraiment les consommateurs ?
E. G. :
Ils désirent se détacher de leur héritage. Les consommateurs prennent conscience qu’ils ne veulent plus forcément conserver du mobilier de famille, généralement vieillot. Ils ont envie d’échanger l’ancien contre du contemporain, voire du moderne, les couleurs bois contre du fluo, des tons gais et chauds... Ils troquent le style français contre de l’ethnique (Afrique, Asie...). Ils veulent rêver...

La qualité reste-t-elle une priorité d’achat ?
M. B. :
Non, parce qu’elle va souvent de pair avec l’ancien. Avec Ikéa, Casa... les consommateurs ont découvert des meubles et des objets de décoration moins bien fabriqués mais aussi moins chers. Comme les vêtements, le mobilier doit s’user pour être changé plus souvent.

Quelles sont les tendances à venir ?
E. G. :
Le style contemporain va prendre de l’ampleur. Les distributeurs vont devoir renouveler fréquemment leurs collections pour suivre la mode et fidéliser leur clientèle.
Véronique Le Hen

Garouste & Bonetti :  01 43 57 50 07
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Recyclage


Recycler une vieille porte en table basse, transformer un balcon de fer forgé en lampe... Les huit salariés des Compagnons du Détour excellent dans l’art de restaurer et détourner les objets de récupération. Un concept original présenté par Jean-François Lebrun, l’un des deux fondateurs de la société.

Quelle est la vocation des Compagnons du Détour ?
Jean-François Lebrun :
Elle est triple. Artistique parce que nous créons des pièces uniques. Écologique puisque nous recyclons des objets abandonnés. Sociale, enfin, car nous accueillons des personnes en difficulté.

Comment est né ce concept ?

Il vient d’une démarche personnelle. J’aime le mobilier original et je ne peux pas m’empêcher de transformer les objets ! D’autre part, je trouve que nous vivons dans une société de gaspillage et c’est inacceptable.

Quelle est votre clientèle ?
Agés de 35 à 45 ans, nos clients sont issus d’un milieu socio-culturel élevé et disposent de moyens financiers assez importants.

Comment expliquez-vous votre réussite ?
Notre succès passe par l’originalité de notre offre, la qualité de nos produits, des prix raisonnables et la personnalisation de notre fabrication. Cette relation privilégiée provoque un effet de fidélisation…
Barbara Desvilles
 Les Compagnons du  détour :
Les Compagnons du détour : 01 46 28 00 82
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