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Décoration : L'habitat dans tous ses états
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Conjoncture économique favorable et coups de pouce du gouvernement, tout concourt à relancer le marché de l'aménagement de l'habitat.


Un ménage français sur deux réalise chaque année des travaux d'amélioration de son habitat. Fort de ce constat, Michel Mouillart, professeur d'économie à l'université de Nanterre et spécialiste de l'économie immobilière, brosse un tableau de ce marché très prometteur.

Selon vous, comment se structure le marché de l'aménagement de l'habitat ?
Michel Mouillart : Il existe deux principaux compartiments : le petit et le gros entretien. Le petit entretien correspond plutôt au bricolage. Il s'agit d'une série d'infimes opérations que les ménages réalisent dans leur logement, tout au long de l'année : réparer un robinet qui fuit, changer une tapisserie, repeindre un radiateur… Ces travaux coûtent en moyenne aux ménages 3 000 à 4 000 F par an.
Le gros entretien relève davantage de l'investissement parce qu'il entraîne des dépenses élevées et qu'il modifie sensiblement les conditions de logement. Il s'agit, par exemple, de refaire une toiture, repeindre une façade, revoir les sanitaires… Pour cette catégorie de travaux, les ménages dépensent, en moyenne, 30000 à 40000 F par an.

Qui réalise ces travaux d'aménagement ?
Les petits travaux de bricolage sont très fréquemment réalisés par les ménages dans le cadre de leur activité domestique. Les gros travaux sont beaucoup plus souvent effectués par des artisans.

Ce marché des travaux d'aménagement comporte-t-il d'autres distinctions ?
Oui. Nous devons distinguer les propriétaires et les locataires. Sur l'ensemble de l'activité de l'amélioration de l'habitat, les quatre cinquièmes des travaux réalisés le sont par les propriétaires. D'autre part, il s'agit le plus souvent de gros entretien. Nous obtenons un marché qui oppose, d'un côté, les accédants à la propriété qui investissent dans leur logement et, de l'autre, les locataires qui cherchent à améliorer leurs conditions de confort au quotidien en réalisant de menus travaux.

Comment le marché de l'amélioration de l'habitat a-t-il évolué ?
Entre 1990 et 1995, l'économie n'allait pas fort. Le marché de l'amélioration de l'habitat a stagné ou s'est faiblement développé. Il n'a pas régressé car les ménages d'aujourd'hui ne veulent plus vivre comme il y a quarante ans. Aussi, ils effectuent des travaux réguliers dans leur logement. C'est donc un secteur qui a moins souffert que d'autres de la récession économique.
Depuis deux ou trois ans, ce marché reprend des couleurs en même temps que le redressement économique se confirme et que le chômage recule.
D'autre part, de puissantes dispositions publiques viennent contribuer à accroître l'expansion du marché. Je pense notamment à la réduction d'impôts et à la baisse de la TVA. Sur ce dernier point, l'impact attendu est considérable.

"La notion de qualité de l'habitat et des conditions de vie, d'amélioration de l'environnement, d'entretien du logement sont des idées largement répandues chez tous les ménages, affirme Michel Mouillart. Les Français sont devenus exigeants sur leur confort et sur la qualité des matériaux et des travaux. Le logement d'aujourd'hui ne ressemble en rien à celui des années 50. Désormais, les accédants à la propriété veulent un emplacement pour le lave-vaisselle, un ascenseur, un digicode… Ces exigences sont naturelles, logiques, et elles suivent l'évolution de la société en général."

Qu'en est-il de l'opposition entre l'ancien et le neuf ?
Dans les années 50-60, nous nous trouvions dans une culture de construction car les villes étaient très dégradées et la croissance démographique forte. Cette période de construction intensive a permis de constituer un parc de logements qu'il faut désormais entretenir. Aujourd'hui, nous avons presque atteint l'équilibre entre la construction (le neuf) et l'aménagement (l'ancien).

Comment voyez-vous l'avenir ?
Nous sommes sur un marché qui a, devant lui, des capacités d'expansion très importantes. Il bénéficie d'un environnement qui lui est extrêmement favorable.
Propos recueillis par Véronique Le Hen

 
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