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Catherine Sainz, Directeur des études au Cetelem, analyse l’état d’esprit des consommateurs.

Peut-on dire qu’il existe un consommateur européen ?
Catherine Sainz :
Pas encore, mais il est en train de se dessiner. Il existe déjà une consommation européenne parce que l’offre l’est devenue : les mêmes enseignes sont présentes dans toutes les villes.

Quels points vous ont le plus marquée dans cette dernière étude ?
J’ai été étonnée de voir à quel point les contextes économique et historique déterminent les modes de consommation. Les Belges ont une vision positive de la consommation, de même que les Allemands pour lesquels consommer est un acte volontariste où “l’être” l’emporte sur le “paraître”. À l’inverse, les Britanniques sont en quête de statut et méfiants à l’égard de la consommation. Les Italiens expriment des réticences et de la méfiance à l’égard de la consommation ; les Polonais, à la fois de la crainte et de la fascination face à l’irruption du matérialisme occidental. Les Espagnols et les Portugais font primer les bénéfices collectifs (économiques et sociaux) de la consommation sur les bénéfices individuels (réalisation de soi). Les Français ne sont pas loin d’incarner le consommateur européen moyen. Ils s’en distinguent cependant par un fort attachement au plaisir de la consommation et une grande sensibilité à la sécurité alimentaire.

Quel est l’état d’esprit face à l’Europe et à la monnaie unique ?
Les Européens affichent à son égard une conscience moyenne et une confiance mitigée. L’Europe reste aujourd’hui un thème relativement abstrait. Le sentiment prédominant est que la mise en place de l’Euro ne va, au plan quantitatif, rien changer aux modes de consommation.

Comment le crédit à la consommation est-il perçu en Europe ?
Emprunter est devenu un acte courant, intégré dans les modes de vie des Européens. Au-delà, on relève des postures nationales plus ou moins favorables au crédit à la consommation. Les pays les plus favorables sont l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Pologne. Les moins favorables sont la Belgique, l’Allemagne et la France. Les Anglais ont une attitude et un comportement intermédiaires. Mais la majorité des Européens attend une meilleure prise en compte du client, à travers des relations plus personnalisées et plus exigeantes.

Propos recueillis par Elisabeth Berthaud


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