
OGM,
vache folle, listériose, dioxine… Les consommateurs ont appris
à se soucier de l’origine de leurs aliments. En anticipant les
distributeurs gagnent en crédibilité.
Monique Eloit, directrice adjointe de l’Agence française de
sécurité sanitaire des aliments (Afssa), présente le nouveau
maillon du dispositif de sécurité alimentaire en France.
Dynamique commerciale : Quelle est le rôle de l’Afssa?
Monique Eloit : L’Afssa
est une instance publique issue de la loi du 1 er juillet 1998
qui préconise un renforcement de la sécurité sanitaire. Organisme
à vocation scientifique au service du gouvernement, elle exerce
une mission d’évaluation des risques liés à l’ensemble de notre
alimentation. Elle s’appuie sur les compétences et les études
de ses experts, puis émet des recommandations à l’attention
des trois ministères impliqués dans la politique de sécurité
alimentaire (Agriculture, Santé, Consommation). À partir de
là, le gouvernement peut prendre des mesures sanitaires ou faire
évoluer la réglementation. |
Pouvez-vous
dresser un état des lieux de la sécurité sanitaire ?
La situation
n’est pas alarmante… Les produits que nous mangeons sont plus sains
qu’il y a trente ans. Mais la médiatisation des récents problèmes
alimentaires a mis en lumière des processus de production des aliments
en rupture totale avec les images que les consommateurs en avaient.
D’où un intérêt croissant pour les filières traditionnelles, les
produits du terroir, l’agriculture biologique… qui semblent plus
rassurants.
Le risque
zéro est-il accessible?
Non, mais il faut s’efforcer d’y tendre ! Les crises alimentaires
incitent chaque maillon de la chaîne à prendre mieux ses responsabilités.
Le producteur, l’industriel, le transporteur, le distributeur et
même le consommateur !
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Méfiance
dans l’assiette
Selon
l’enquête Ifop/Le Monde réalisée fin 1999, 29
% des personnes interrogées se disent inquiètes
lorsqu’elles consomment du boeuf, 24 % lorsqu’il
s’agit de volaille, 10 % pour le fromage… 60 %
des consommateurs vérifient désormais l’origine
de la viande de boeuf et 49 % celle du poulet.
Et si 34 % considèrent que les problèmes alimentaires
sont “sur-médiatisés”,ils ne sont pas moins de
73 % à plébisciter l’idée d’un label gouvernemental
garantissant l’origine et la sécurité d’un produit.
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Intervenez-vous
dans l’urgence lors d’une “crise alimentaire” ?
Oui
! En période de “crise”, l’Afssa devient un outil d’aide à la
décision pour l’administration qui gère directement la situation
critique.En cas de contamination, par exemple, faut-il retirer
les produits du marché ? Quel est le seuil de contamination
acceptable, au regard de la consommation des produits ou de
leur nature ? Quelles sont les filières concernées ? A terme,
notre ambition est de constituer une immense banque de données
scientifiques sur les risques inhérents à chaque filière alimentaire.
De manière à faire plus de prévention et moins d’interventions
d’urgence. Ainsi, l’Afssa rend public fin avril sa première
étude de fond sur les risques liés à la listeria... |
Florence
Elman
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