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Producteurs
et distributeurs sauront- ils travailler ensemble pour que nos assiettes
tournent rond ? La démarche est amorcée, sous la pression des consommateurs.
De la protéine
en poudre pour les vaches
Selon un sondage Ifop réalisé fin 1999, 44 % des personnes interrogées
citent au moins un aliment comme source d’inquiétude. Les femmes,
les plus de 50 ans, les cadres supérieurs et les professions libérales
sont les plus sensibles à la qualité. 60 % se disent plus vigilants
lorsqu’ils mettent un poulet dans leur Caddie et 68 % affirment
être prêts à changer de lieu d’achat si une enseigne leur proposait
de meilleures garanties sur l’origine et la qualité des produits.
Pourtant, selon les spécialistes,jamais nous n’avons mangé aussi
sain… Un paradoxe ! En réalité, c’est l’opacité de la chaîne alimentaire
qui trouble les consommateurs. Les vaches ne broutent plus l’herbe
des prés, mais absorbent des protéines en poudre, les plats cuisinés
à l’ancienne sortent d’usines high-tech, la poule pondeuse de l’an
2000 produit 300 oeufs dans l’année contre 78 il y a cinquante ans,
la vache laitière fournit 1 000 litres de lait de plus que son ancêtre
née dix ans plus tôt. Du coup, le consommateur perd ses repères
et s’inquiète. Jusqu’où ira cette course à la productivité ? La
qualité, difficilement palpable, n’en prend-elle pas un coup ?
Les distributeurs
s’impliquent en amont
Depuis quelques années – au nom de cette qualité –,les grandes enseignes
de la distribution signent des accords de filière avec le monde
agricole. Objectif : maîtriser les approvisionnements et monter
en gamme. Ainsi Carrefour écoule déjà 2 000 bovins signés du logo
Filière qualité Carrefour (FQC). Les FQC, au nombre de 77 début
2000, devraient passer à 200 à l’horizon 2003. Carrefour a fédéré
35 000 agriculteurs autour de sa démarche.
Les ingénieurs
agronomes à la rescousse
IMême option chez Casino, où les 45 fruits et légumes signés Terre
et Saveur ont enregistré une progression des ventes de 15 à 25 %
sans aucune publicité. L’enseigne n’a pas hésité à y mettre les
moyens : une équipe de cinq personnes, dont deux ingénieurs agronomes,
définit les cahiers des charges et accompagne les producteurs sur
les méthodes de culture. De son côté, Auchan joue le jeu avec des
produits arborant un logo “Agriculture raisonnée”, etc. Les signes
de qualité se multi-plient, les officiels (Label rouge, AOC, Agriculture
biologique…), et ceux créés par les distributeurs eux-mêmes. Le
consommateur ne va-t-il pas finir par s’y perdre ? Un souci d’information
s’impose.
Florence
Elman
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