Dossier : Qualité, sécurité, goût... l'ère du mieux manger

- Du neuf dans le monde de la distribution

- Saadi Lahlou : “je mange donc je suis !”
- E-boutix :l’annuaire Internet des sites agréés par Cetelem
- Pulsat,la sécurité avec Aurore

introduction
- Bio, la ruée vers l'or vert
- La qualité,cercle vertueux entre producteurs et distributeurs
- Le goût : un enjeu marketing
- La sécurité,un enjeu économique et sanitaire !

- Les étiquettes alimentaires mode d’emploi !

- Michel Bras par mets et par vins
-Côté vert le bio et l’authentique
- Hédiard 150 ans d’épicerie fine et pas une ride
-Les places de marché,un nouvel atout en ligne pour le B to B
- Roller: l’esprit ”glisse“ des pieds à la tête
- La consommation des ménages
- L’activité commerciale
 

Jacques Puisais, Directeur honoraire du laboratoire d’analyses et de recherches de Tours, est président de l’Institut français du goût, créé en 1976. Pour lui, le consommateur doit retrouver la mémoire du goût, qui s’est appauvrie.

Dynamique commerciale : Comment avez-vous créé l’Institut français du goût ?
Jacques Puisais : On s’est rendu compte que la voie sensorielle permet d’avoir des appréciations plus justes sur la relation du produit au terroir. J’ai démontré que le terroir l’emporte sur le matériel. Par exemple, le boeuf charolais ou un cépage de chardonnay n’ont pas du tout les mêmes caractéristiques selon le terrain et le milieu. J’ai sorti ma méthode du laboratoire afin de la mettre à la disposition des enfants, des chefs cuisiniers... et des gens du marketing.

Comment le marketing peut-il s’intéresser au goût ?
Le marketing s’y intéresse depuis peu. Il faut se rappeler qu’un aliment possède trois valeurs. La première, nutritionnelle, varie selon les besoins de l’individu. La deuxième, hygiénique, n’a jamais été aussi stricte qu’aujourd’hui (vingt accidents par an en France contre mille aux États-Unis). Les labels de qualité introduits par la grande distribution relèventde cette seconde valeur : lorsqu’une gamme est plus “sincère”, son chiffre d’affaires et les marges du producteur et du distributeur augmentent. Ces deux valeurs sont des “qualités premières” qui peuvent être mises en avant en termes de marketing. Pour la troisième valeur, le plaisir du goût, nous avons affaire à une “qualité seconde”, qui selon moi n’est pas “vendable” mais appartient au registre de l’éducation, et donc ne s’achète pas, mais doit s’apprendre.

Pourtant, le plaisir et l’art de vivre sont vendus...
Oui, et ils représentent des grosses retombées économiques. Mais le goût n’est pas encore à l’origine de ces gains. Si l’on peut reconnaître une réelle amélioration de la qualité des produits et du respect du consommateur, force est de constater que la diversité est en train de disparaître et, dans certains cas, a complètement disparu. L’alimentation s’est banalisée et le vocabulaire gustatif s’est beaucoup appauvri dans les pays occidentaux car il est moins transmis par les parents. J’ai trouvé mille-mots pour désigner les vins, cinq cents pour les fromages, deux cents pour le thé ou le chocolat.
Le Coca-Cola, lui, a au plus trois ou quatre mots ! Il faut donc créer un groupe de “citoyens goûteurs”, capables de décrire l’esthétique d’un aliment, de juger les qualités d’un aliment au lieu de dire simplement “c’est bon ou c’est mauvais”.
Le beau n’est pas un luxe mais une direction à privilégier. C’est mon but.

Propos recueillis par
Christophe Riedel

Identification
Logos en garantie

En France, les quatre identifications officielles et d'origine relèvent de deux organismes publics :
l'Institut national des appellations d'origine et la Commission nationale des labels et des certifications de profuits agricoles et alimentaires.

"AOC" identifie un produit typique avec un lien étroit entre une production et son terroir (vins, fromages...).
"Label Rouge" garantit la qualité supérieure d'un produit. A toutes les étapes du processus de production, il fait l'objet de contrôles sévères en matière de goût et de qualité.
"AB" (agriculture biologique) garantit qu'un aliment est issu d'un mode de production naturel et respectueux des équilibres, où les agriculteurs s'interdisent d'utiliser des produits chimiques de synthèse.
"Atout qualité certifiée" atteste que leproduit possède des qualités spécifiques ou suit des règles de fabrication particulières strictement contrôlées.

Les autres articles du dossier :
Introduction / 1-Bio, la ruée vers l'or vert / 2 - Qualité, le cercle vertueux / 3 - Goût :une éducation à faire / 4 - Les enjeux de la sécurité / 5 - Etiquettes, mode d'emploi

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