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Légitimes
ou non, les peurs alimentaires doivent être “gérées”. La sécurité
est désormais un enjeu économique majeur pour les industriels, les
distributeurs et les pouvoirs publics.
Le risque
zéro, impossible à atteindre
Pour Michel-Édouard Leclerc, “il ne faut pas tomber dans la paranoïa”.
L’enseigne admet avoir retiré de la vente – sans médiatiser les
noms des fournisseurs –, quelque 140 à 150 produits l’an passé,
mais considère ce chiffre tout à fait acceptable.Les enseignes sont
unanimes : “Il ne faut pas tromper le consommateur et lui promettre
un risque zéro… impossible à atteindre.” Affaires alimentaires obligent,
les distributeurs font évoluer leurs cahiers des charges, et deviennent
plus exigeants en termes de traçabilité, de qualité et d'étiquetage.
Mais qui est aujourd’hui en mesure de déterminer les critères définissant
un produit sain ? Les contradictions des experts concernant l’impact
des OGM sur la santé humaine montrent à quel point l’attente des
consommateurs est difficile à gérer. “Pourquoi le seuil de 1,2 %
d’OGM serait-il dangereux et celui de 0,09 % acceptable ?” s’interroge
Michel-Édouard Leclerc suite aux décisions de Bruxelles.
Une parade
: le principe de précaution
Carrefour, conformément à ce principe de précaution, est en train
de monter une filière d’ap-rovisionnement de soja non OGM au Brésil.
Ce soja servira à la fabrication des références à marques propres
et à l’alimenta-tion des animaux des filières qualité Carrefour
(FQC). Une initiative qui marque une avancée majeure en termes de
traçabilité des produits et illustre bien la volonté de l’enseigne
de deve-nir acteur de la sécurité, du champ à l’assiette.En termes
d’image et de chiffre d’affaires, les crises alimentaires laissent
des traces parfois indélébiles. Plusieurs mois après “l’af-faire
Coca-Cola”, 23 % desconsommateurs s’abstiennent encore. Mieux vaut
donc que chacun anticipe et prenne ses responsabilités. Aujourd’hui,
les techniques d’analyse sont si fines qu’elles permettent de détecter
la moindre poussière de matière toxique… sans pour autant faire
systématiquement la preuve que le dosage en question est nocif pour
l’homme. Une arme à double tranchant !
Près de 1
milliard de francs pour la sécurité des aliments
En 1999, le ministère de l’Agriculture a consacré 975 millions de
francs à la sécurité des aliments, effectué près de 55 000 inspec-tions
en entreprises alimentaires et 52 000 en restauration collec-tive.
Au final, 85 682 tonnes de denrées ont été saisies… et 6 mil-lions
de bovins contrôlés. Accroître la traçabilité est une priorité pour
les pouvoirs publics. Ainsi, dans la filière bovine, une
identification obligatoire a été instauré.Chaque
animal est désormais "bouclé" (on lui attribue
un numéro), et doté d'un document sanitaire d'accompagnement.
Le contrôle:
des abattoirs aux linéaires
A l'abattoir, les inspecteurs contrôlent la conformité des carcasses.La
chaîne se poursuit dans les entreprises de transformation agréées
par les services vétérinaires,et dans les linéaires où la marque
de salubrité apposée sur l'emballage atteste de la qualité sanitaire
du produit.La création en 1999 d'une nouvelle instance publique,l'Agence
française pour la sécurité sanitaire des aliments, va aussi dans
le sens de cette volonté de renforcement de la sécurité alimentaire.
Florence
Elman
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