Une
table trois étoiles et une hôtellerie qui joue les synergies locales…
Telles sont les spécificités de l’enfant de Laguiole.
Sur les hauteurs
du plateau de l’Aubrac, dans l’Aveyron, Michel
Bras concocte pour ses hôtes des plats fins et originaux,
tels que le gargouillou de jeunes légumes, ou la pièce de boeuf
de l’Aubrac à la braise… Il les accueille aussi dans son hôtel
de charme. Une réussite par le “haut de gamme”, intimement liée
à la région.
Cynamique
commerciale : À quand remonte la création de l’enseigne Michel
Bras ?
Michel Bras : Je suis un enfant du pays de l’Aubrac. Mon père
était maréchal-ferrant et ma mère a ouvert un res-taurant ouvrier
à Laguiole. Je l’ai repris en 1975. Véritable autodidacte, je
fonctionne au “feeling”. Gault-Millau m’a reconnu dès 1978. Puis
Michelin m’a offert ma première étoile en 1982, la deuxième en
1987 et la troisième en 1999. J’apparais également dans Relais
& Châteaux.
Comment
votre entreprise a-t-elle évolué au fil des années?
La principale évolution correspond sans doute à notre déménagement.
Après l’obtention de mes deux premières étoiles au Michelin, j’ai
estimé que la prestation hôtelière ne correspondait plus à celle
du restaurant. En 1992, j’ai décidé de déménager à sept kilomètres
de Laguiole pour pouvoir créer une structure conforme à mes idées
et à celles de mon épouse. Nous avons fait construire une maison
de granit clair, à la fois contemporaine et traditionnelle. À
l’image de notre région.
Comment
définiriez-vous votre cuisine ?
C’est une cuisine d’émotions. Je n’ai pas d’interdits. Mes plats
partent dans tous les sens, au gré de mon inspiration. D’ailleurs,
mes menus changent chaque jour. Toujours très proches de la terre.
Quelle
est votre principale source d’inspiration ?
L’Aubrac, bien sûr ! Je possède le “goût de l’Aubrac”. C’est mon
creuset, c’est sur ce lieu que s’est forgé mon sens de langue
et de nez, là que mes mains ont appris à toucher. C’est de ces
ciels plombés parfois troués d’un faisceau de lumière qu’est née
l’ombre noire de mon filet de lotte. Granit, basalte et croûte
de pain brûlé ne sont-ils pas de la même veine ? Quant à mon gargouillou
de jeunes légumes, n’est-il pas l’émanation du végétal jaillissant
à la belle saison ? Il faut un peu de folie et beaucoup de liberté
pour risquer d’autres visions, d’autres saveurs… Alors, dans ma
maison, lorsqu’un hôte contemple son assiette en silence, lève
les yeux vers la nature complice, sourit, salive et mange avec
jubilation, je sais qu’il discerne un fragment d’univers que j’ai
perçu. Il pénètre dans le monde que j’ai, ici et aujourd’hui,
créé par mets et par vins…
Selon
vous, quelle est la clé de votre succès ?
Toute cette cohérence et cette osmose entre le pays, le lieu,
la cuisine, nos prestations… D’autre part, je joue la carte des
synergies locales en pro-posant chez moi des produits de la région
: cou-teaux Laguiole, couverts, linge… Tout cet ensemble sonne
vrai et juste. La clientèle y est très sensible.
Comment
fonctionnez-vous en interne ?
Personnellement, je suis au four et au moulin. Mon épouse m’assiste
beaucoup, ainsi que mon fils et ma belle-fille. C’est une entreprise
familiale. Je n’ai pas embauché de spécialistes en marketing,
en communication ou en commercial. Comme pour ma cuisine, je préfère
fonctionner avec mes sens et mon instinct.
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Michel
Bras en chiffres
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52 salariés.
• 14 000 couverts durant les sept mois d‘ouverture,
d’avril à fin octobre.
• 260 F, 490 F, 750 F : prix des menus.
• 15 chambres.
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De 900 F à 1 850 F : prix des chambres.
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100 F : prix du petit déjeuner.
Chiffre
d’affaires moyen en 1999 (en millions de francs) : 16
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Avez-vous
adopté une politique de communication particulière ?
Non. Pour moi, la meilleure des communications reste le “bouche-à-oreille”.
J’ai créé un site Internet que je complète peu à peu. Il y est
beaucoup question de l’Aubrac, de l’actualité saisonnière, de
la nature, de ma cuisine, des services dont disposent mes hôtes…
Sans oublier des informations très pratiques pour venir nous voir.
J’ai voulu un site convivial et esthétique avec lequel je tente
de communiquer mon “goût de l’Aubrac”. Les internautes peuvent
réserver en ligne une table ou une chambre et commander des produits
du terroir ou des articles locaux. Enfin, les transactions et
les paiements sont sécurisés par Télécommerce.
Vous recevez
une clientèle du monde entier. Envisagez-vous d’exporter votre
nom à l’international ?
Aujourd’hui, je n’y pense pas. J’ai envie de me préserver.
Quels sont
vos projets ?
Le développement de produits en agroalimentaire. Je vais créer
des mets qui me ressemblent comme le biscuit au chocolat. Ils
seront distribués dans plusieurs points de ventes en France..
Propos
recueillis par Véronique Le Hen
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