Avec
une multitude de produits biologiques et naturels, Côté Vert lance
le “bio marché”.
Variété des
produits, saveur et qualité, diminution des marges… La jeune enseigne
Côté Vert grignote doucement mais sûrement le marché du bio. Découverte
d’un nouveau concept de supermarché bio par Pascal Vandermaesen,
son fondateur.
Dynamaique commerciale : Quelle est votre définition du bio ?
Pascal Vandermaesen : Un produit bio est cultivé sans engrais
chimique ni pesticide de synthèse. Il est transformé et packagé
sans ajout de substance de synthèse.
Pourquoi
vous êtes-vous lancé dans le bio ?
Passionné d’authenticité et gourmet de nature, j’aime les produits
alimentaires naturels et goûteux. Or, je ne les trouvais pas dans
les boutiques bio existantes. Ces magasins proposent surtout des
gélules diététiques. J’ai donc décidé de combler le vide.
Quand votre
aventure du bio a-t-elle commencé ?
Il y a quatre ans, j’ai créé un magasin test à Paris. Comme il
a très bien fonctionné, j’ai ouvert un second supermarché bio
en 1999, toujours dans la capitale.
Quels articles
proposez-vous ?
Nous privilégions l’alimentation mais nos visiteurs trouvent aussi
des produits de beauté, pour l’entretien de la maison et pour
les animaux.
Quels sont
les principaux objectifs de Coté Vert ?
Nous voulons faire découvrir à nos clients l’alimentation biologique
dans ce qu’elle a de meilleur. S’inspirant des standards optimaux
de qualité de la distribution traditionnelle, Côté Vert s’est
fixé deux objectifs primordiaux : la saveur et la fraîcheur de
ses produits… afin d’offrir un super-marché riche en couleurs,
en parfums et en odeurs.
Les consommateurs
sont-ils prêts à acheter bio ?
Outre notre rôle de distributeur, nous avons entrepris une réelle
démarche pédagogique auprès du grand public qui, par réflexe et
par habitude, s’attache trop souvent à l’aspect esthétique des
aliments. Or, l’une des règles essentielles de l’agriculture biologique
est de laisser la nature s’exprimer.Il est donc tout à fait normal
de trouver des tomates qui ne sont pas tout à fait rondes, des
auber-gines moins calibrées, des oranges sans la peau lisse et
brillante… C’est notre “label bio”.
Quels sont
vos points forts par rapport à la concurrence ?
Nous
avons une offre presque comparable au secteur traditionnel, en
termes de diversité de produits, notamment dans le frais (fruits,
légumes…). Notre rayon vins bio est également très important avec
une centaine de références. Une autre particularité : notre boulangerie.
Nous avons installé dans le magasin un fournil dont l’espace ouvert
dévoile l’atelier du boulanger. Spécialement formé aux techniques
bio, il pétrit lentement puis laisse “pousser” la pâte (durant
environ trois heures) avant de façonner les pains du jour.
| Coté
Vert en
chiffres |
|
•
2 supermarchés.
• 10 points de vente prévus d’ici 2002.
• 8 salariés par magasin et 4 au siège.
• Une
centaine de nouveaux emplois prévus d’ici deux ans.
•
100 fournisseurs.
•
300 m 2 : surface d’un magasin
Chiffre
d’affaires moyen en (en millions de francs)
|
|
Les produits
bio restent chers. Comment Côté Vert se positionne-t-il dans le
domaine des prix ?
Nous réussissons à proposer des prix moins élevés que nos concurrents,
tout en restant 20 à 30% plus cher que l’alimentation traditionnelle.
Ce surcoût est un gage de notre authenticité parce que les modes
de production de l’agriculture biologique représentent un lourd
travail pour des rendements faibles.
Comment
arrivez-vous à tirer les prix vers le bas ?
D’une part, nous allons chercher nos produits directement chez
les fabricants. Nous avons donc supprimé les grossistes. D’autre
part, nous avons adopté un mode de distribution avec des rotations
élevées afin d’éviter le gaspillage, notamment sur les produits
frais. Ce système nous permet de diminuer nos coûts pour faire
bénéficier nos clients des meilleurs prix.
Quels sont
vos projets ?
Nous allons couvrir des gammes peu déclinées en bio comme les
plats cuisinés et festifs, les desserts…
Propos
recueillis par Élisabeth Berthaud
|