Dossier : La distrib' communique  

C&A la joue branché en clockhouse
IKEA inaugure une plate-forme de stockage géante près de Metz

Patrick d’Elme
" Des évolutions plutôt que la révolution"
La Carte Aurore fait sa pub !

Introduction
1 La surprise attire toujours le chaland...
2 Télévision : notoriété à défaut de publicité
3 Médias : beaucoup de bruit pour vendre
4 En sport, les publics aiment les partenariats qui ont du sens
5 Journaux, mags, catalogues...
Les enfants de la distribution...

H & M, la mode au meilleur prix
Feu Vert garde le pied à fond sur l'accélérateur
Brigitte France embellit la maison sur commande
WEB et EDI : le binôme gagnant
Des lunettes plein la vue
La consommation des ménages
L’activité commerciale
 
Télévision, parrainage, éditions...

Le magasin est le premier support de communication des enseignes. Il est aujourd’hui au cœur de la bataille économique.
Le point avec Jean-Louis Azizollah.

Depuis une dizaine d’années, le travail sur l’identité du point de vente complète la communication traditionnelle des enseignes. Présentation de ce concept de "l’être" par Jean-Louis Azizollah, président de l’agence de design global Carré Noir *.

Quels sont les grands axes de communication de la distribution ?
Jean-Louis Azizollah : Il faut distinguer deux composantes. Un axe traditionnel – affichage, messages radio, prospectus... – qui permet de s’adresser aux consommateurs, de développer un discours, une promesse, et un axe plus novateur, en expansion depuis une dizaine d’années, centré sur le concept d’identité propre à une enseigne, un rayon. C’est ce que j’appelle la communication sur "l’être", avec sa panoplie de signes de reconnaissance.

Il s’agit de valoriser l’offre ?
Pas seulement. Les enseignes doivent mettre toutes les chances de leur côté pour être vues et comprises. Les couleurs, les formes, le vocabulaire... sont les principales composantes de cette forme de communication. Aujourd’hui on observe deux tendances. Soit le point de vente s’efface pour valoriser l’offre (80 % des points de vente). C’est le cas des magasins Inès de la Fressange, que Carré Noir vient de repositionner, où l’idée a été de créer un écrin de qualité et de sobriété dans lequel les produits tiennent le devant de la scène. Soit, inversement, lorsque l’offre est commune à plusieurs enseignes (livres, disques, CD-Rom, téléphones mobiles...), il faut théâtraliser le point de vente pour se différencier de la concurrence. C’est dans cet esprit que nous avons créé les boutiques de Bouygues Telecom, avec une mise en scène,des vendeurs et des clients "acteurs", des codes qui relèvent du spectacle...

Comment évolue la grande distribution dans ce contexte de communication sur "l’être" ?
La France est un des rares pays à avoir dans ses hypermarchés une offre aussi large sous le même toit. D’où des difficultés à personnaliser le concept dans son ensemble. On travaille en revanche de plus en plus sur des espaces ou des gammes de produits qui ont besoin d’un concept d’identité, tels que l’espace Leclerc Textile ou le Manège à Bijoux...

Ne s’oriente-t-on pas vers un “plan concept”, complémentaire du "plan média" ?
Tout à fait ! Aujourd’hui le point de vente ne doit plus être figé. Le concept et les marques sont des éléments vivants qu’il faut nourrir, enrichir. Carré Noir ne livre plus une simple "coque de magasin" mais aussi un suivi dans le temps. Car le magasin de demain est évolutif sur le court terme.

*Carré Noir : 90MF de CA, 110 personnes, 12 000 packagings et 100 concepts de magasins créés.

Propos recueillis par Florence Elman

Les chiffres
Les responsables de magasin jugent l’efficacité des plans médias
1/3 de publicité, 1/3 de promotion et 1/3 d’animation sur le lieu de vente, tel est – selon un sondage LSA/Sofres réalisé fin 1999 auprès de 284 responsables de magasin – le plan média idéal pour entretenir la notoriété d’une marque. Un produit en phase de lancement ou en perte de vitesse devra quant à lui consacrer au moins 50 % de son budget à la publicité média, 25 % aux animations, 25 % aux promotions. "Quels sont les médias les plus efficaces pour faire connaître une marque ?" La télévision arrive en tête de liste avec 70 % de réponses positives. Viennent en suite au second rang l’affichage, la radio et la presse magazine. Puis les outils plus opérationnels tels que le couponing, le marketing direct ou Internet, moins plébiscités.