Dossier : La distrib' communique  

C&A la joue branché en clockhouse
IKEA inaugure une plate-forme de stockage géante près de Metz

Patrick d’Elme
" Des évolutions plutôt que la révolution"
La Carte Aurore fait sa pub !

Introduction
1 La surprise attire toujours le chaland...
2 Télévision : notoriété à défaut de publicité
3 Médias : beaucoup de bruit pour vendre
4 En sport, les publics aiment les partenariats qui ont du sens
5 Journaux, mags, catalogues...
Les enfants de la distribution...

H & M, la mode au meilleur prix
Feu Vert garde le pied à fond sur l'accélérateur
Brigitte France embellit la maison sur commande
WEB et EDI : le binôme gagnant
Des lunettes plein la vue
La consommation des ménages
L’activité commerciale
 

Interdite aux distributeurs sous sa forme classique depuis la loi du 30 décembre 1986, la publicité télévisée reste pourtant le support de notoriété privilégié des enseignes. Sponsoring, parrainage, interprogrammes, jeux... Les distributeurs ne cessent d’innover pour accéder au sacro-saint petit écran.

Avantage pour les “producteurs majoritaires”
Les enseignes sont nombreuses, aujourd’hui, à penser que la législation française est bien rigide. En effet, contrairement à la majorité des autres pays européens, la France – afin de préserver les recettes publicitaires de la presse écrite et de la radio – prive les distributeurs de publicité à la télévision, à moins qu’ils ne soient des "producteurs majoritaires". Un statut pour le moins flou qui génère inégalités et polémiques. Ainsi, en 1999, lorsqu’Ikea apparaît à l’écran sous l’identité "Ikea of Sweden" – arguant d’une unité de production en Suède –, la campagne est immédiatement contestée par l’Union des industriels de l’ameublement qui réclame des preuves. Les produits vendus dans les magasins sont-ils bien produits en majorité dans cette usine ? Une question que l’on pourrait aussi poser à Kookaï, Gap, Afflelou et bien d’autres.

Le parrainage au secours des distributeurs
Mais, dans les années 90, le parrainage console les distributeurs non “producteurs majoritaires”. Régi par un décret de 1992, il se définit comme "la contribution d’une entreprise ou d’une personne morale – n’exerçant pas d’activités télévisuelles ou de production d’œuvres audiovisuelles – au financement d’émissions télévisées, afin de promouvoir sa marque, son nom, son image, ses activités ou ses réalisations".
Un moyen légal pour les distributeurs d’apparaître sur les petits écrans. Selon Sécodip, ils sont 44 à y avoir recours en 1998, générant pas moins de 30 000 passages à l’écran.
Ainsi, le réseau des magasins But a très tôt associé son nom à l’émission "Le Juste Prix" (dont il possède le nom!), Darty à la météo...

Priorité à la communication institutionnelle
Quelle différence avec la "pub" ? Le parrainage est une communication institutionnelle ou de notoriété. Impossible, donc, de montrer des produits ou des services, seuls les signes distinctifs (logos, sigles...) sont autorisés et le message sonore ne peut en aucun cas s’apparenter à un slogan publicitaire. Une nuance parfois délicate à saisir.
Ainsi Continent s’est vu refuser "L’achat gagnant" qui, en positionnant l’enseigne par rapport à des concurrents, évoquait trop le slogan publicitaire.
Pourtant, avec un passage moyen de 5 secondes toutes les 10 minutes, et une incrustation (discrète) dans un angle de l’écran, le parrainage n’est parfois pas si éloigné de la publicité.
Seules les émissions politiques et les journaux télévisés, au nom du pluralisme et de l’honnêteté de l’information, en sont exclus.

L’interprogrammes, avatar lucratif du parrainage
Variantes du parrainage, les émissions interprogrammes,
en dépit de leur prix – 10 à 20 millions de francs les 90 secondes –, ont le vent en poupe...
En 1999, 24 marques, dont 7 distributeurs (3 Suisses, Intermarché, Intersport, Jardiland, Leclerc, Leroy Merlin et Marionnaud), ont opté pour ce mode de communication. Le principe ? Une émission courte – 60 à 90 secondes – financée par un distributeur et conçue sur mesure par une chaîne de télévi-sion. Le contenu ? À défaut de décliner une offre, l’émission interprogramme communique sur le métier ou le secteur de l'annonceur. Par exemple, "Du côté de chez vous" pour Leroy Merlin ou "Boum" pour Leclerc...
Avantage pour l’enseigne ? Elle achète au passage le droit d’exploiter le contenu dans des produits dérivés : vidéos, rediffusions projection de "Boum" dans les magasins Leclerc), magazines...

La distribution en ligne brouille les cartes
L’accès de la distribution à la pub TV via ses sites Internet sera-t-il effectif au 1er septembre 2000 ? C’est en tout cas ce que le Conseil supérieur de l’audiovisuel a annoncé en début d’année, considérant les activités des sites Internet comme "un secteur économique nouveau et spécifique". Une décision un peu rapide qui a soulevé un véritable tollé du côté de la presse quotidienne et régionale, de l’édition et du cinéma qui craignent une redistribution des investissements en faveur du petit écran. Il est vrai qu’avec 4 spots en 1997, 48 en 1998 et 157 en 1999, la publicité TV pour les services Internet explose et, plus que jamais, les distributeurs sont dans les starting- blocks. Le Conseil d’État saisi par plusieurs syndicats professionnels devra trancher avant la rentrée.

Florence Elman

En savoir plus
A lire
et à voir

• "Enquête sur le parrainage 1998-1999"
"Internet, intranet et communication Corporate : état des lieux et perspectives" (Janvier 2000)
publiés par l’Union des annonceurs
53,avenue Victor Hugo
75116 Paris
Tél. : 01 45 00 79 10
Site Internet :
www.uda.fr

 Conseil supérieur de l’audiovisuel
30, quai André-Citroën
75015 Paris
Tél. : 01 40 58 38 00
Site Internet :
www.csa.fr

• Institut du commerce et de la consommation
8,Place d’Iéna
75783 Paris Cedex 16
Tél. : 01 44 34 69 40

• Libre-service Actualités (hebdomadaire)
12 - 14, rue Méderic
75815 Paris Cedex 17
Tél. : 01 56 79 43 00
Site Internet :
www.lsa.fr

 Adetem (Association pour le développement des techniques de marketing direct)
221,rue Lafayette
75010 Paris
Tél. : 01 40 38 97 10

 Fédération nationale de la presse française
13,rue Lafayette
75009 Paris
Tél. : 01 53 20 90 50

• Secodip (Société d’études consommation-distribution- publicité)
2,rue Francis-Pedron
78241 Chambourcy
Tél. : 01 30 74 80 80
Site Internet :
www.secodip.com



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