Rencontre avec ... 

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Patrick d’Elme
" Des évolutions plutôt que la révolution"
La Carte Aurore fait sa pub !

Introduction
1 La surprise attire toujours le chaland...
2 Télévision : notoriété à défaut de publicité
3 Médias : beaucoup de bruit pour vendre
4 En sport, les publics aiment les partenariats qui ont du sens
5 Journaux, mags, catalogues...
Les enfants de la distribution...

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L’activité commerciale
 

Pendant dix ans, Patrick d’Elme a été conseiller en communication auprès de plusieurs enseignes. Il fait le point sur trente ans de distribution.

Marché émergent dans les années 60-70, la grande distribution est, trente ans après, arrivée à maturité. Retour sur les décennies qui ont changé son image avec Patrick d’Elme, président de BBDO Corporate.

Dans les années 60-70, les enseignes sont très présentes dans la presse quotidienne régionale. Pourquoi ?
Patrick d’Elme
: C’était le média de proximité à forte audience. Logiquement, elles y ont fait beaucoup de publicité.
De plus, afin de préserver les investissements publicitaires dans la PQR, les distributeurs se sont vu interdire la publicité à la télévision.

Quels ont été les effets de cette restriction ?
Sur le moment, nuls, car la télévision n’était pas encore un média important. Les magasins ont plutôt renforcé leur présence dans la presse, l’affichage, la radio, et inventé un nouveau support de communication : l’imprimé. L’édition représente une véritable nouveauté dans la communication commerciale. Elle est créée par la grande distribution, se répand rapidement à tous les types d’enseignes au niveau local, national, puis international.

Quel bilan tirer de cette période ?
Les enseignes ont appris à exploiter les contraintes, à créer et développer leurs activités là où on leur laissait la porte ouverte. Ce que l’on peut encore constater aujourd’hui avec la télévision. Malgré une interdiction qui date, les enseignes ont fait leur entrée sur le média le plus populaire et le plus puissant en occupant les espaces non publicitaires qui leur permettent de communiquer sur l’image.

Quelles révolutions la distribution a-t-elle connues en matière de communication?
Je parlerai d’évolutions plutôt que de révolutions... Les nouveaux géants – résultats de récents regroupements – ont un besoin de communiquer important. Leurs budgets publicité et communication ont explosé, entraînant des répliques immédiates de la part des concurrents... Ce qui a influencé les relations avec la presse. Il y a dix ans, la presse relatait les combats de la grande distribution dont le client était bénéficiaire : publicités comparatives, épargne, assurances, voyages... Aujourd’hui, les enseignes sont évoquées à travers des discours financiers : les concentrations, l’actionnariat...

Et concernant les actions de communication à proprement parler ?
La nouveauté vient du marketing des magasins qui évolue vers ce que l’on appelle les "univers" ou les "marchés". On n’a plus de rayon couches pour bébé, mais un univers bébé avec les couches, la layette, les poussettes, la nourriture... De la même façon, les catalogues sont conçus par univers.

Cette évolution est-elle valable pour tous les produits ?
Non, cette notion a ses limites. Elle est valable pour le bébé, pour lequel il existe un vrai univers , ce qui n’est pas applicable à tous les produits. Faut-il mélanger les aquariums et le Canigou au nom de l'univers animalier ? À l'évidence, non. Pour la distribution, le challenge reste toujours le même : satisfaire ses clients non seulement par des prix bas et des produits attendus, mais aussi en organisant son économie de temps qui est son bien le plus rare.

Propos recueillis par Stéphane Guichard