Les "magasins de nouveautés" apparaissent au début du XIXe siècle. Initialement dédiés à la toilette féminine, ils élargissent peu à peu leurs rayons à toutes les familles d'articles associées aux rôles de la femme.
Des "magasins monstres" aux "grands magasins"
En effet, au cours du XIXe siècle, la notion de
“nouveauté” évolue. Apparaissent les nouveautés pour hommes
et pour enfants, ainsi que tous les produits indispensables
à la maîtresse de maison pour assurer son rôle domestique. L’équipement
de la maison – de la mercerie aux ustensiles de cuisine –, fait
son entrée dans ce que l’on appelle à l’époque “les magasins
monstres”.
Plus tard encore, toujours dans le sillage de l’émancipation
de la femme, “les grands magasins” tiennent compte des nouveaux
rôles des femmes, – culturel ou social –, liés à des activités
hors domicile.
Les rayons sport, parfumerie, bagages, loisirs… émergent.
À la fin du XIXe siècle, La Société française des
nouvelles galeries réunies (créée en 1861), lance ses premiers
Grands bazars… Le terme “bazar” est alors utilisé pour désigner
une offre très large.
L'invention de nouvelles méthodes commerciales
En 1869, l'ouverture de l'enseigne Au Bon Marché révolutionne
le commerce de détail et inspire le monde entier.
Premier grand changement : l'avènement des comptoirs à prix
fixes… Finie l'ère des petites boutiques sans concurrence qui
ont tendance à faire les prix "à la tête du client". Les grands
magasins ne cachent pas les prix, au contraire !
Les catalogues, la vente par correspondance et les références
bon marché donnent un élan nouveau à la consommation.
La bourgeoisie de province - comble du chic -, peut passer commande
ou même se faire envoyer à domicile des échantillons d'étoffes.
Durant plus d'un siècle, les grands magasins seront des foyers
d'innovations perpétuelles. Publicité, promotions, vitrines…
Les audaces sont au rendez-vous et payantes !
Dès 1926, le BHV
abandonne son offre généraliste et affiche sa vocation de grand
magasin au service de l'aménagement et du confort de la maison…
La grande distribution détrône le multispécialiste
Le Front populaire, les congés payés et la semaine de 40 heures
génèrent un nouveau marché : les loisirs. L'image du grand magasin
multispécialiste s'impose… Mais ces trente dernières années,
l'avènement de la grande distribution fait de l'ombre aux précurseurs.
Si les grands bazars du XIXe siècle ont bel et bien
vécu, il en est tout autrement pour les grands magasins qui,
en se recentrant sur la maison et l'habillement (voir encadré),
ont réussi leur reconversion.
Noémie
Ponsort |
|
|
Réorganisations
La
réussite au rendez-vous
|
|
Après un demi-siècle de déclin et de nombreuses
fermetures, les grands magasins retrouvent enfin
le chemin de la croissance. Selon le Centre d'observation
économique, en 1999, leurs ventes ont augmenté
en valeur de 3,4 % contre 2,8 % pour les hypermarchés.
Un résultat lié à la reprise de la consommation,
mais aussi à une réorganisation de fond. Pour
lutter contre les spécialistes et la grande distribution,
les dinosaures du siècle passé se recentrent.
Les Galeries
Lafayette suppriment le rayon bricolage, et
diminuent de 20 % le nombre de références. Le
Bon Marché, quant à lui, tire un trait sur l'électroménager.
Désormais, l'habillement représente en effet 70
% des ventes des grands magasins.
|
|
|