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Cédric
Ducrocq, spécialiste de la grande distribution, fait le point sur
le renouveau du bazar qui aujourd'hui prend une nouvelle dimension.
Selon
Cédric Ducrocq, directeur du cabinet conseil Dia-Mart, spécialiste
de la grande distribution, "on assiste aujourd'hui à un véritable
renouveau du bazar", un rayon qui prend une nouvelle dimension dans
les points de vente.
Comment, aujourd'hui, peut-on définir le "bazar" ?
Cédric Ducrocq : Pendant longtemps, la distribution a séparé
ustensiles fonctionnels (ouvre-boîtes, balais…) et produits de décoration
(vaisselle, gadgets ménager, petits meubles…).
Les premiers étant traditionnellement vendus en magasins populaires,
hypermarchés et supermarchés, et les seconds dans les grands magasins
(Printemps,
Galeries
Lafayette…) et les enseignes spécialisées (Ikéa,
Habitat…).
Certaines, comme Muji,
Conran
Shop…, jouant même la carte du design haut de gamme. Aujourd'hui,
la séparation entre ces deux univers s'estompe et la dimension esthétique
n'est plus absente du rayon bazar des grandes surfaces.
Bien au contraire !
Le bazar nouvelle génération s'inscrit donc dans une démarche
d'achat-plaisir ?
Pas seulement ! Cette dimension se confirme effectivement avec une
interpénétration du fonctionnel et de la décoration.
Mais, côté consommateurs, cela correspond aussi à une attente de
revalorisation des tâches ménagères et à un fort réinvestissement
sur tous les produits liés à la maison.
Le bazar esthétique, coloré, amusant… débanalise le côté domestique.
Les consommateurs renouvellent plus souvent les produits et en font
même des produits de décoration. La poubelle, les casseroles… sont
désormais accordées aux couleurs des murs de la cuisine. Il n'est
plus question de les cacher !
Pourquoi la grande distribution s'intéresse- t-elle de plus en
plus à cette catégorie de produits ?
Les distributeurs sont confrontés à une baisse des marges sur l'alimentaire
et, logiquement, cherchent à se développer sur le non alimentaire.
Ils s'aperçoivent que le bazar se prête tout à fait au commerce
de masse en libre-service, bien mieux, par exemple, que le textile
ou le gros électroménager qui nécessitent du conseil.
Par ailleurs, le consommateur adhère de plus en plus à ce rayon
bazar qui s'inscrit - comme les courses alimentaires -, dans un
scénario d'achats utilitaires. D'où des efforts merchandising pour
rendre le rayon attractif : produits saisonniers, couleurs… Le territoire
de l'hypermarché est bien circonscrit : pas question par exemple
pour ce circuit de référencer des produits branchés, chers et élitistes
par nature.
Le prix et la proximité ne sont-ils pas des atouts pour la grande
distribution ?
Bien évidemment ! L'hypermarché joue la carte de la proximité et
cible le cœur de marché avec des prix moyens, voire bas en période
de promotion… Difficile pour les autres circuits de faire mieux
! Si l'on devait dessiner la carte des circuits du bazar, on verrait
au centre l'hyper en forte progression, qui intègre les nouveaux
courants de consommation. Puis en périphérie des circuits sélectifs
avec des positionnements et des cibles plus étroites : le bazar
haut de gamme, les solderies, les grands magasins…
Propos recueillis
par Caroline Géget |