Les métiers de
la vente impliquent humilité et modestie…
Un vendeur débute en bas de l'échelle et fait ses preuves
sur le terrain ! S'il est encore en course au bout de quelques mois,
c'est qu'il a du potentiel.
Le terrain, un passage obligatoire pour réussir
Une règle du jeu appliquée à tous les jeunes candidats,
quel que soit leur niveau de diplôme… Avec plus ou moins de succès
auprès des bac + 4 et bac + 5 embauchés au départ comme
adjoints d'un chef de rayon ou même simples vendeurs.
Pourtant, la patience est à coup sûr payée de retour : les plus
brillants se retrouvent chefs de rayon au bout de six mois à un an,
responsables de département dans les trois à quatre ans, et pourquoi
pas directeur de magasin à vingt-huit ou trente ans… Avec un salaire
de l'ordre de 500 KF.
Mobilité et maîtrise de l'anglais, deux atouts majeurs
La démarche a plusieurs avantages : elle permet à la jeune recrue
de se frotter aux réalités du terrain et de vérifier
qu'elle se sent bien dans l'univers de la distribution.
L'enseigne, de son côté, teste la souplesse, l'adaptabilité
et le potentiel du candidat. Les meilleurs se verront très vite proposer
un plan de carrière attrayant. Ils doivent donc intégrer dès le départ
la notion de mobilité dans leur évolution de parcours. Une clause
qui figure désormais sur tous les contrats Carrefour,
Auchan...
"Celui qui accepte de déménager tous les deux à trois ans, puis de
partir sur un point de vente à l'étranger, s'ouvre des perspectives
intéressantes, indique le cabinet de recrutement ABCD+,
à terme il peut devenir superviseur, directeur international…"
À condition bien sûr de maîtriser parfaitement l'anglais
et éventuellement une autre langue.
Les enseignes multiplient les opportunités en interne
Pas question de laisser partir un bon vendeur ! On trouve toujours
quelque chose à lui proposer au sein du groupe s'il est mobile et
prêt à suivre des formations complémentaires.
L'Institut de Formation d'Excellence, organisme interne à Auchan,
reconnu par l'État, dispose d'une palette de plus
de 150 modules recouvrant l'ensemble des métiers de l'hypermarché.
Les managers confirmés partant sur des points de vente à l'étranger
y passent quelques semaines pour préparer leur intégration dans le
pays d'accueil, les chefs de rayon débutants quant à eux sont formés
durant six mois par l'École des Managers. On ne les appelle plus "chefs
de rayon", mais "managers opérationnels". Une nuance valorisante qui
répond mieux aux responsabilités du poste. La distribution joue à
fond la carte de la promotion interne et s'en donne les moyens.
Responsabiliser les plus jeunes, une volonté affichée
Selon l'Apec,
4 750 salariés ont été promus au rang de cadres dans la distribution
en 1998, soit 43 % de l'ensemble des postes pourvus. Preuve que
l'on cherche d'abord son bonheur dans le vivier interne. Une démarche
confirmée par Phone
House, qui emploie 230 conseillers commerciaux. "Entre avril et
juillet, 10 % de l'effectif magasins s'est vu proposer un poste
de niveau supérieur… Pour nous, la promotion rapide est un levier
de fidélisation", mentionne le service Ressources humaines.
Autre avantage proposé par la grande distribution : être associé
très jeune à des décisions stratégiques.
Ainsi, les responsables de secteurs sont-ils fréquemment membres du
comité de direction, ajoutant à leur mission initiale de management,
celle de stratège.
Des débouchés pour des métiers différents
En pleine expansion, les enseignes spécialisées sont demandeuses de
cadres jeunes, mais également de managers confirmés aux profils parfois
atypiques.
Directeur d'espace optique - opticien et homme de contact -, responsable
de centre auto - rompu au monde automobile et gestionnaire hors pair
-, chef de rayon tennis ou ski - sportif ayant du recul sur les produits
-, ou encore spécialiste des nouvelles technologies - informaticien
de haut vol et doté
d'un vrai sens relationnel -… Les nouveaux profils sont très courtisés
par les enseignes.
Priorité à l'écoute et au contact avec le client
Cette distribution "nouvelle génération" opère sa double révolution.
Elle ouvre ses portes à des candidats peu tournés jusqu'ici vers la
distribution et, parallèlement, elle redéfinit ses métiers les plus
traditionnels.
Ainsi il ne s'agit plus seulement pour le vendeur de faire du volume,
mais de privilégier l'écoute et le contact avec le client. Les compétences
d'animation commerciale et de management font aujourd'hui la différence
entre les candidats.
Florence Elman
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