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| Question
à Des
régions et des hommes
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Catherine Sainz,
directeur des études au Cetelem, se penche pour la première fois,
dans L'Observateur Cetelem, sur les opinions et les comportements des consommateurs
sur un plan régional. Pourquoi, cette année, vous êtes-vous
tout particulièrement intéressée à l'aspect régional
? Catherine Sainz : Face à l'européanisation et à
la mondialisation, les Français deviennent de plus en plus attachés
à leur région. Ils se sentent à la fois européens
et d'une région en particulier, peut-être au détriment du
sentiment d'appartenance nationale. Pouvez-vous résumer les
tendances de chaque région ?
Oui. En Île-de-France, les consommateurs sont
plus émancipés. Dans la région
Sud-Est, ils sont pragmatiques et exigeants, attachés
aux caractéristiques premières des
produits. Dans le Nord, on note une consommation
plus retenue,marquée par la mémoire
de crise. Dans l'Est, les consommateurs sont à
la fois "libérés"et en attente
de réassurance. Dans le Sud-Ouest, les consommateurs
affichent une attitude distanciée à
l'égard de la consommation. Les consommateurs
du centre de la France valorisent davantage les
aspects de services. Dans l'Ouest, les consommateurs
s'engagent de manière plus confiante en conservant
des habitudes d'achat prudentes et traditionnelles. |
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Dans un climat d'embellie
économique, "L'Observateur 2001" nous révèle
l'évolution des attitudes et des comportements des consommateurs-citoyens
au niveau national.
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Dans un contexte où
la question de la reprise suscite autant l'intérêt qu'elle réclame
la prudence, L'Observateur Cetelem 2001 se place en position d'écoute
du discours des consommateurs et des marchands.
"Le propos de l'édition 2001, confirme Catherine Sainz - directeur
des études au Cetelem -, est d'apporter à ses lecteurs un temps
de réflexion sur le temps qui court, non pas de le prédire mais
de s'y inscrire pour agir ; non pas d'en figurer le cheminement linéaire,
mais d'identifier certains jalons qui pourraient le baliser.
Comment se présente L'Observateur Cetelem 2001 ?
Catherine Sainz : Sous le titre "Reprise ou fin de crise ? Les nouveaux
horizons de la consommation", L'Observateur se compose de quatre parties
: "Reprise ou fin de crise ? L'entre-deux" ; "Consommation : la
renaissance du désir d'achat" ; "Relation marchande : le temps
de la réconciliation" ; "Des régions et des hommes".
A-t-on affaire à une reprise ou à une fin de crise ?
Face à la question posée de "la perception de la reprise",
on observe un premier mouvement de rétractation. Considérés
sur un autre versant, les propos des consommateurs et des marchands font clairement
percevoir l'inscription de la reprise dans les faits et son rejaillissement sur
les comportements.
Autant le discours de rétractation s'affiche en façade, autant les
manifestations de la reprise se discernent en profondeur.
La reprise est donc bien mise à distance. Non parce que l'on n'y croit
pas, mais précisément parce que l'on veut y croire.
La nommer sans précaution pourrait l'effaroucher. Le consommateur-citoyen
tient une position ambiguë proche de la superstition. Il n'ose appeler l'objet
de son désir de peur de le perdre.
Et la notion de fin de crise ?
L'impression dominante reste celle d'une fin de crise et non pas d'une reprise
qui laisse entendre un mouvement généralisé et durable.
La crédibilité de la reprise est mise en doute parce qu'elle paraît
trop dépendre de facteurs nouveaux et non maîtrisables (ouverture
des échanges commerciaux, arrivée des nouvelles technologies, réaménagement
du temps de travail
).
L'aveu d'une reprise dépend de l'âge et de la situation socio-professionnelle
des individus. Quelques-uns semblent être au cur du mouvement, d'autres
s'en ressentent exclus, d'autres, enfin, distinguent les contours sans en percevoir
ni en recueillir les effets positifs.
Assiste-t-on réellement à la renaissance du désir d'achat
?
Alors que la reprise n'est pas encore entièrement admise, les consommateurs
manifestent une plus grande confiance en l'avenir : cela se traduit, entre autres,
par un regain notable du désir de consommer.
Si certaines habitudes de consommation acquises durant la période de crise
demeurent bien présentes, on assiste à de profonds changements dans
la consommation et dans les ressorts de l'acte d'achat.
Quels actes d'achat caractérisent aujourd'hui le consommateur ?
À l'image même de la position du consommateur face à
la reprise, ses comportements d'achat sont empreints de dualité. Il s'autorise
désormais la recherche d'un équilibre entre raison et passion. Il
ne renonce ni au plaisir, ni à la raison, mais tâche de les inscrire
dans un projet de vie reproduisant "les valeurs dites de la bourgeoisie".
Entre clients et marchands, c'est le temps de la réconciliation
Quel que soit le degré d'avancement du consommateur dans un retour à
la consommation, de grands axes d'attentes sont perceptibles sur lesquels peut
et doit s'appuyer la relation marchande.
Si certaines lignes sont déjà connues, elles demeurent des clefs
de la réussite commerciale.
Au-delà des constantes, d'autres niveaux d'attente progressent, ouvrant
le champ de nouvelles opportunités pour les marchands.
Elles constituent des facteurs de dynamisation et sollicitent chez les "offreurs"
inventivité, adaptation, excellence mais aussi éthique.
Peut-on considérer que la reprise s'inscrit désormais dans la
durée ?
La reprise est peut-être une manifestation ponctuelle d'un courant
de renaissance plus profond.
C'est sur cette idée d'un "mieux-être en devenir" que les
consommateurs et les marchands posent les bases d'un modus vivendi enfin
réconcilié.
Propos recueillis par Véronique
Le Hen |
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