 Luxe, design, zen
Le commerce se décline
sur les modes du plaisir, du bien-être, du beau et réussi
même à séduire l'homme !
Dominique Cuvillier, journaliste et créateur du site B to B, ladidom.com, dédié aux tendances, est aussi consultant pour des bureaux de style. Entretien avec un spécialiste de la veille sociologique qui a récemment publié deux ouvrages :
Le Futur de la mode et Les modes américaines.
Quelle différence faites-vous entre la mode et la tendance ?
Dominique Cuvillier : Il y a effectivement souvent confusion
La tendance est un courant de fond qui peut avoir un cycle de vie
de 5 à 10 ans comme, par exemple, la recherche de bien-être.
La mode, à l'inverse, se sert des tendances de surface plus
éphémères, et s'inscrit dans l'actualité
la plus immédiate. Elle est créée artificiellement
pour faire vendre et, bien sûr, sa durée de vie ne dépasse
pas quelques mois. Lancer une tendance de surface, c'est démoder
la précédente et donc générer de nouveaux
besoins
Quel est le moteur d'une tendance ?
La tendance part toujours d'une mutation sociologique. Ensuite elle
est alimentée, prolongée, déclinée par
le marketing des marques et des enseignes qui valident ainsi leurs
produits.
La tendance devient souvent un mode de vie autour duquel se construisent
des "tribus" et des micromarchés. Ce peut être
l'univers de la glisse et ses produits dérivés !
Quelles sont à votre sens les tendances dont le commerce
doit se préoccuper ?
Réintroduire l'humain dans le magasin est certainement un enjeu
de fond. Le point de vente ne peut plus se contenter de vendre des
produits à la marque X ou Y, il doit aussi s'occuper du client
et jouer un rôle dans la société (diffuseur de
mode, acteur éthique, lieu d'exposition
).
Autre tendance à travailler : être plus radical dans
le choix des cibles et du positionnement. Aujourd'hui, l'enseigne
familiale pour tous est dépassée; le consommateur recherche
des points de vente à forte personnalité, reflets de
ses multiples individualités.
Les tendances vont-elles jusqu'à traduire des aspirations
sociales ?
Bien sûr ! L'engouement actuel pour le luxe, par exemple, correspond
à une période d'euphorie économique qui pousse
logiquement les consommateurs vers la qualité, l'esthétique,
la noblesse des matières premières
Mais attention, la tendance est fragile, imprévisible et facilement
volatile.
Il suffit d'un frémissement négatif, d'une actualité
maussade
pour que cette consommation de tendance s'écroule.
Le commerce doit être conscient de cette difficulté et
mener une veille permanente.
Propos
recueillis par Florence Elman |
|
|
Les chiffres
Design et déco, l'e-commerce passe
les frontières |
Le marché de la déco et du design est estimé en France à 200 milliards de francs (environ 8 fois plus aux États-Unis). Un marché qui profite de l'Internet pour trouver des débouchés au-delà des frontières.
Sur le Web, les créateurs disposent d'une vitrine mondiale. Les consommateurs peuvent faire la chasse à l'objet rare sans bouger
et choisir sans se tromper (en moyenne, ils consultent le site 5 ou 6 fois avant d'acheter !).
Poids lourd de la déco créé en mars 2000, kozee.com (15 000 références, 500 marques et créateurs) confirme un panier moyen de 1 500 francs et une cible étrangère importante 80 % d'Américains pour 20 % de Français.
Une tendance que
le-webstore.com confirme, en vendant des produits en séries limitées à une clientèle à 60 % hors Hexagone
Le plus visité, decoralia.com (50 000 références), affiche plus d'un million de pages lues par mois. Ses "plus" : on peut déposer une "wish list" et lire le magazine en ligne Deco Up to Net.
Autres références : madeindesign.com avec 10 000 produits, 700 000 pages lues par mois, ou
tribu-design.com, portail consacré au design du XXe siècle... |
|
|