Dossier : Voici venir le règne des mégastores ! 
L'Art & la Matière, la déco
au naturel

Pour séduire plus, L'Homme Moderne se fait femme
Phildar se met à la mode !
Gontran Thüring :
"Les mégastores sont arrivés
à maturité !"
Cartes d'enseignes,
des plus pour les géants !
La situation de la France
Les dépenses des Français
Introduction
Des méthodes de gestion adaptées aux grands formats
Choisir des surfaces XXL pour attaquer les marchés concurrentiels
"Atlas : plus grand donc plus compétitif !"
Meubles et outils, l'exception allemande
Le "flagship"…
ou l'exemple par la taille
The Athlete's Foot avance à grands pas avec les ados !
Gateway à la conquête du monde sur mesure
Espace Émeraude cultive bien son jardin
Labels et assurances…
pour des clients plus en confiance
La chaussure de sport
se dope à la mode !
 
Marginal il y a quelques années, le "flagship" (littéralement "porte-drapeau"),véritable vaisseau amiral et emblème d'une marque ou d'une enseigne, devient aujourd'hui incontournable. Quelles sont les familles de produits concernées ? À partir de quelle surface un point de vente devient-il un mégastore ? Quelle est la vocation d'un magasin porte-drapeau ? Il semble qu'aucune famille de produits n'échappe aujourd'hui à la saga mégastore.
Certaines ont pris de l'avance : la parfumerie (Sephora), les produits culturels (Virgin – qui va ouvrir un nouveau mégastore à Barbès –,Fnac, Extrapole… ), le prêt-à-porter (Étam – qui vient d'inaugurer en avril le plus grand mégastore de France pour la femme avec 4 250 m2 sur six étages ! – Gap, Zara… ). Le sport depuis quelques mois avec Adidas, Andaska et Citadium.

Une question d'image
Plus que la taille, c'est le lieu d'implantation qui est novateur : les grands formats s'approprient les cœurs de ville, introduisant le concept du "retailtainment" (contraction anglo-saxonne de vente au détail - retail - et divertissement - entertainment). Par définition, le "flagship" d'une chaîne multimarque ou d'une enseigne monomarque cherche le prestige et le trafic, d'où une surenchère sur les surfaces dans les centres urbains, Paris en tête.
Les centres commerciaux et les villes de province ne sont pas pour autant négligés, les enseignes jouent de plus en plus la carte de la complémentarité entre le flagship de centre-ville, instrument d'image et de promotion, et le réseau de points de vente satellites.
Benetton n'hésite pas à ouvrir un mégastore à Val-d'Europe, Étam dans le centre commercial de Claye-Souilly (1 300 m2), Courir sur la zone commerciale d'Osny (Val-d'Oise)...

Des modules tests
Selon le type de produits vendus, le concept même de mégastore recouvre des réalités différentes... Ainsi, pour Courir, spécialiste de la chaussure de sport, le grand format, en test depuis un an, se situe entre 600 et 800 m2. Une surface en forte hausse par rapport aux 120 points de vente (80 à 150 m2) de l'enseigne. Manoukian lance des boutiques de 600 m2, Sephora Champs-Élysées voit grand avec 2 500 m2, tandis que Benetton vise 1 000 m2...
Côté équipement de la maison (meuble, déco, électroménager…), les mégastores récents (Conforama, Atlas…) ne font pas moins de 10 000 à 15 000 m2. Le Conforama de Bondy (9 000 m2), véritable exemple de l'enseigne, a longtemps été un des plus grands magasins de meubles de l'Hexagone.
Bien sûr, il existe une corrélation entre surface et produits vendus. L'optique n'a évidemment pas besoin d'autant d'espace que la jardinerie ou le bricolage... Ainsi, Castorama ne cesse d'agrandir ses magasins, huit d'entre eux font entre 13 000 et 16 000 m2. Il s'agit de répondre à la concurrence et d'avoir cette fois un magasin porte-drapeau sur une zone géographique.
Même démarche chez Truffaut, qui doit rester dans la course face à la montée des Botanic, Baobab, Pollen, Jardiland... Aujourd'hui, grossir est bien la recette idéale, celle qui permet de générer du trafic et de la marge, tout en prenant une longueur d'avance sur la concurrence.

Un merchandising d'image
Rompre la monotonie des linéaires en faisant de la mise en scène autour des marques, telle est la philosophie des nouveaux géants. Une magie qui avait jusqu'ici échappé à la génération des Go Sport, Décathlon… en dépit de leur format. Le merchandising de type hyper est centré sur les têtes de gondoles et les promotions, plus que sur le rêve...
Une stratégie passéiste que refusent les enseignes des marques. Adidas, Aigle, etc., au contraire, se positionnent avec des concepts de magasins attrayants, fleurons de l'univers du fun shopping. Dorotennis envisage de suivre le même chemin, en créant quelques boutiques-vitrines en complément de ses corners. Des surfaces au look très étudié qui donnent un coup de vieux aux multispécialistes traditionnels.

Florence Elman

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Quand les gondoles changent de tête
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