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Gontran Thüring :
"Les mégastores sont arrivés
à maturité !"
Cartes d'enseignes,
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La situation de la France
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Introduction
Des méthodes de gestion adaptées aux grands formats
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Apparus en France il y a une dizaine d'années, les mégastores sont devenus un véritable style de vie.

Gontran Thüring, directeur commercial à la Ségécé, fait le point sur le passé, le présent et l'avenir des mégastores.

Quelle est la genèse des mégastores ?
On oublie trop souvent qu'il existait déjà des grandes surfaces de vente avant que le mot "mégastore" ne rentre dans le langage courant (des distributeurs et des consommateurs). Ainsi, La Redoute, qui a immédiatement proposé des grandes surfaces de vente, peut être considérée comme un "mégastore" à l'ancienne. Seulement, nous ne les appelions pas ainsi.

À un moment, pourtant, le mégastore a fait son apparition dans la distribution…
Comme le terme, d'origine anglo-saxonne, le concept de mégastore est étranger. Il débarque en France au début des années 90 et renvoie d'abord à la mode. Qui dit mode, dit textile. Aussi, logiquement, les principaux mégastores sont des magasins spécialisés dans ce secteur : Zara et Mango qui viennent d'Espagne, H&M d'origine suédoise, ou encore l'américain Gap...
D'ailleurs des enseignes spécialisées telles que Sport Leader ou Movie Sport ont développé leur concept de mégastore autour du rayon textile et non autour de leurs produits purement sportifs.

Des enseignes françaises se sont aussi lancées…
Oui. Une fois l'effet de surprise passé, les enseignes françaises ont tenté de les imiter. Pas forcément avec le même succès.
Certaines se sont lancées dans l'aventure avec une visibilité et une expérience trop limitées.

Le format est-il la seule composante de la réussite ?
Non... et il n'est pas donné à tout le monde de devenir un bon gestionnaire de mégastore. L'offre doit être large et les enseignes économiquement très solides. Il faut avoir une logistique infaillible pour alimenter en permanence des gammes variées et nombreuses.
Le marketing, le design et la communication jouent des rôles essentiels.

Comment classeriez-vous les mégastores ?
Je vois deux types de magasins : le "family store" et le monopublic. Le premier, me semble-t-il, a plus de chance de réussir dans la mesure où il s'adresse à un public très large.
C'est le cas d'H&M, qui propose des produits pour toute la famille. Le second est plus pointu sur un seul segment. Je pense, par exemple, à Étam, qui vient d'ouvrir un mégastore rue de Rivoli, entièrement dédié à la femme jeune et active.

Quelle a été l'évolution en dix ans ?
La tendance récente est d'aller vers une offre de plus en plus large avec des classements par univers : dans des magasins de textile, des rayons parfumerie, accessoires, décoration de la maison... ont fait leur apparition. En fait, les mégastores veulent donner une image et un style de vie complet en glorifiant l'enseigne devenue une marque à part entière. Le magasin Étam de la rue de Rivoli est, par exemple, qualifié de "Cité de la femme".

Jusqu'où la course au "plus grand" va-t-elle aller ?
Je pense que le marché est arrivé à maturité, ne serait-ce que pour des raisons économiques. Les mégastores nécessitent de l'espace qui coûte cher, tant en centres-villes que dans les centres commerciaux. Les prix commencent à calmer sérieusement les esprits.

Propos recueillis par Véronique Le Hen.