Dossier : Les enseignes étrangères 
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Au-delà de l’image communément véhiculée des “category killers”, les enseignes étrangères sont également de formidables “créateurs de tendances”. Visite guidée dans un monde impitoyable.

Atteindre une taille critique pour éliminer la concurrence
Faut-il accuser Virgin de dumping ou encenser un acteur de la distribution, avant-gardiste à son arrivée en France, à la fin des années quatre-vingt ?
Qui dit dumping, dit prix exagérément bas, voire vente à perte. En dépit de la réglementation française, et plus particulièrement de la loi Raffarin destinée – entre autres – à freiner le dumping, l’objectif de ces enseignes étrangères qui s’installent sur l’Hexagone, est bien d’acquérir au plus vite une part importante du marché grâce à une taille critique,
afin d’affronter, voire de supprimer une concurrence nationale inévitable.

Après les concurrents, les consommateurs
Car, comme son nom l’indique, le “category killers” s’impose en “éliminant” les autres enseignes...
Il remonte ensuite peu à peu ses prix, piégeant, à son tour, le consommateur ! Une stratégie qui a permis aux discounters allemands – Lidl, Aldi... – de se tailler un belle part du marché alimentaire en France.
De son côté, Virgin n’a certes pas pratiqué un dumping forcené, mais a bel et bien bouleversé les circuits de distribution des produits culturels existant en France.
Par sa taille, l’enseigne a généré, pour la première fois, une puissance d’achat et des économies d’échelle, lui permettant d’afficher des prix plus bas que ceux des disquaires traditionnels. Une politique que mènent aussi la Fnac, Leclerc, Extrapole...

Hard discount et habillement, deux secteurs de prédilection
Les enseignes étrangères sont, de plus, présentes en France sur des marchés clés, tels le hard-discount alimentaire, l’habillement, le sport, le meuble et la décoration de la maison... Sur le premier, il faut saluer l’audace des enseignes allemandes qui ont su profiter de la “crise” des années quatre-vingt-dix pour imposer “le supermarché à bas prix, sans artifices, ni services”.
Un concept à succès qui passe aujourd’hui le cap des 2 500 magasins – dont 811 Lidl –, et demeure dynamique en termes d’ouvertures.
Côté textile, l’offensive est plus récente, orchestrée de mains de maître par les Gap, H&M, Zara et autre Mango... très éloignés de la stratégie C&A ou Marks&Spencers, il y a une vingtaine d’années.
Point d’exotisme, mais des recettes marketing qui ont fait le tour du monde et se sont imposées avec succès dans des pays aux cultures très différentes : points de vente “méga” et produits duplicables.
Chez Zara (750 boutiques dans le monde), l’étiquette indique le prix du vêtement en une bonne quinzaine de devises !

Le choix de l’inventivité et des investissements
Les enseignes étrangères pratiquent des prix “adaptés”, restaurent l’esthétique du point de vente, introduisent la théâtralisation de l’offre, lancent plusieurs mini-collections par saison, créent l’événement...
Autant de révolutions pour les boutiques “à la française”, qui sont obligées de revoir leur copie sous peine de disparaître. Un challenge difficile, car les “enseignes venues d’ailleurs” ne lésinent pas sur les investissements. Les dépenses publicitaires de Gap Inc. avoisinent les 4 milliards de francs, et son loyer annuel sur les Champs-Élysées les 14 millions de francs !


Florence Elman
En savoir plus
À lire
et à voir
“Les inventeurs du commerce moderne” par Étienne Thil
et Bernardo Trujilo Jouwen,
Éditions 2000.
www.supplychain-connexion.com

“La grande et la moyenne distribution en France”
Direction des entreprises
(ministère de l'Économie,
des Finances et de l’Industrie).
Éditions de Bercy (2000)
Tél. : 01 53 18 69 00

“Le Journal du Net”
Actualité, entreprises,
marketing... sur
www.journaldunet.com

“Implantations étrangères : une pénétration plus active dans le commerce de gros”
Économie et Statistique
n°326-327 (1999)
Insee (www.insee.fr)

“L’encyclopédie
de la vente"

Par A. Bloch et
A. Macquin
Éditions Economica (2001)

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